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Thierry Lhermitte : "Le rire, c'est le juge de paix"

Thierry Lhermitte est de passage à la Comédie des Champs-Élysées pour son seul en scène consacré aux rencontres qui ont fait sa vie. De la bande du Splendid à son cheval Wallace, en passant par sa fille Loni et sa passion pour la science. Il est au micro de Nagui.

Thierry Lhermitte n'a jamais eu peur d'un micro, mais celui de Nagui, dans "Les Ailes de géant", le pousse ailleurs : vers l'enfance, les silences familiaux et cette bande de copains qui a tout déclenché. Entre un cheval qui refusait tout le monde, sauf lui, et une fille qui trace sa propre route en musique, l'acteur dessine le fil discret qui relie chaque rencontre de sa vie. Une conversation rare, à retrouver en intégralité sur France Inter.

La bande à quatre : quand l'amitié devient une vocation

Tout part d'une rencontre, et Thierry Lhermitte ne s'y trompe pas : « Ce sont mes copains, c'est Christian Clavier, Gérard Jugnot, Michel Blanc » qui ont changé le cours de sa vie. Face à une enfance qu'il décrit comme banale, marquée par un climat familial tendu, l'acteur confie avoir longtemps vécu dans la méfiance, se demandant sans cesse : « Qu'est-ce que ça va dire ? » avant de parler. C'est cette bande, née au lycée puis soudée au Café de la Gare, qui lui permet de sortir de sa réserve : « J'ai senti s'animer ma propre volonté de vivre. » Une dynamique de groupe si forte qu'elle donnera naissance au théâtre du Splendid, construit à la force du poignet, entre emprunts et travaux d'un an.

Le rire comme seul juge de paix

Pour Thierry Lhermitte, la mesure du succès est sans ambiguïté : « Quand on fait de la comédie, il y a un juge de paix, et c'est le rire. » Il raconte comment, après un premier spectacle où « la moitié des gens se barrent à l'entracte », la troupe a su tout réécrire en une nuit sur les conseils de Coluche. Mais l'acteur évoque aussi les revers, notamment Le Prince du Pacifique, tourné avec un budget bien plus généreux qu'Un Indien dans la ville pour des résultats décevants : « Ça m'a arrêté [...] je me suis dit : "J'ai plus le goût du public." » Une leçon d'humilité résumée par sa rencontre avec le réalisateur Blake Edwards, dont le comique, jadis culte, ne faisait plus rire personne : « On ne peut plus rire de ces choses-là aujourd'hui […] c'est déjà derrière. »

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Wallace, Loni et les silences de la paternité

Loin des plateaux, Thierry Lhermitte se livre sur une autre rencontre marquante : celle avec Wallace, un cheval réputé ingérable qui, contre toute attente, s'est mis à l'attendre : « C'est extraordinaire, parce que c'est moi qui le raconte et que c'est un cheval. » Il évoque aussi, avec une pudeur assumée, son rôle de père, reconnaissant qu'un métier obsédant « prend beaucoup de temps et beaucoup de la tête » au détriment des enfants. Une émotion particulière traverse l'entretien lorsqu'il parle de sa fille, la chanteuse Loni, dont il admire la détermination : « Elle est hyperdéterminée, elle suit son chemin tout droit, c'est une vraie artiste. »

La curiosité soignée, entre Téléthon et écriture scientifique

Passionné de science depuis le premier Téléthon, où il a côtoyé des chercheurs bouleversés par les débuts du décryptage du génome humain, Thierry Lhermitte a voulu transmettre cette fascination dans son livre Passeur de sciences, coécrit avec la journaliste Sandrine Cabut, dont il salue le travail : « Elle a écrit beaucoup mieux que je parle. » Face à la mort, l'acteur affiche une sérénité désarmante, se disant agnostique et confiant que son inquiétude permanente rendra, le moment venu, sa propre disparition presque reposante : « Cette inquiétude va être terminée [...] c'est un avantage d'être inquiet de tout. »

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51 min