Test de Mori Carta : avancer cartes à cartes
Test de Mori Carta (Switch)
Un nouveau deckbuilder ? Oui. Et cette fois il faudra swiper à droite ou à gauche pour prendre vos décisions.
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Mori Carta est originellement sortie en 2024 sur Steam avant de rejoindre le catalogue de Nintendo. Le titre de Nevergreen Games nous embarque pour une aventure carte à carte, où il faudra faire des choix pour vaincre vos adversaires. Alors que vaut le titre ? On tire notre première carte et on vous dit.
D’une carte à une autre

Mori Carta est un rogue like deckbuilder assez classique. Reprenant le principe de titre comme Reign, il s’agit de basculer les cartes vers la droite ou la gauche pour prendre vos décisions et appliquer les effets présents sur le côté choisi de la carte. Un principe simple mais qui permet aussi de faire de la place à la stratégie, avec différents effets de cartes.
Ainsi, vous disposez de deux jauges, une de santé et une d’énergie. La seconde se consomme en fonction de vos actions : le coût de chaque carte est disponible en haut de celle-ci et peut varier si vous la glissez vers la droite ou la gauche. A cela s’ajoute différents effets : regagner de l’énergie, se renforcer avec des points de bouclier, attaquer, etc. Certaines cartes peuvent s’upgrader avec le temps : parfois sans même dépenser d’énergie, son effet d’attaque ou de défense se renforce à chaque fois que vous ne l’utilisez pas.

Avec tout ça, il y a aussi les cartes ennemis, qui s’ajoutent à votre deck et qui permettent de renforcer l’ennemi ou de vous attaquer. Là encore, tout est basé sur le coût des cartes : il faudra avoir de l’énergie pour en éviter les effets négatifs par exemple.
A vaincre sans péril…
Le principe du jeu est assez simple et les jalons le sont aussi. Du moins en apparence. Car la courbe de progression est plutôt bien dosée. Le jeu parait simple pour finalement poser de plus en plus de challenge. Les textes sont d’ailleurs intégralement en anglais, ce qui n’est pas un problème : même si le jeu tente d’ajouter une dimension narrative, elle est parfaitement anecdotique. Vous allez rencontrer un ennemi, le vaincre et passer à la suite. Entre deux affrontements, vous pouvez ajouter une carte à votre deck, mais il faudra faire attention.

Les ajouts sont un point négatif. Vous ne pouvez en ajoutez qu’une, mais parfois, le jeu vous en propose trois. Il faut donc choisir. Mais pour cela, vous devrez déterminer si une carte vous convient ou non, avant de voir la suivante. Impossible de voir les trois et de choisir en conséquence. Vous devez donc prendre le risque de laisser passer une bonne carte et d’en rater une à venir. Vous pouvez aussi faire le choix de n’en prendre aucune. Mais il faudra faire avec un deck très petit et donc avec un effet de redondance de voir toujours les mêmes cartes arriver.

De plus, outre le fait que le jeu n’est pas traduit en français, les “dialogues” sont assez anecdotiques. Aucune personnalisation dans l’écriture : seul un “you loose” accompagnera vos échecs. On a rapidement l’impression de tourner en rond, et de ne faire que jouer des cartes dans un jeu qui manque cruellement d’un contexte, d’une histoire, ou qui assumerait complètement son absence.
Difficile de trouver un équilibre
Malgré toute la bonne volonté du studio, il est difficile de trouver un équilibre dans Mori Carta. Malgré une progression intéressante, le deck est petit et on tourne rapidement en rond, au point de presque pouvoir prédire les prochaines cartes. L’aspect stratégique n’est pas vraiment présent puisqu’il ne s’agit que de tirer des cartes, les ennemis n’ayant pas d’autres actions que d’ajouter des cartes malus à votre deck.

Le côté roguelike est aussi très light : pas vraiment de choix dans le chemin à suivre, vous ne faites que suivre une ligne droite. Et d’autre part, impossible de passer à côté de l’aspect visuel du titre, utilisant en partie l’IA générative. Selon la page Steam, le studio annonce que “la plupart des images statiques, les animations des portraits de personnages dans l'écran de sélection des personnages, ainsi que certains textes d'ambiance figurant sur les cartes jouables, ont été développés avec l'aide de l'IA. Voici quelques exceptions notables : Les illustrations des cadres de toutes les cartes, qui ont été réalisées par un artiste sous contrat. Nos images de capsule et d’en-tête, qui ont été créées par un artiste sous contrat, Certains portraits d’ennemis, Les supports marketing comprenant des illustrations issues des images de capsule et d’en-tête, L’ensemble des textes narratifs et des dialogues, qui ont été rédigés par l’équipe.”

On ne peut que regretter cette utilisation qui amoindrit totalement l’identité graphique du titre, ou encore le choix, selon leurs dires, d’embaucher un artiste pour les cadres des cartes mais pas pour les illustrations. Outre les problématiques liées à l’IA Générative, cela donne un graphisme manquant d’intérêt, très commun, que l’on voit partout et avec quelques aberrations graphiques. On regrette alors Reign et son identité simpliste mais efficace, qui utilise le même système de basculer les cartes à droite et à gauche mais avec beaucoup plus d’inventivité et de subtilité que Mori Carta.
6/20
Un système de jeu simpliste qui devient rapidement redondant, quelques soucis au niveau de la diversité des cartes malgré un deck de base très grand (puisqu’en parti généré par IA), Mori Carta ne se démarque pas des nombreux deckbuildings qui ont pourtant le vent en poupe actuellement.