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«Ton animal maternel», Valentina Maurel filme les fantômes au Costa Rica

Après ses rêves électriques, Tengo sueños eléctricos, Valentina Maurel revient au Costa Rica avec « Ton animal maternel », son deuxième long métrage, une pépite poétique qui vient de sortir dans les salles en France. La cinéaste franco-costaricienne y retrouve son pays natal pour y sonder des paysages d’âme et des parentés insoupçonnés. Un film avec une sensibilité rare et une poésie traversant l’’histoire familiale, l’art d’aimer et de vivre.

Publié le : 02/10/2026 - 20:03

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Ton animal maternel fait vibrer la vie de deux sœurs et d’une mère, et les liens entre elles. Une histoire surprenante, énigmatique, onirique, traumatique, et tortueuse comme les rues de leur ville natale au Costa Rica, San José. Un récit porté par ses trois interprètes principales, Marina de Tavira, Daniela Marín Navarro et Mariangel Villegas, qui ont remporté le prix de la meilleure interprétation féminine, décerné par le jury d’Un Certain Regard au dernier Festival de Cannes.

Au début, nous voyons Elsa, une jeune femme, courir dans une ville en Belgique. Elle court et court et court… et quitte la ville finalement, comme elle quitte son petit ami avec lequel elle vient juste de passer un bon moment avant le départ, direction le Costa Rica. Trouver une voie, une direction, un sens… avoir confiance dans la vie et les esprits, voilà le défi des personnages de Ton Animal Maternel. Un retour au pays pour encore mieux se perdre.

Un recueil de poèmes érotiques

Après ses études d’anthropologie en Belgique, Elsa, 27 ans, revient à la maison, notamment pour prendre soin de sa sœur, Amalia, de plus en plus enfermée dans l’ésotérisme. Ses parents ont entre-temps divorcé. La mère vient de republier un recueil de poèmes érotiques, écrit quand elle avait l’âge de sa fille. Son père est tombé amoureux d’une jeune femme qui pourrait être l’amie de sa fille. Et sa petite sœur s’est retranchée dans l’ancienne maison familiale, avec son chien et sa bande de copains marginaux. Cette Amalia, 20 ans, fauchée, cherche un moyen pour survivre, pour imposer sa présence dans le réel. Elle se laisse protéger par les esprits contre les fantômes qu’elle tente d'apprivoiser avec des lignes de sel au sol.  À peine protégés par une architecture familiale très fragile, chacune et chacun de la famille se sent, de façon mystérieuse, tiraillés par l’autre.

Valentina Maurel, réalisatrice franco-costaricienne de « Ton Animal Maternel ».
Valentina Maurel, réalisatrice franco-costaricienne de « Ton Animal Maternel ». © Siegfried Forster

La caméra suit le mouvement. Elle s'élève vers le ciel, grimpant la colline, quand la route l'exige. Puis elle redescend aussitôt, entrecroise d’autres chemins... L’objectif épouse les courbes vertigineuses et les virages en épingle à cheveux du marché, du bidonville ; elle explore chaque recoin de la maison, illuminant en passant les souvenirs passés et à venir. Les anciennes valeurs se sont évanouies, ont disparu, et aucune nouvelle n'a émergé jusqu'à présent. Une belle mission pour la génération suivante.

L'« animal maternel » de Valentina Maurel

Avec Ton Animal Maternel, nous allons traverser plusieurs univers et mondes nouveaux, passant par des fleurs fanées et des villes qui n’existent pas. Un récit puissant et saisissant dans lequel chacun tentera de comprendre à sa façon, par l’écriture, les fantômes, les émotions, l’amour… Et la plus faible ne sera pas celle qu’on imagine.

Valentina Maurel déploie ici aussi son propre « animal maternel ». Elle est née et a grandi à San José, avec une mère costaricienne et un père français, avant d’entreprendre ses études cinématographiques en Belgique, à l’âge de 19 ans. Aujourd’hui, elle vient d’avoir une fille et se pose beaucoup la question de savoir comment réconcilier la maternité avec la vie d’artiste. Et, entre Claire Denis et Catherine Breillat, elle s’est frayé son propre chemin : complexe, parfois mystérieux, souvent décalé, et toujours imprévisible.

Scène issue de « Ton Animal Maternel » de Valentina Maurel.
Scène issue de « Ton Animal Maternel » de Valentina Maurel. © Wrong Men – Geko Films