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Offensive de Paris, contrat longue durée... Comment Toulouse a convaincu Meafou de prolonger

Alors qu'il était très proche de s'engager en faveur du Stade français, qui avait fait des efforts considérables pour le recruter à partir de la saison, le deuxième ligne Emmanuel Meafou a finalement choisi de rester fidèle au Stade toulousain, où il va s'engager sur le long terme. Voici les coulisses du dossier qui a agité le marché ces dernières semaines. 

Comme révélé par nos soins jeudi dernier, Emmanuel Meafou (28 ans) a décidé de prolonger son aventure au Stade toulousain. Même si elle n'a évidemment pas encore été officialisée par le club, la révélation a fait du bruit, puisque le deuxième ligne arrivait au terme de son contrat en juin prochain et qu'il avait particulièrement animé le marché ces dernières semaines. Il faut dire que son cas s'inscrivait dans un contexte singulier après les départs annoncés de Thomas Ramos au Racing 92 et de François Cros à Lyon, soit les deux seuls joueurs présents sur toutes les feuilles de match des huit finales remportées par les Rouge et Noir depuis 2019. Comme Meafou, ils étaient en fin de contrat au terme de la saison 2026-2027 et souhaitaient être fixés rapidement, au vu de l'échéance de la Coupe du monde qui arrive dans un an. Ces deux-là étaient également concernés par la politique de baisse des émoluments que les dirigeants des quadruples champions de France en titre proposent à leurs trentenaires, surtout face à la baisse progressive et au plafonnement des crédits internationaux décidés par la LNR, qui vont obliger le club à réduire sa masse salariale dans les années à venir.

Paris a sorti le grand jeu

N'empêche, voilà qui avait en quelque sorte "décomplexé" les rivaux de Toulouse, qui n'ont pas hésité à se montrer offensifs sur le marché des transferts au moment d'attaquer certains cadres stadistes. Par rapport à son pedigree et son potentiel unique, Meafou s'est bien sûr vite retrouvé sur les tablettes de cadors du Top 14, même si le président Didier Lacroix et le manager Ugo Mola en avaient aussi fait une priorité. Les discussions se sont donc poursuivies entre les différentes parties. Le hic : allaient-ils pouvoir rivaliser sur l'aspect économique ? Logiquement, l'entourage de l'international français (18 sélections) a écouté les arguments des clubs intéressés. Et l'un d'eux s'est rapidement dégagé, à savoir le Stade français, comme cela a été indiqué dans les colonnes de Midi Olympique fin août. Outre une proposition financière jugée agressive, portant dans un premier temps sur un contrat de trois ans, les dirigeants de la capitale ont sorti le grand jeu pour séduire Meafou en présentant à l'intéressé et à son épouse la vie parisienne, avec aussi des garanties concernant la scolarisation des enfants. Comme expliqué par plusieurs sources, la famille n'a clairement pas été insensible à cette approche, d'autant que les frères Alo-Emile, d'origine australienne comme Meafou, lui auraient vanté les bienfaits du Stade français.

Voilà comment l'idée d'un éventuel déménagement avait fait son chemin dans l'esprit du clan Meafou. Pour tout dire, dès le début du mois de septembre, le choix ne se résumait plus qu'à deux options : signer au Stade français ou prolonger au Stade toulousain. Mais, tel que relayé par nos soins à plusieurs reprises, la première semblait privilégiée. "Aujourd'hui, il y a 90 % de chances qu'il rejoigne Paris", nous affirmait un proche du dossier il y a une vingtaine de jours. Du côté des décideurs de la capitale, l'optimisme était ainsi de rigueur. En interne, on insistait sur le fait que le recrutement d'un garçon d'une telle envergure, au-delà de son apport sur le terrain, permettrait d'envoyer un message positif à tous les autres joueurs susceptibles de s'engager dans le futur. Bref, de créer un appel d'air en renforçant les ambitions du club. Mais, alors que le directeur général Thomas Lombard surveillait aussi de près la situation du troisième ligne bordelais Marko Gazzotti (22 ans) qui a finalement prolongé à l'UBB, le Stade français avait besoin d'être fixé pour avancer. Comme détaillé dans l'édition de Midi Olympique du 7 septembre, il avait été demandé à Meafou de donner sa réponse dans la semaine suivante. À ce moment-là, l'écurie parisienne paraissait encore avoir la main...

Le forcing de Toulouse

Mais, en coulisse, le Stade toulousain poursuivait les négociations et a choisi d'intensifier son forcing pour montrer son attachement au joueur. C'est d'ailleurs là aussi, en parallèle, qu'il a obtenu l'accord du troisième ligne de Bayonne Esteban Capilla (23 ans), particulièrement convoité sur le marché, pour les trois prochaines saisons (plus une en option). Le club avait également été proche de convaincre Gazzotti. Une offre portant sur un contrat longue durée avait ainsi été soumise à Emmanuel Meafou, avec un vrai effort sur le plan salarial. Ce qui ne l'a pas laissé indifférent, lui qui est très attaché au club où il est arrivé fin 2018. Un club qui lui a donné sa chance, qui l'a accompagné dans l'obtention de la nationalité française et donc jusqu'au XV de France. "J’espère rester ici toute ma carrière, nous affirmait-il ainsi en avril 2024. On parle de contrat mais c’est un papier. J’ai envie de tout gagner avec Toulouse jusqu’à la fin. Je me sens Français et Toulousain." Même si plusieurs sources maintenaient que l'offre parisienne restait supérieure sur l'aspect salarial, et si le Stade français aurait accepté d'étendre le contrat à quatre ans, la balance s'était rééquilibrée entre Paris et Toulouse. Et l'espoir était revenu à Ernest-Wallon. "Je crois que les choses se règlent petit à petit, expliquait l'entraîneur des avants Jean Bouilhou le vendredi 11 septembre au sujet des éventuelles prolongations. Il y a eu une discussion cette semaine avec Didier (Lacroix), le président, qui va régler les cas les uns après les autres assez rapidement pour qu’il y ait de moins en moins d’incertitudes sur les joueurs qui sont en fin de contrat."

Par ailleurs, l'entourage du deuxième ligne avait une nouvelle fois repoussé la date de sa réponse auprès du Stade français. Et chacun comprenait alors que le Stade toulousain avait repris la main sur le dossier. L'issue, pourtant improbable quinze jours plus tôt, devenait inéluctable et, dans le vestiaire des champions de France, on n'imaginait plus le futur sans Meafou. Les supporters non plus quand, le mardi 16 septembre, le joueur a posté une publication sur son compte Instagram des photos du match contre l'Union Bordeaux-Bègles, ainsi que de son arrivée au stade Ernest-Wallon, accompagnées de la chanson "Reason to stay" d'Olivia Dean. Autrement dit : "Une raison de rester". Difficile alors de ne pas y avoir un message subliminal... Moins de deux jours plus tard, soit le jeudi matin, les dirigeants parisiens étaient prévenus que le joueur avait choisi de prolonger à Toulouse. Un coup dur, forcément. Meafou va s'engager pour quatre saisons, plus une autre en option, en faveur de son club actuel. Sa décision a évidemment été vécue comme un soulagement dans la ville rose. Sportif d'abord, car le staff avait conscience qu'il existe peu d'éléments de son profil sur le marché. Symbolique ensuite, le fait de conserver un poids lourd de l'effectif étant important après les pertes de Ramos et Cros. Désormais, à Toulouse, il reste encore quelques cas à régler, dont celui d'Anthony Jelonch - qui est courtisé par Castres - mais aussi de Cyril Baille ou Dorian Aldegheri.