Tour de France Femmes 2026 : comment les participantes gèrent leurs menstruations durant la compétition
Le Tour de France Femmes 2026 est lancé depuis le samedi 1ᵉʳ août. Pendant neuf jours, les meilleures cyclistes du monde vont enchaîner les étapes à un rythme intense. Mais derrière les performances sportives se cache une réalité encore peu évoquée il y a quelques années : la gestion des menstruations en pleine compétition. Longtemps considéré comme un sujet tabou dans le sport de haut niveau, le cycle menstruel fait désormais partie des discussions entre les coureuses, les entraîneurs et les équipes médicales. Une évolution qui permet de mieux comprendre son impact sur les performances et la santé des athlètes.
Des règles qui peuvent influencer les performances
Comme toutes les femmes, les cyclistes professionnelles vivent leur cycle menstruel de manière différente. Certaines ne ressentent que peu de symptômes, tandis que d'autres doivent composer avec des douleurs abdominales, des maux de dos, une fatigue importante ou encore des variations d'humeur.
Dans une course aussi exigeante que le Tour de France Femmes, ces symptômes peuvent compliquer les performances.
"Certaines fois, ça nous donne un peu moins de bonnes jambes, ça peut nous faire mal au ventre ou au dos, c'est sûr que ça a toujours un impact sur la performance", explique Amandine Muller, coureuse de l'équipe Soudal-Quick-Step.
Pour autant, les effets ne sont pas systématiquement négatifs. Certaines sportives constatent au contraire une amélioration de leurs sensations durant cette période.
"Moi j'ai des hormones de testostérone qui augmentent pendant cette période, donc je suis peut-être meilleure quand j'ai mes règles", confie Valentine Fortin, membre de l'équipe Cofidis.
Un suivi de plus en plus précis dans les équipes
Aujourd'hui, la plupart des équipes professionnelles prennent en compte le cycle menstruel dans la préparation sportive. Les coureuses renseignent souvent leurs périodes de règles dans leur planning afin que les entraîneurs puissent adapter les séances d'entraînement, les charges de travail ou encore les périodes de récupération.
Cette approche plus individualisée permet de mieux accompagner les athlètes tout au long de la saison et d'éviter que certains symptômes ne soient ignorés.
Le sujet, autrefois rarement abordé dans le peloton, est désormais intégré au suivi médical de nombreuses formations professionnelles.
L'absence de règles, un signal à ne pas négliger
Au-delà des menstruations pendant la compétition, les médecins surveillent également un phénomène fréquent chez les sportives de haut niveau : la disparition des règles.
Chez certaines coureuses, l'intensité des entraînements, associée à une dépense énergétique très importante et parfois à une perte de poids, peut entraîner un arrêt du cycle menstruel.
"La question des règles revient souvent chez les filles car cela peut être un des symptômes du REDs syndrome, ce syndrome de déficit énergétique relatif lié au sport", explique Valentin Guillemin, médecin de l'équipe Ma Petite Entreprise.
Le RED-S (Relative Energy Deficiency in Sport) correspond à un déficit énergétique prolongé qui peut perturber de nombreuses fonctions de l'organisme. Selon le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), ce syndrome peut avoir des conséquences sur la santé osseuse, hormonale, cardiovasculaire, immunitaire mais aussi sur les performances physiques et la récupération.
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