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"Je préfère être un peu dans le déni et ne pas me rendre compte des choses" : Vidal évoque ses débuts en Top 14

L'ouvreur Théo Vidal a connu sa première titularisation à Pierre-Fabre et en Top 14 lors de la victoire du CO contre Toulon samedi. Le joueur de 26 ans, arrivé de la Nationale à l'intersaison, a notamment inscrit la transformation de la gagne sur un essai de Rémy Baget.

Comment avez-vous vécu ce premier match de Top 14 à Pierre-Fabre ?

C'est incroyable, je suis encore un peu dans le déni. Je pense que je ne me rends pas compte des enjeux qu'il y a dans ce Top 14 et des enjeux qu'il y a à jouer à ce niveau. Pour moi, ça reste un match de rugby, mais c'est vrai que devant 10 000 personnes qui poussent derrière vous, c'est quand même incroyable. Je ne ressens pas grand-chose là parce que je suis mort depuis la 45ᵉ minute, j'ai des crampes au mollet, ça a été compliqué pour moi sur la fin de match.

Que vous dites-vous au moment de transformer l'essai de Rémy Baget ? Ce coup de pied était capital à ce moment-là du match et permettait au CO de passer devant...

J'essaie de récupérer au maximum et avec le chrono maintenant, ça va hyper vite, donc je n'ai pas eu le temps de penser à grand-chose. Je sais juste qu'avec la mise en place hier, il y avait du vent qui faisait un peu gauche-droite, donc je me suis visé au poteau gauche. Il faut le dire, j'ai quand même eu de la réussite. Je l'ai tapée un peu trop à gauche à mon goût, mais j'ai la chance qu'elle revienne. Je pense qu'on avait une bonne étoile aujourd'hui parce que la fin de match nous a réussi.

Quand elle passe, vous savez que c'était le coup de pied de la gagne ? 

De la gagne, je ne sais pas, parce qu'il restait quand même cinq minutes. Mais je savais que si je la passais, nous prenions une option sur la victoire, donc forcément ce sont des transformations hyper importantes. Ça m'a réussi aujourd'hui, ça peut ne pas me réussir demain. C'est la vie d'un buteur, et quand ça se passe bien, c'est cool.

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Comment vous sentez-vous dans le jeu ? Avez-vous déjà pris vos repères ?

Je commence à avoir les repères, mais bien sûr, ce n'est pas parfait. Je suis encore en rodage. Je n'ai pas fait tout ce que je voulais dans mes annonces offensives aujourd'hui. Mais bon, ça va venir petit à petit en connaissant un peu plus les mecs, en apprenant un peu plus le plan de jeu. Ça viendra et ça ira de mieux en mieux au fil des matchs.

Qu'avez-vous pensé au moment du drop de Tomas Albornoz, sur la dernière possession toulonnaise du match ?

Moi, je le vois passer, je suis sur le côté. Je le vois passer, surtout que Tomas avait fait un excellent match. Offensivement, je me suis dit qu'il avait quasiment tout réussi. Je la vois dedans et au final, je vois l'arbitre qui la refuse, donc forcément, explosion de joie. Je le répète : on a eu une bonne étoile aujourd'hui.

Comment s'est passée la préparation de la saison avec le CO ? Comment gère-t-on de passer de la Nationale au Top 14 ?

Dans le déni, toujours ! (rires) J'étais à Albi, j'ai fait trois semaines de prépa avec Albi. Et du jour au lendemain, Xavier Sadourny m'a appelé, il m'a dit : "Écoute, maintenant tu viens avec nous." J'ai dit : "OK, feu !" Mais c'est pareil, je n'ai pas eu le temps de réfléchir. Tant mieux, je préfère être un peu dans le déni et ne pas me rendre compte des choses. Et continuer à jouer au rugby comme j'aime le faire, comme quand j'étais à Albi. Je suis content de ne pas avoir encore trop de pression et de ne pas me rendre compte des enjeux.

Quand même, de passer de la Nationale à affronter Toulon, le gap est important. Avez-vous quand même senti la différence ?

Bien sûr, sur le terrain, c'est une autre histoire. C'est l'intensité de jeu, le rythme : il y a beaucoup moins de pauses pendant le jeu, donc beaucoup moins de récupération. Après, je ne m'en fais pas pour cette équipe de Toulon. Je pense qu'elle a raté un petit peu son début de championnat avec trois défaites, mais c'est une sacrée équipe avec des sacrés joueurs. Je pense qu'ils peuvent être déçus de ne pas gagner aujourd'hui, parce qu'ils ont été devant toute la partie.

Vous avez des crampes qui arrivent très tôt en deuxième mi-temps, comment ça se passe sur le terrain ?

Je serre les dents. À chaque coup de pied j'avais une petite crampe, mais ce n'était pas non plus au point de ne pas pouvoir jouer. Donc je pouvais jouer. On m'a donné du jus de cornichon, ça n'a pas trop marché ! Je me suis dit que je serrais les dents, je suis là pour jouer au rugby et on verra bien.