taraskuzio.com

Test de Twisted Tower

 Twisted Tower
  • PC

Twisted Tower

Genre : FPS | Éditeur :

3D Realms

| Disponible : 18 août 2026

ClownShock

Testé pour PC

Après l'émouvant Neversong, qui abordait le subconscient d'un jeune garçon en plein coma, l'artiste Thomas Brush réalise un virage à 180 degrés et signe un FPS aux allures de BioShock chez 3D Realms (Duke Nukem 3D, Ion Fury). C'est pas très cher, c'est pas très long, et c'est pas incroyable, mais ça a le mérite de se jouer sans peine.

 Twisted Tower

Dans la peau du jeune Vincent, vous vous rendez sur l'île de Twisted Tower, parc d'attraction modelé d'après le « plus grand film de tous les temps », où votre petite amie Charlotte a été kidnappée. C'est vraiment très désagréable. Tout le parc est organisé autour de la tour centrale et de son ascenseur, qui servira de liant entre les différentes zones. Partant de là, la structure du jeu est particulièrement simple : il s'agit d'un FPS assez rapide où le but est de terminer une zone, aller chercher un nouveau gadget, accéder à la prochaine zone, et ainsi de suite jusqu'à libérer votre dulcinée, le tout dans une atmosphère de carnaval dément. C'est vraiment twisted.

Du FPS tarte à la crème

Twisted Tower | Source : 3D RealmsSouvent comparé à BioShock (même chez nous) au premier regard, Twisted Tower a en effet quelques similitudes avec le classique de Ken Levine, qu'il s'agisse de la période (les années 1950), le côté FPS, le feeling général ou l'antagoniste artiste tourmenté à la Sander Cohen. Mais ça s'arrête là. Thomas Brush propose surtout un FPS « à l'ancienne », sans système de couverture ni rien d'autre, où les armes sont rangées sur les touches 1 à 0 de votre clavier et la seule solution pour esquiver les dégâts est de glisser, sauter et strafer en prenant bien l'arène en compte. Assez réactif, Twisted Tower bouge bien, et l'arrivée progressive de gadgets comme des ailes de papillon (pour se ruer en l'air) ou un jetpack (pour un double saut) vient dynamiser l'ensemble.

Twisted Tower | Source : 3D RealmsCette proposition est bien servie par un level design scolaire, mais efficace, qui évoque lointainement Half-Life avec ses conduits d'aération, ses sauts légers, ses tuyaux industriels. Thomas Brush s'autorise parfois quelques (trop) rares folies, avec un bouton qui renverse complètement une salle, par exemple. Nous retiendrons surtout que le New Game Plus varie les plaisirs en ouvrant des voies alternatives à certains endroits et que cela permet de renouveler gentiment l'expérience. Comptez entre quatre et six heures pour terminer l'ensemble selon votre propension à chercher les petits secrets (qui vont surtout remplir une checklist).

Alors là, c'est vraiment twisted. | Source : 3D Realms
Alors là, c'est vraiment twisted. - Crédits : 3D Realms

Malgré ces bases saines, Twisted Tower finit par pécher sur les sensations en jeu. Son arsenal est on-ne-peut-plus classique ; une arme de mêlée, un pistolet, un revolver, un pompe, etc... et un needler à la Halo pour réveiller le joueur dans les derniers virages. Ces flingues manquent généralement d'impact et de panache. Le travail visuel n'a pas été fait pour bien accompagner le gameplay. Vous pourrez certes acheter des tirs secondaires dans les boutiques, à condition de fouiller un peu l'environnement pour ramasser assez de tickets, mais les autres améliorations (vitesse de rechargement, dégâts...) donnent rarement l'impression de changer la donne en profondeur, laissant le joueur exigeant sur sa faim.

Dans la tour de réponses

Twisted Tower | Source : 3D RealmsSi la formule FPS a de quoi surprendre les fans de Thomas Brush, c'est bien l'écriture et la direction artistique qui les perdront en chemin. Twisted Tower est aux fraises sur à peu près tout ce qui dépasse l'immédiat plaisir de jeu. Commençons par l'écriture. À peu près toute l'intrigue tourne autour de V. C. Twister, brillant réalisateur qui a vécu une descente aux enfers après l'échec de ses derniers films, et de Vincent, dont l'histoire est racontée par l'intermédiaire de lettres ou de cassettes enregistrées. Tout dégouline d'un mauvais pathos et d'un kitsch faisandé qui n'est jamais vraiment drôle, ni choquant ; la stupidité manifeste de la conclusion suggère un potentiel angle parodique à l'ensemble, sauf qu'il est difficile de savoir quand le joueur est censé rire.

Twisted Tower | Source : 3D RealmsQuant à la direction artistique, elle déroule l'habituel litanie de clichés des carnavals de l'horreur, avec des mascottes ensanglantées, des clowns meurtriers, des grosses dames en tenues de sirène ou des araignées géantes. Il y a surtout un manque criant d'intérêt dans l'univers qui est présenté. Twisted Tower étreint assez superficiellement son idée de grand parc d'attractions délirant au-delà des rares idées de game design qui viennent littéralement renverser les niveaux. Tenez, par exemple, on peut acquérir simultanément les ailes de papillon et le jetpack comme gadget. C'est bête mais, quand on y pense, c'est difficile d'enfiler les deux à la fois... Un détail qui montre que l'habillage est simplement fonctionnel, sans volonté autre. Tout cela est (rarement) souligné par une écriture extrêmement plate, livrée par un sidekick agaçant qu ne présente pas grand-intérêt, et se contente d'annoncer que Charlotte se trouve en réalité dans le biome suivant, ah, c'est ballot, y'aura encore un niveau après, qui l'eût deviné, qu'est-ce qu'on rigole.

Pour résumer l'affaire, Twisted Tower n'est pas un mauvais bougre. À 14,99€, c'est un achat justifiable, qui ne posera pas un grand challenge aux vétérans du FPS (à moins d'enclencher direct la campagne en difficile) et risque de tarauder les néophytes avec le côté impitoyable de certaines salles, mais qui s'avère aussi être un défouloir potable après une journée de travail. Il y a quelques techniques à avoir (enchaîner glissades et ruées aériennes, par exemple) pour bien maîtriser l'endroit. Et puis, au vu de la physique, les speedrunners pourront aussi s'en donner à cœur joie. Tant que vous gardez ces ambitions modestes à l'esprit, vous devriez pouvoir y passer un moment sympathique.

Ça vous a intéressé ? En voilà encore !

  • Mémoire cash
    Rogue Galaxy, le dernier jeu PS2 de Level-5 visait les étoiles

    Rogue Galaxy, le dernier jeu PS2 de Level-5 visait les étoiles

  • Mémoire cash
    28 ans après, le remake de Zelda Ocarina of Time doit affronter le souvenir impérissable de son aîné

    28 ans après, le remake de Zelda Ocarina of Time doit affronter le souvenir impérissable de son aîné

  • Mémoire cash
    Mark of the Ninja : avant Don't Starve, Klei offrait un hit de plus au Xbox Live Arcade

    Mark of the Ninja : avant Don’t Starve, Klei offrait un hit de plus au Xbox Live Arcade