L'heure de la remise en route, le temps de construire les bases de la saison
Dossier reprise. Les vacances sont terminées. À partir de ce lundi, une bonne partie des clubs de Top 14 retrouve le chemin des terrains et des salles de musculation pour lancer une préparation estivale redevenue un véritable chantier de fond. Huit semaines pour arriver prêts début septembre, dans un rugby où les matchs amicaux ne sont plus une priorité.
Ce lundi 13 juillet marque un premier grand rendez-vous de l'été. Bayonne, Castres, Lyon mais aussi Perpignan, Toulon et Vannes le lendemain de la fête nationale, retrouvent le chemin du centre d'entraînement. C’est la reprise, le début d’une nouvelle saison, lançant officiellement une préparation qui s'étirera sur près de huit semaines avant le coup d'envoi du championnat, fixé au week-end des 5 et 6 septembre.
En altitude tu subiras beaucoup moins les affres du climat
Dans beaucoup de clubs, les préparateurs physiques ne devraient pas avoir à courir après le temps. Avec un Top 14 qui ne reprend plus à la mi-août, les staffs disposent d'une fenêtre suffisamment large pour bâtir une préparation digne de ce nom. Les premières semaines devraient être largement consacrées au développement physique, à la remise en route progressive et au travail individualisé avant que les aspects rugbystiques ne prennent davantage de place. Des stages en altitude ou à la montagne qui ont retrouvé de l’intérêt pour une très grande majorité d’équipes. Loudenvielle et Saint Lary (qui accueillera aussi trois équipes de Pro D2 avec ses infrastructures rugby reconnues) dans les Pyrénées, mais aussi Tignes (station qui historiquement reçoit très souvent des formations de foot ou rugby) ou La Plagne (qui développe l’accueil des équipes) seront des destinations prisées cet été.
"Ils permettent aux groupes de recréer une dynamique collective tout en augmentant progressivement les charges de travail. C’est un moment important où tu décides qui va être tes leaders, tu peux installer tes nouveaux systèmes de jeu sans être constamment rattrapés par le calendrier. Et puis élement important avec la météo actuelle, tu sais qu’en altitude tu subiras beaucoup moins les affres du climat, d’une éventuelle canicule. Les nuits sont fraiches, donc les joueurs peuvent récupérer de grosses charges de travail", explicite le directeur sportif de Montpellier, Bernard Laporte. Des finalistes qui finiront leur préparation à Tignes, la station savoyarde qui avait reçu le XV de France lors de ses préparations Coupe du monde en 2003 et 2007, du temps où Laporte était sélectionneur.
Le rugby moderne a changé ses habitudes
Autre évolution dans la programmation estivale. Les matchs amicaux, autrefois nombreux, perdent progressivement de leur attrait. La plupart des clubs ne prévoient désormais qu'une seule véritable opposition, parfois deux pour les équipes dont la reprise est la plus précoce. Le constat est partagé par de nombreux staffs : les rencontres de préparation présentent un rapport bénéfice-risque de moins en moins favorable.
Avec des effectifs déjà très sollicités au cours de la saison et un championnat qui reprend relativement tôt, l'objectif consiste avant tout à arriver frais et presque au complet début septembre. Les oppositions internes, les séquences à haute intensité et les entraînements dirigés permettent aujourd'hui de reproduire une grande partie des exigences du match sans exposer inutilement les joueurs aux blessures. Le rugby moderne a changé ses habitudes. Là où les étés étaient autrefois rythmés par une succession de matchs amicaux, les préparations sont désormais davantage pensées comme un long cycle de montée en puissance. L'accent est mis sur la qualité du travail plutôt que sur l'accumulation des rencontres.