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Tour de France 2026 : la suprématie de Tadej Pogacar ne fait pas que des heureux : "Plus on nous hue, plus ça nous motive"

Après une journée de repos, la Grande Boucle est entrée dans sa deuxième phase, celle de la traversée de l'Hexagone d'ouest en est avec une reprise très musclée dans les monts du Cantal. Et une arrivée au Lioran, où Greg Van Avermaert s'était imposé en 2016 ; un succès fondateur, quelques mois avant de devenir champion olympique à Rio de Janeiro.

Le profil de l'étape laissait à penser qu'on assisterait à une bagarre entre les meilleurs. Ce fut le cas. Enfin, entre tous les candidats au podium, à l'exception d'un Slovène déchaîné et plus fort que jamais. Battu par Jonas Vingegaard au même endroit en 2024, on savait Tadej Pogacar en mission. Il n'en avait pas trop parlé, mais la manière dont il demanda à ses troupes de contrôler les débats dans les monts cantaliens le démontrait. Et alors que les échappés s'étaient succédé, on se demandait quand le quadruple lauréat du Tour placerait la seule attaque dont il avait besoin pour s'en aller, seul, vers sa 24e victoire sur la Grande Boucle, la troisième, déjà, depuis le départ de Barcelone.

Slovenian Tadej Pogacar of UAE Team Emirates-XRG and pictured after the stage 10 of the 2026 Tour de France cycling race, a stage of 167km from Aurillac to Le Lioran, on Tuesday 14 July 2026. The 113th edition of the Tour de France starts on Saturday 4 July in Barcelona, Spain, and will finish in Paris, France on the 26th of July.
BELGA PHOTO DAVID PINTENS
Même s'il a beaucoup de fans, le Slovène a également des détracteurs. ©Belgaimage

Il se hissa sur les pédales à 1500 mètres du sommet du Col de Pertus (4,4 km à 8,5 % de moyenne) et laissa tout le monde sur place. Sur le toit de cette ascension de 1re catégorie, il avait bouché les 45 secondes qui le séparaient de Richard Carapaz, pourtant pas le plus mauvais en matière d'échappée. Le reste ? Un récital. Une domination écrasante jusqu'au Lioran, même s'il ne cessa de se retourner, alors que la cause était entendue depuis longtemps.

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"Il y a deux ans, Jonas m'avait battu au sprint ici. Or, j'avais les mêmes jambes qu'à l'époque, complètement détruites après tous ces efforts, expliqua-t-il. Dans la finale, je doutais de pouvoir m'imposer, je craignais que Jonas me refasse le coup de 2024, mais je voulais rendre hommage à ce superbe maillot jaune. C'est pourquoi j'ai tout donné."

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Porté par une foule immense en ce 14 juillet, le champion du monde a aussi tenu à remercier le public. "Merci aux supporters français. Ils m'ont donné énormément d'énergie le jour de leur fête nationale. Et puis, finalement, je ne suis pas très loin de la maison. Il y avait aussi beaucoup de fans et de drapeaux slovènes. Il y avait tellement de monde que je n'entendais même plus les consignes dans la radio. Mon seul objectif était de pousser, pousser, pousser jusqu'à l'arrivée."

guillement

Jusqu'ici, ce Tour est parfait pour l'équipe et pour moi.

Avec trois victoires d'étape et plus de trois minutes d'avance (3:36 exactement) sur le leader de la Visma | Lease a Bike au classement général, le double champion du monde n'avait guère de raison de cacher sa satisfaction. "Jusqu'ici, ce Tour est parfait pour l'équipe et pour moi." Il avait également un mot pour son jeune équipier Del Toro, qui a perdu son maillot blanc : "C'est un combattant, il continuera à se battre pour aller chercher une très belle place au classement général. Chaque jour, on met toute l'équipe à contribution. Isaac fait un job incroyable à l'avant, il passe du temps au protocole, ce n'est pas facile. Quand on porte le maillot jaune sur la plus grande course du monde, il faut en profiter et rafler tout ce que tu peux parce qu'on ne sait jamais combien de temps cela peut durer."

guillement

Novak Djokovic constitue un exemple pour moi.

La domination outrancière du Slovène met à mal sa popularité. Ce mardi encore, il a eu droit, dans certaines côtes, à des huées. "Je sais que quelques personnes me détestent et je ne peux rien y changer, réagit-il. Ça ne m'affecte pas, car on ne peut pas plaire à tout le monde. Et puis, je sais que cette haine est plus fréquente dans d'autres sports. En tennis, par exemple, Novak Djokovic a souvent connu ça au cours de sa carrière. Il a réagi en montrant une extraordinaire force mentale. Le Serbe constitue un exemple pour moi. Ceux qui me huent sont une minorité mais qu'ils sachent que plus ils le feront, plus cela motivera toute l'équipe à gagner."

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Comme les choses sont parties, celui qui portera ce mercredi le maillot jaune pour la 60e fois déjà sur la Grande Boucle doit s'attendre à de nouvelles volées de bois vert. Parce que, même s'il dispose déjà d'un viatique colossal sur la concurrence, il ne semble pas rassasié le moins du monde. Et à l'allure où il empile les succès depuis le départ de Barcelone et au vu du plaisir qu'il prend cette année sur la Grande Boucle, on ne peut pas exclure qu'il ait envie d'au moins égaler son record de victoires sur un Tour : six en 2024.

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