taraskuzio.com

Théâtre. Annulée à Chambéry voilà trente ans, la pièce Roberto Zucco est jouée aux Mathurins à Paris

En janvier 1992, à Chambéry, l'annulation de la pièce avait fait grand bruit. Les pétitions, les menaces des opposants de s'enchaîner devant l'Espace Malraux et les pressions répétées sur son directeur, Dominique Jambon, avaient eu raison de la représentation de Roberto Zucco, une pièce signée Bernard-Marie Koltès (1948-1989) en 1988. À la demande du maire, Louis Besson, la Maison de la culture de Chambéry et Savoie avait fini par la déprogrammer. Trente-quatre ans plus tard, la pièce est à l'affiche du théâtre des Mathurins, à Paris. 

Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs.

En cliquant sur « J’accepte », les cookies et autres traceurs seront déposés et vous pourrez visualiser les contenus (plus d'informations).

En cliquant sur « J’accepte tous les cookies », vous autorisez des dépôts de cookies et autres traceurs pour le stockage de vos données sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment en consultant notre politique de protection des données.
Gérer mes choix

Si la pièce avait dû être déprogrammée en Savoie, c'est qu'alors le traumatisme était à la hauteur de l'affaire Succo, tout à fait hors norme. 

En 1981, un jeune homme de 19 ans, Roberto Succo, né à Mestre en Vénétie dans une famille aimante, avait massacré son père et sa mère. Diagnostiqué schizophrène, il avait été interné puis, cinq ans plus tard, avait réussi à s'échapper - provoquant, au cours d'une folle cavale entre la France et l'Italie, la mort d'au moins sept victimes, non sans avoir commis un enlèvement et des viols. Son « parcours sanglant » a été analysé au scalpel, commenté, documenté ; sa cavale a duré vingt longs mois.

Un traumatisme

Un traumatisme pour la France et notamment pour la région Rhône-Alpes, dont cinq victimes étaient originaires. Le tueur est passé par Chambéry et et Tresserve en Savoie et à Annecy et à Menthon-St-Bernard en Haute-Savoie.

Le dramaturge Bernard-Marie Koltès ne pouvait pas ignorer cette dimension explosive au moment où il a décidé, quelques mois avant sa mort, de consacrer une pièce au criminel. Une pièce dans laquelle certains proches de victimes estiment que le criminel est glorifié et qui est écrite très peu de temps après la véritable cavale sanglante de Succo.

Une affaire explosive donc, dont Le Dauphiné libéré s'était fait l'écho, à travers de nombreux reportages. En 1992, l'annulation de la pièce à Chambéry avait marqué les esprits. Comme le disait le journaliste Jacques Leleu dans l'édition du Dauphiné libéré du 27 mai 2009, elle avait constitué le « seul cas de censure dans l'histoire de la maison ». En ce mois de mai 2009, Roberto Zucco (Koltès a légèrement changé le nom de famille du protagoniste) a pourtant été représentée au Carré Curial, à Chambéry, sans heurts notables avec la population.

Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs.

En cliquant sur « J’accepte », les cookies et autres traceurs seront déposés et vous pourrez visualiser les contenus (plus d'informations).

En cliquant sur « J’accepte tous les cookies », vous autorisez des dépôts de cookies et autres traceurs pour le stockage de vos données sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment en consultant notre politique de protection des données.
Gérer mes choix

Pendant les trois décennies qui nous séparent des drames du jeune Italien à la gueule d'ange, les représentations, en France et à l'étranger, se sont comptées par milliers : Bernard-Marie Koltès a acquis le statut d'un classique contemporain et le succès de la pièce ne s'est jamais démenti. En 2001, l'affaire a même été transposée au cinéma sous la direction de Cédric Kahn Si bien que les plus jeunes générations littéraires ne se rappellent parfois le nom de Roberto Succo qu'à travers la pièce de Koltès ou le film de Kahn.

Née en 1997, la metteuse en scène Rose Noël, à l'affiche du théâtre des Mathurins, dans le neuvième arrondissement de Paris, en fait partie. Sur le site du théâtre des Mathurins, elle évoque une « fable brutale, un miroir tendu à notre époque ». Ladite pièce est programmée chaque lundi, pendant quatre mois, du 21 septembre jusqu'au 28 décembre prochain, avec Axel Granberger dans le rôle-titre. L'Humanité évoque « une relecture intense de la pièce choc ».