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Tour de France 2026 – Les larmes de joie d’Evenepoel, Vingegaard et Merlier s’en vont, Ayuso dans le dur : les faits marquants de la 15e étape - RTBF Actus

Une nuit chahutée par les contrôles antidopage pour Vingegaard et Pogacar

Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar ont pris le départ avec moins d’heures de sommeil que leurs adversaires ce dimanche. La faute à des contrôles antidopage inopinés en pleine nuit. A ce jeu-là, c’est sans doute Jonas Vingegaard qui a été le moins bien loti. Le Danois a été réveillé à 2h du matin et s’est recouché une quarantaine de minutes plus tard. Le maillot jaune slovène a quant à lui été contrôlé sur le coup de 5h mais n’a pas réussi à se rendormir.

"Un contrôle antidopage à 2h du matin, c’est ahurissant", a commenté notre consultant Cyril Saugrain quand il a appris la nouvelle. "Ce n’est pas possible, on ne peut pas faire ça", a de son côté réagi Remco Evenepoel.

Et pourtant. Les règles antidopage prévoient en effet des contrôles qui doivent avoir lieu entre 6h et 23h SAUF "s’il existe de bonnes raisons d’effectuer un contrôle pendant la nuit."

"Le principe fondamental reste qu’un coureur peut être tenu par toute organisation antidopage ayant compétence sur lui de fournir un échantillon en tout temps et en tout lieu", précise encore le règlement.

Philipsen met la pression sur Pedersen

Les jours se suivent et se ressemblent dans la lutte pour le maillot vert. Jasper Philipsen a une nouvelle fois grappillé 5 points à son rival Mads Pedersen lors du sprint intermédiaire de Saint-Laurent-en-Grandvaux après 17 kilomètres de course.

Vainqueur de ce sprint devant Pedersen, Max Kanter et Biniam Girmay, Jasper Philipsen (386 pts) est revenu à 31 pts de Mads Pedersen (417 pts). Biniam Girmay (361 pts) observe de plus loin.

Quinn Simmons et Tom Pidcock tentent en vain de résister au peloton

Une fois le sprint intermédiaire disputé, la voie était enfin libre pour tenter de former une échappée. Valentin Paret-Peintre et Richard Carapaz ont commencé par s’expliquer dans le Col de Rousses pour arracher les maigres points (2 et 1) distribués au sommet de ce grimpeur. Le terrain de jeu est ensuite devenu beaucoup plus facile et a compliqué les desseins des coureurs à la recherche d’une échappée.

C’est finalement après 80 km de course qu’un groupe de 24 coureurs a pu s’isoler à l’avant. Parmi eux, le Belge Ilan Van Wilder, le 9e du général Thomas Pidcock ou encore le fantasque Quinn Simmons. Ces deux derniers (notamment) se seront livrés une belle bagarre dans les pentes du terrible Col de la Croisette (4,6km à 11%) puis dans le pied du Plateau de Solaison (11,3km à 9%).

Malgré cette belle passe d’armes, le peloton n’a jamais compté plus de 3 minutes de retard. L’effort des fuyards était donc voué à l’échec.

Vingegaard dit adieu à ses rêves de podium

Principale équipe à avoir pris la poursuite à son compte, la formation Visma Lease a Bike a vu tous ses projets voler en éclats à 20 km de l’arrivée. Un virage mal négocié, une glissade et une chute violente ont eu raison de Jonas Vingegaard et de sa clavicule. Le Danois est resté au sol un moment mais a vite compris qu’il ne pourrait pas poursuivre. Son Tour de France s’arrête ici.

Remco Evenepoel sur un niveau inattendu en haute montagne

En difficulté sur le Col du Haag samedi avant de sauver la mise dans les derniers kilomètres, Remco Evenepoel arrivait sur cette 15e étape avec l’objectif de limiter les dégâts. C’était du moins le plan en début de journée. Car au fil des kilomètres, on a vu un Evenepoel particulièrement serein, le visage détendu lorsque le rythme était déjà soutenu dans le Col de la Croisette.

Une impression visuelle confirmée sur le Plateau de Solaison. Malgré les pentes raides (11,3km à 9%), le double champion olympique n’a pas hésité à mettre son équipe à contribution pour emmener le tempo en tête de peloton. Il a ensuite promptement réagi à la première accélération de Tadej Pogacar qui a lissé son effort pour ne pas brusquer son équipier Isaac Del Toro.

Cet effort sans à-coups a ravi un Evenepoel des grands jours, seul coureur capable de résister au rythme d’enfer des UAE. Sagement installé dans la roue d’un Pogacar en mode équipier de luxe, il a brillamment contré les timides tentatives d’Isaac Del Toro avant de se présenter en position idéale pour le sprint final. Pogacar s’est contenté de le suivre et lui a permis de décrocher une première victoire en haute montagne sur le Tour de France. Un succès amplement mérité qui booste forcément le moral du Belge avant la dernière semaine… qui commencera par un chrono individuel taillé pour ses qualités. Evenepoel aura donc une occasion en or de consolider sa deuxième place au général.

Seixas limite ses dégâts, petite craquante pour Ayuso

Et les autres dans tout ça ? Impressionnant au Markstein, Paul Seixas a accusé le coup ce dimanche tout en limitant admirablement les dégâts. Le Français a lâché prise à 7km du sommet mais n’a pas complètement explosé. Intelligent, il a géré son effort et a finalement concédé moins d’une minute (58 secondes). Calé dans sa roue, Florian Lipowitz a livré une prestation solide, sans sursauts comme à son habitude.

Derrière ce duo, Juan Ayuso a semblé plus vulnérable. Lâché par le Français et l’Allemand à 4,5 km du sommet, l’Espagnol a bénéficié de l’aide de Mattias Skjelmose (et de Lenny Martinez) pour ne pas sombrer complètement. Il concède finalement 2 minutes aujourd’hui. Il se fait ainsi doubler par Lipowitz au général.

Dans la lutte pour les accessits, on signalera la belle remontée de Yannis Voisard qui grimpe de la 17e à la 11e place après s’être glissé dans l’échappée du jour. Jordan Jegat intègre, lui, le Top 10.

Abandon aussi pour Tim Merlier

Vainqueur à trois reprises dans la 113e édition du Tour de France, Tim Merlier a été contraint à l’abandon. Le sprinteur de Soudal Quick-Step, 33 ans, n’a pas réussi à suivre le peloton dès les premiers kilomètres de cette étape qui traversait le Jura avant d’aborder le versant nord des Alpes. Il s’était imposé dans les sprints massifs des 7e, 8e et 12e étapes de ce Tour de France et avait également signé trois victoires d’étapes dans de précédentes éditions (une en 2021 et deux en 2025).