Toulouse : décès de Guy Fourest, une des grandes figures des victimes de la catastrophe d'AZF qui avait mené le combat pour exiger réparation
l'essentiel Inlassable porte-parole des victimes de la catastrophe d'AZF le 21 septembre 2001 à Toulouse, figure devenue familière pendant les dix-huit ans de la procédure judiciaire, Guy Fourest, dont la maison de la route de Seysses avait été détruite dans l'explosion, est décédé ce dimanche 23 août à l'âge de 94 ans.
Avec son accent rocailleux, ses coups de gueule et ses larmes parfois, Guy Fourest était devenu, casquette vissée sur la tête, l'une des figures les plus familières et attachantes des victimes de l'explosion de l'usine chimique AZF qui a tué 31 personnes et blessé des milliers d'autres à Toulouse le 21 septembre 2001. Celui qui a vu sa maison de la route de Seysses détruite et qui a pris la tête du Comité de défense des victimes, une des associations les plus actives, est décédé dimanche 23 août à l'âge de 94 ans. Il avait 70 ans lorsque sa maison a volé en éclats et, malgré l'âge, il a donné sans compter pour exiger réparation pour tous. "Rien que d'en parler, j'ai des frissons", nous racontait-il en 2013, à la veille d'une commémoration, en parlant du 21 septembre.
Né en janvier 1932 à Montauban dans une famille de cinq enfants, arrivé à Toulouse en "39", Guy Fourest est un enfant du Récédédou où ses parents s'étaient implantés. "J'habitais à la Poudrerie, aux ballastières, où mon père était responsable du poste de garde". Pendant la guerre, "on regardait tomber les bombes. Et on allait à l'ONIA ramasser du charbon."
Maçon, chef d'entreprise du bâtiment, Guy Fourest s'était reconverti dans la restauration en ouvrant Le Four, à Saint-Michel.
Les 25 ans de la catastrophe
"Je sais que c'est une erreur humaine", nous confiait encore cet homme de gauche resté fidèle au Parti communiste, s'en prenant à Total pour exiger "qu'il dise la vérité". Mais il n'en voulait pas aux salariés "qui ont défendu leur boulot et mis l'usine en sécurité." En 2017, la justice a définitivement condamné Grande Paroisse, filiale de Total, et le directeur de l'usine. Ce 21 septembre 2026, Toulouse commémorera, sans un de ses acteurs, les 25 ans de la plus grande catastrophe industrielle de l'après-guerre.
Les obsèques de Guy Fourest seront célébrées samedi, à 14 heures, à l'église de Lafourguette.