Test du GMKtec EVO-X5 Pro avec Max+ PRO 495 et 196 Go de RAM : le meilleur prix au Go de mémoire face à Nvidia et Apple — Frandroid
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26 octobre 202626/10/2026 • 19:18
Depuis un an, j’ai testé une bonne partie des machines construites autour du Ryzen AI Max+ 395 : l’EVO-X2 de GMKtec, puis son grand frère l’EVO-X3, le Minisforum MS-S1 Max ou encore le Framework Desktop. Ces machines se sont fait une place sur un terrain précis : faire tourner de gros modèles d’IA en local grâce à une grande quantité de mémoire partagée entre le processeur et la partie graphique. Sur ce créneau, elles affrontent le DGX Spark de Nvidia, les nouvelles machines RTX Spark et le Mac Studio d’Apple. D’ailleurs, on aura l’occasion de tester le Mac Studio en novembre.
L’EVO-X5 Pro est la première machine sous Ryzen AI Max+ PRO 495 que nous recevons au labo, et peut-être la seule que nous testerons. Je l’ai passée au même protocole que ses prédécesseuses, avec deux questions en tête : ce que vaut la nouvelle puce face à la Max+ 395, et ce qu’on gagne vraiment à dépasser les 128 Go de mémoire vive.
Fiche technique du GMKtec EVO-X5 Pro
| Composant | GMKtec EVO-X5 Pro |
|---|---|
| Processeur | AMD Ryzen AI Max+ PRO 495, 16 cœurs / 32 threads Zen 5, jusqu’à 5,2 GHz |
| Partie graphique | AMD Radeon 8065S, 40 unités de calcul RDNA 3.5, jusqu’à 3 GHz |
| NPU | XDNA 2, jusqu’à 55 TOPS |
| Mémoire | 192 Go LPDDR5X-8533 soudée, bus 256 bits, jusqu’à 160 Go allouables au GPU |
| Stockage | SSD NVMe 2 To (QLC), 3 emplacements M.2 2280 PCIe 4.0, jusqu’à 24 To |
| Réseau | 2 ports Ethernet 10 Gbit/s, Wi-Fi 7 (MediaTek MT7925), Bluetooth |
| Connectique | 2 USB4 v2 (80 Gbit/s), 2 USB4 (40 Gbit/s), HDMI 2.1, USB-A, prise jack, lecteur d’empreintes |
| Alimentation | Intégrée, 330 W |
| Sécurité et gestion | dTPM 2.0, gestion à distance AMD DASH |
| Système | Windows 11 Pro préinstallé et activé |
| Prix | 6 599 euros (192 Go + 2 To), 6 899 euros (192 Go + 4 To) |
La machine de ce test nous a été prêtée par GMKtec.
Une Ryzen AI Max+ 395 rafraîchie, avec 64 Go de plus
C’est la nouveauté à l’intérieur de la machine, on retrouve la puce AMD Ryzen AI Max+ PRO 495 qui reprend la puce de la 395. On a les mêmes 16 cœurs Zen 5, la même partie graphique à 40 unités de calcul RDNA 3.5 et le même bus mémoire de 256 bits.
Les outils de calcul identifient d’ailleurs sa partie graphique exactement comme celle de la 395 (gfx1151 dans le jargon AMD). La partie graphique change de nom, de Radeon 8060S à Radeon 8065S, pour 100 MHz de plus. Côté processeur, j’ai relevé une fréquence maximale de 5 247 MHz, contre 5 146 MHz sur l’EVO-X3.
La vraie nouveauté, c’est surtout la mémoire. La 495 accepte jusqu’à 192 Go de LPDDR5X, quand la 395 plafonnait à 128 Go. Sur ces puces, la mémoire est unifiée : le processeur et la partie graphique piochent dans le même réservoir. Sur un PC classique, le GPU doit se contenter de la mémoire installée sur la carte graphique, soit 32 Go sur une RTX 5090. Pour l’IA locale, cette quantité de mémoire décide de la taille des modèles qu’on peut charger. AMD présente même la 495 comme la première puce x86 grand public capable de faire tourner des modèles de plus de 300 milliards de paramètres, selon les propos rapportés par Liliputing lors de l’annonce de la gamme en mai.
| Ryzen AI Max+ PRO 495 (EVO-X5 Pro) | Ryzen AI Max+ 395 (EVO-X2 / X3) | |
|---|---|---|
| Cœurs CPU | 16 Zen 5 / 32 threads | 16 Zen 5 / 32 threads |
| Fréquence CPU max relevée | 5 247 MHz | 5 146 MHz (EVO-X3) |
| Partie graphique | Radeon 8065S, 40 CU, 3 000 MHz | Radeon 8060S, 40 CU, 2 900 MHz |
| NPU | 55 TOPS | 50 TOPS |
| Mémoire maximale | 192 Go | 128 Go |
| Bus mémoire | 256 bits LPDDR5X-8533 | 256 bits LPDDR5X-8000/8533 |

Design : une mini tour bien pensée
L’EVO-X5 Pro n’a rien du petit boîtier qu’on glisse derrière un écran. Comme l’EVO-X3, il prend la forme d’une mini tour, qu’on peut poser à plat ou debout.

Ce gabarit a une raison d’être : il accueille une alimentation de 330 W intégrée au boîtier, donc pas de gros bloc secteur à cacher sous le bureau, et un refroidissement assez généreux pour tenir la puce en mode performance sans faire de bruit. J’y reviens plus bas, mais c’est l’une des bonnes surprises de ce test.

La connectique est copieuse. GMKtec installe quatre ports USB4, dont deux en USB4 v2 à 80 Gbit/s, deux prises Ethernet 10 Gbit/s, une sortie HDMI 2.1, des ports USB-A et une prise jack en façade. Les deux ports 10 Gbit/s ont un intérêt réel ici : ils permettent de rapatrier rapidement des modèles de plusieurs dizaines de gigaoctets depuis un NAS, ou de relier deux machines entre elles. Le Wi-Fi 7 s’appuie sur une puce MediaTek MT7925, qui a atteint 1,78 Gbit/s en envoi et 1,35 Gbit/s en réception dans nos mesures.

Le bouton d’alimentation fait office de lecteur d’empreintes, et la puce PRO apporte quelques fonctions pensées pour les entreprises, comme la gestion à distance AMD DASH et une puce de sécurité dTPM 2.0.

À l’intérieur, trois emplacements M.2 permettent de monter jusqu’à 24 To de stockage. Un bouton en façade fait défiler trois modes de puissance (économie, équilibré, performance). Seul regret : l’écran ne les affiche que sous forme d’icônes, sans aucune indication de puissance, et le logiciel de GMKtec ne dit pas non plus quel mode est actif.

Attention, le chargeur externe est massif. Il peut cracher jusqu’à 330 W.
Windows préinstallé, Linux en option
J’ai mené ce test sous la version de Windows 11 Pro livrée avec la machine. Elle est très simple à configurer : pas besoin de connecter de compte Microsoft au premier démarrage, et la licence est déjà activée. L’installation est légère, avec seulement quelques programmes ajoutés par GMKtec, dont l’utilitaire de gestion des modes de puissance. Rien n’empêche de passer sous Linux pour autant. L’EVO-X2 avait été testé sous Ubuntu et SteamOS, et les outils d’IA que j’utilise tournent sur les deux systèmes.
Processeur : au niveau de l’EVO-X3, devant l’EVO-X2
Les 100 MHz supplémentaires se retrouvent dans les mesures, sans plus. En mono-cœur, l’EVO-X5 Pro devance l’EVO-X2 de 2,5 à 3 %. L’écart grimpe en multi-cœur, jusqu’à 10,7 % sur Cinebench 2026, parce que l’enveloppe de puissance joue davantage quand les 16 cœurs travaillent ensemble.
| Test | EVO-X5 Pro (495) | EVO-X2 (395) | EVO-X3 (395) | Écart / X2 | Écart / X3 |
|---|---|---|---|---|---|
| Geekbench 6 mono | 3 013 | 2 939 | 2 979 | +2,5 % | +1,1 % |
| Geekbench 6 multi | 23 261 | 22 009 | 23 114 | +5,7 % | +0,6 % |
| Geekbench 7 mono | 2 712 | n.m. | 2 742 | -1,1 % | |
| Geekbench 7 multi | 28 192 | n.m. | 26 370 | +6,9 % | |
| Cinebench 2026 mono | 465 | 451 | 461 | +3,1 % | +0,9 % |
| Cinebench 2026 multi | 7 794 | 7 042 | 7 819 | +10,7 % | -0,3 % |
Face à l’EVO-X3, la 395 la plus poussée de notre base, l’écart disparaît presque. Les deux machines se tiennent à 1 % près dans la plupart des tests. La différence se joue ailleurs : l’EVO-X5 Pro obtient ce niveau en consommant moins à la prise que l’EVO-X3, comme on le verra dans la partie consacrée à la chauffe.


Pour aller plus loin
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Partie graphique : la même Radeon, et un pilote à changer
Côté graphique, les 100 MHz de plus ne se voient pas. La Radeon 8065S fait jeu égal avec la Radeon 8060S de la 395 : 97 005 points sur Geekbench 6 OpenCL contre 98 874 pour l’EVO-X2, et 107 955 points sur Geekbench 7 Vulkan contre 110 943. Ces écarts de 2 à 3 % relèvent de la variation normale d’une machine à l’autre.
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Un chiffre sort du lot : 146 164 points sur Geekbench 6 Vulkan, soit 42 % de mieux que l’EVO-X2. Je ne l’attribue pas à la puce. Sur la même machine, Geekbench 7 Vulkan et les deux tests OpenCL restent au niveau de la 395, et l’EVO-X2 avait été mesuré avec un pilote plus ancien. L’écart vient très probablement du pilote AMD d’octobre, et je l’ai exclu du calcul de gain global.
| Test | EVO-X5 Pro | EVO-X2 | EVO-X3 |
|---|---|---|---|
| Geekbench 6 OpenCL | 97 005 | 98 874 | 89 994 |
| Geekbench 6 Vulkan | 146 164* | 102 798 | 97 806 |
| Geekbench 7 OpenCL | 93 618 | n.m. | n.m. |
| Geekbench 7 Vulkan | 107 955 | 110 943 | n.m. |
Le pilote mérite justement un avertissement. Celui livré avec la machine (version 32.0.31041, datée d’août 2026) fait planter les calculs Vulkan. Geekbench 7 échoue sur le test de simulation de fluides avec une erreur de mémoire et tombe à 40 884 points. Après installation du pilote d’octobre (32.0.32015), le même test atteint 107 955 points. Si vous achetez cette machine pour l’IA, mettre à jour le pilote graphique est la toute première chose à faire, puisque la plupart des outils d’IA locale passent par Vulkan. Cinebench 2026, lui, reconnaît bien la Radeon 8065S mais plante au chargement de la scène, quel que soit le pilote.

Je n’ai pas refait toute la batterie de jeux sur cette machine. Les scores graphiques étant identiques à ceux de la 395, les résultats obtenus avec l’EVO-X2 et l’EVO-X3 restent valables : on parle d’une partie graphique intégrée qui se situe au niveau d’une RTX 4060, capable de faire tourner les jeux récents en 1080p avec des réglages raisonnables. Ce n’est pas un PC de gaming, mais c’est un mini PC capable de faire tourner tous les jeux des conditions correctes. Vous pouvez même en faire une Steam Machine, même si ça sera forcément inutile d’avoir 192 Go de mémoire vive dans ce cas précis.
Pour aller plus loin
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IA locale : ce que changent les 192 Go
Un petit rappel de vocabulaire avant les chiffres. Un modèle de langage découpe le texte en tokens, des morceaux de mots (un token correspond en moyenne à un peu moins d’un mot en français). Et dans nos tests, je mesure deux vitesses. L’écriture indique combien de tokens le modèle produit par seconde quand il vous répond. La lecture indique à quelle vitesse il avale ce que vous lui donnez, votre question, un document ou l’historique de la conversation.
Sur les modèles courants, la même vitesse que la 395
J’ai repris la même version de llama.cpp et exactement les mêmes fichiers de modèles que pour l’EVO-X2 et l’ASUS ProArt P16 équipé de la puce RTX Spark de Nvidia, avec 128 Go de mémoire.
Sur l’EVO-X5 Pro, j’ai mesuré les deux moteurs de calcul disponibles sur les puces AMD : Vulkan, une interface graphique standard, et ROCm, la plateforme de calcul maison d’AMD.
| Modèle | EVO-X5 Pro Vulkan | EVO-X5 Pro ROCm | EVO-X2 (SteamOS) | RTX Spark (CUDA) |
|---|---|---|---|---|
| Qwen3 8B Q4 | 46,0 / 1 337 | 42,7 / 1 299 | 45,0 / 1 343 | 53,1 / 3 216 |
| Qwen3.8 27B Q4 | 13,7 / 391 | 13,1 / 436 | 13,2 / 401 | 16,3 / 911 |
| Qwen3.6 35B-A3B Q4 | 64,3 / 1 729 | 58,3 / 1 634 | 64,7 / 1 584 | 74,8 / 2 633 |
| Qwen3-Coder 30B Q4 | 96,5 / 1 822 | 83,2 / 1 785 | 91,7 / 1 668 | 104,6 / 2 994 |
| Nemotron 3.5 30B Q8 | 59,4 / 1 684 | 54,5 / 1 158 | 57,1 / 1 567 | 67,4 / 2 242 |
| gpt-oss 20B F16 | 52,9 / 2 141 | 51,0 / 2 158 | n.m. | 63,4 / 5 025 |
| gpt-oss 120B MXFP4 | 56,8 / 1 157 | 51,9 / 1 044 | 56,7 / 1 089 | 63,3 / 2 084 |
En écriture, l’EVO-X5 Pro et l’EVO-X2 se tiennent dans un mouchoir de poche, de 0 à 5 % d’écart. Le résultat est logique. Pour écrire chaque token, la puce doit relire l’ensemble du modèle en mémoire, et c’est donc la bande passante mémoire qui fixe la vitesse. Avec le même bus de 256 bits et la même mémoire, la 495 ne peut pas aller plus vite que la 395. En lecture, la 495 prend 6 à 9 % d’avance sur les modèles dits MoE (Qwen3-Coder, Nemotron, Qwen3.6 35B-A3B, gpt-oss 120B), et reste à égalité sur les autres.
La puce RTX Spark de Nvidia garde l’avantage sur tous les modèles que les deux machines peuvent charger : 12 à 15 % de mieux en écriture, et 1,5 à 2,5 fois plus vite en lecture du prompt.

Pour aller plus loin
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Les modèles que les autres ne chargent pas
La différence avec la 395 apparaît ici. Par défaut, le BIOS réserve 128 Go de mémoire au GPU, et Windows n’en voit plus que 63,7 Go pour lui-même. En pratique, llama.cpp avec le moteur Vulkan accède à 175,7 Go, en additionnant la mémoire réservée et une bonne partie de celle que Windows laisse disponible. Sur les EVO-X2 et EVO-X3 en 128 Go, cette valeur plafonnait à 95,8 Go.
Pour tester cette limite, j’ai chargé Qwen3-235B-A22B, un modèle ouvert de 235 milliards de paramètres. Il existe en plusieurs niveaux de quantification, une technique qui compresse les paramètres du modèle sur 4 ou 5 bits au lieu de 16, en échange d’une légère perte de précision. La version Q4 pèse 134 Go, la version Q5 en pèse 167.
| Modèle | Taille du fichier | Écriture | Lecture | EVO-X2 / X3 (128 Go) | RTX Spark (128 Go) |
|---|---|---|---|---|---|
| gpt-oss 120B MXFP4 | 63 Go | 55,9 tok/s | 1 178 tok/s | oui (56,7 tok/s) | oui (63,3 tok/s) |
| Qwen3.8 Flash-Next IQ4_XS | 94 Go | 27,8 tok/s | 611 tok/s | oui, à la limite (28,5 tok/s) | oui en Vulkan (22,3 tok/s) |
| Qwen3-235B-A22B Q4_K_XL | 134 Go | 16,4 tok/s | 296 tok/s | non | non |
| Qwen3-235B-A22B Q5_K_M | 167 Go | 12,4 tok/s | 218 tok/s | non | non |
Le modèle tourne à 16,4 tokens par seconde en Q4 et 12,4 tokens par seconde en Q5. Ces vitesses dépassent la vitesse de lecture d’un humain : on peut discuter avec un modèle de cette taille sans attendre chaque mot. Cette fluidité s’explique par l’architecture MoE (pour « mixture of experts ») de Qwen3-235B-A22B. Le modèle compte 235 milliards de paramètres au total, mais n’en active que 22 milliards pour chaque token écrit. Il faut donc de la place pour le stocker en entier, mais la puce n’en lit qu’une fraction à chaque étape. Aucune machine à 128 Go, qu’elle soit sous puce AMD ou Nvidia, ne charge ce modèle.
Cette version de 167 Go représente la limite pratique de la machine. Evidemment, la version Q6 (193 Go) dépasse la mémoire disponible et n’a pas été tentée. Et seul le moteur Vulkan parvient à charger le fichier de 167 Go : ROCm doit réserver un bloc unique de 158,7 Go et échoue faute de mémoire, alors que Vulkan découpe la mémoire en plusieurs blocs. Heureusement, la version de 134 Go passe sur les deux moteurs (15,9 tokens par seconde en ROCm). Quant à la promesse d’AMD de faire tourner des modèles de plus de 300 milliards de paramètres, elle suppose une quantification plus agressive que celles que j’ai testées, avec la perte de qualité qui va avec.

De la marge pour les longues conversations
La mémoire en plus ne sert pas qu’aux très gros modèles. Pendant une conversation, le modèle garde en mémoire tout ce qui a déjà été échangé, ce qu’on appelle le contexte. Plus la discussion s’allonge, plus ce contexte occupe de place et plus le modèle ralentit. Avec 192 Go, on peut associer un modèle de 120 milliards de paramètres et un contexte très long sans manquer de place, ce qui intéresse les agents qui travaillent sur de gros documents ou sur une base de code entière.
| Contexte déjà rempli | 0 | 8 000 tokens | 32 000 tokens | 64 000 tokens |
|---|---|---|---|---|
| gpt-oss 120B, écriture | 55,9 | 51,4 | 43,0 | 35,3 |
| gpt-oss 120B, lecture | 1 178 | 850 | 374 | 156 |
| Qwen3.6 35B-A3B, écriture | 64,8 | 61,1 | 52,1 | 45,1 |
| Qwen3.6 35B-A3B, lecture | 1 734 | 1 383 | 802 | 461 |
Avec 64 000 tokens de contexte, gpt-oss 120B écrit encore à 35,3 tokens par seconde, soit 63 % de sa vitesse à vide. La lecture souffre davantage : elle tombe de 1 178 à 156 tokens par seconde.

Vulkan ou ROCm : bien choisir son moteur
Sur cette machine, Vulkan écrit plus vite que ROCm, de 4 à 16 % selon les modèles. ROCm reprend l’avantage sur les longs prompts. Avec Qwen3 8B, il lit un prompt de 16 384 tokens à 1 070 tokens par seconde, contre 313 en Vulkan, soit 3,4 fois plus vite. Sur Qwen3.8 27B, l’écart est plus faible (390 contre 301 tokens par seconde). Mon conseil : Vulkan pour discuter, ROCm pour faire digérer de longs documents.

Le choix compte aussi avec Ollama, l’outil le plus simple pour lancer des modèles en local. Sur cette machine, il choisit ROCm par défaut, ce qui lui coûte 5 à 13 % de vitesse d’écriture. En masquant ROCm pour forcer Vulkan (variable OLLAMA_IGPU_ENABLE=1), l’EVO-X5 Pro passe 2 à 8 % devant l’EVO-X2 sur notre gamme de modèles habituelle.
| Modèle | EVO-X5 Pro Vulkan | EVO-X5 Pro ROCm (défaut) | EVO-X2 | EVO-X3 | RTX Spark |
|---|---|---|---|---|---|
| llama3.2 3B | 104,1 | 91,7 | 98,1 | 96,7 | 108,0 |
| qwen2.5 7B | 49,4 | 46,8 | 45,7 | 47,8 | 57,3 |
| gemma2 9B | 37,6 | 36,0 | n.m. | n.m. | 44,3 |
| qwen3 30B (MoE) | 96,1 | 84,4 | 92,6 | 90,3 | 103,4 |
| qwen3-coder 30B (MoE) | 90,9 | 80,0 | 89,4 | 88,1 | 98,2 |
| qwen2.5 32B | 11,9 | 11,3 | 11,4 | 11,4 | n.m. |
| llama3.3 70B | 5,6 | 5,3 | 5,3 | 5,3 | n.m. |
| gpt-oss 120B | 38,0 | 35,7 | 35,7 | n.m. | n.m. |

Images, transcription et NPU
La génération d’images reste le point faible des puces AMD. Avec FLUX.2 Klein 4B dans stable-diffusion.cpp, il faut 113 secondes pour produire une image de 1024 × 1024 pixels en 20 étapes. La version distillée du modèle, qui se contente de 4 étapes, descend à 27 secondes. En 2048 × 2048, comptez 11 minutes. La machine RTX Spark de Nvidia génère la même image en 16 secondes en 1024 et en 91 secondes en 2048, avec ComfyUI et un format de calcul propre à Nvidia. Les outils diffèrent, mais l’ordre de grandeur, environ sept fois plus rapide, ne laisse pas de place au doute.

Pour la transcription, whisper.cpp ne propose pas de version Windows exploitant les GPU AMD. Tout passe donc par le processeur. Le modèle large-v3-turbo transcrit 10 minutes de français en 1 minute 42, soit 5,9 fois plus vite que le temps réel. Le texte est fidèle, mais sans ponctuation.

Le NPU, l’unité dédiée à l’IA annoncée à 55 TOPS, ne sert à rien sur cette machine dans les outils courants : ni Ollama ni llama.cpp ne l’utilisent, et Geekbench AI ne propose pas de moteur compatible. Dans ce benchmark, la partie graphique obtient 25 393 points en simple précision et 35 596 points en demi-précision via DirectML.
Une machine à tout faire
L’IA n’est pas le seul usage de cette plateforme. Elle tourne aussi bien sous Windows que sous Linux, fait tourner les jeux récents grâce à sa partie graphique, et convient au développement comme à la création. Pour la vidéo, l’encodeur matériel d’AMD transcode une vidéo 4K à 60 images par seconde en AV1 à 369 images par seconde, soit six fois plus vite que la lecture. Le HEVC atteint 341 images par seconde et le H.264 199 images par seconde. À titre de comparaison, le même encodage en HEVC sur le processeur avec x265 plafonne à 41,5 images par seconde.

Cette polyvalence a une limite de format. Pour l’instant, la puce 495 n’existe que dans des PC de bureau, sous forme de mini tours comme celle-ci. Les machines Nvidia jouent sur un autre terrain : le DGX Spark est un mini PC sous Linux taillé pour l’IA, tandis que la puce RTX Spark équipe surtout des PC portables sous Windows.
Stockage : le SSD est le maillon faible
Les débits mesurés sur le SSD AirDisk de 2 To sont corrects : 5 886 Mo/s en lecture séquentielle, 4 229 Mo/s en écriture. Le problème apparaît sur les longues copies. Ce SSD utilise de la mémoire QLC, qui stocke quatre bits par cellule. Elle coûte moins cher, mais écrit lentement. Pour compenser, une partie du disque sert de cache rapide. Une fois ce cache rempli, après environ 80 Go écrits, le débit s’effondre à 160 à 200 Mo/s, soit la vitesse d’un disque dur.

Sur une machine vendue pour faire tourner des modèles de 130 à 170 Go, c’est un vrai défaut. Copier la version Q4 de Qwen3-235B (134 Go) prend environ cinq minutes, dont l’essentiel passé au ralenti. La version de 167 Go en demande plus de huit. Les deux emplacements M.2 libres permettent heureusement d’ajouter un SSD TLC plus endurant pour y stocker sa bibliothèque de modèles.
| Test | EVO-X5 Pro | EVO-X2 | EVO-X3 |
|---|---|---|---|
| Lecture séquentielle | 5 886 Mo/s | 6 785 Mo/s | 5 430 Mo/s |
| Écriture séquentielle | 4 229 Mo/s | 6 207 Mo/s | 4 033 Mo/s |
| 4K aléatoire lecture / écriture | 629 k / 426 k IOPS | 595 k / 470 k IOPS | 49 k / 50 k IOPS |
| Écriture soutenue | 4 Go/s pendant 80 Go, puis 160 à 200 Mo/s | n.m. | n.m. |
Chauffe, bruit et consommation : une mini tour discrète
J’ai mesuré la chauffe en mode performance, en enchaînant des phases de 3 minutes : charge sur le processeur seul, charge sur la partie graphique seule, puis les deux ensemble. La consommation et le bruit ont été relevés à la prise et à un mètre, les températures et les fréquences par les capteurs de la machine toutes les deux secondes.
| Phase | À la prise | Bruit à 1 m | Puissance de la puce (max) | Température CPU (moy. / max) |
|---|---|---|---|---|
| Repos | 11,7 W | n.m. | 10 W (21 W) | 35 °C / 43 °C |
| Charge CPU | 215 W | 45,8 dB | 156 W en pointe | 71 °C / 81 °C |
| Charge GPU | 174 W | 42,8 dB | 127 W | 64 °C / 70 °C |
| Charge combinée | 175 W | 43,4 dB | 144 W | 70 °C / 92 °C |
Je n’ai constaté aucun bridage thermique : les débits du processeur et de la partie graphique restent stables d’un bout à l’autre de chaque phase. Le bruit reste contenu, entre 42,8 et 45,8 dB à un mètre en pleine charge. Le boîtier reste froid au toucher, on sent seulement le souffle d’air chaud à l’arrière. La sonde du processeur grimpe à 92 °C en pointe lors de la charge combinée, pour une moyenne de 70 °C.
Un détail intéressant : la charge combinée consomme moins que la charge processeur seule (175 W contre 215 W à la prise). L’enveloppe de puissance est partagée entre les deux, avec la priorité donnée à la partie graphique. Quand tout tourne en même temps, le GPU garde sa vitesse et le processeur recule de 15 à 40 %. Pour l’IA, c’est le comportement qu’on souhaite.
Avec 215 W à la prise en charge processeur, l’EVO-X5 Pro se place entre l’EVO-X2 (environ 124 W) et l’EVO-X3 (environ 239 W), tout en offrant les performances processeur de ce dernier. Je n’ai pas mesuré la consommation dans les modes économie et équilibré.
Bilan des performances : +1 % face à la 395
Pour résumer, j’ai calculé la moyenne des écarts entre l’EVO-X5 Pro et les machines équipées de la 395, famille par famille, sur les seules mesures réalisées avec les mêmes outils. Face à l’EVO-X2, l’EVO-X5 Pro gagne 5,5 % en processeur et 3,9 % en génération de texte, mais perd 2,3 % en calcul graphique et 2,4 % en bande passante mémoire. Au total, l’écart atteint 1,1 %. Face à l’EVO-X3, il monte à 3,4 %.
| Famille | Face à l’EVO-X2 (≈ 120 W) | Face à l’EVO-X3 (≈ 239 W) |
|---|---|---|
| Processeur | +5,5 % (4 mesures) | +1,3 % (6 mesures) |
| Calcul graphique | -2,3 % (2 mesures) | +7,8 % (1 mesure) |
| IA (génération de texte) | +3,9 % (13 mesures) | +5,1 % (6 mesures) |
| Mémoire | -2,4 % (1 mesure) | -0,4 % (1 mesure) |
| Global | +1,1 % | +3,4 % |
Ces quelques pour cent restent dans la marge qui sépare deux machines sous 395 entre elles. En vitesse pure, la 495 ne justifie pas de remplacer une 395. Ce qu’elle apporte, c’est la capacité mémoire, qui ouvre la porte aux modèles de 130 à 170 Go.

Prix et disponibilité
Le GMKtec EVO-X5 Pro est vendu sur la boutique européenne de GMKtec à 6 599 euros avec 192 Go de mémoire et un SSD de 2 To, et à 6 899 euros avec un SSD de 4 To. Il n’existe pas de version avec moins de mémoire. Pour une commande passée aujourd’hui, GMKtec annonce une expédition entre le 20 et le 30 novembre.
Le prix fait sursauter, mais il faut le replacer dans un marché où la mémoire vive coûte de plus en plus cher. Nvidia en offre un bon exemple. Le DGX Spark à 128 Go, lancé à 3 999 dollars, s’approche désormais des 7 500 €, et Nvidia vient de lancer une version réduite à 64 Go. L’Asus ProArt P16 équipé de la puce RTX Spark et de 128 Go que nous avons testé se trouve autour de 7 600 euros chez les revendeurs français (on attend de tester les mini PC RTX Spark, qui seront plus agressifs d’un point de vue tarifaire). Côté Apple, le Mac Studio M5 Ultra configuré avec 256 Go de mémoire et 1 To de stockage atteint 10 999 euros.
| Machine | Mémoire | Prix | Prix par Go de mémoire |
|---|---|---|---|
| GMKtec EVO-X5 Pro (Ryzen AI Max+ PRO 495) | 192 Go | 6 599 € | 34 € |
| Asus ProArt P16 (RTX Spark) | 128 Go | environ 7 600 € | 59 € |
| Nvidia DGX Spark | 128 Go | 7 500 € | 58 € |
| Apple Mac Studio M5 Ultra (SSD 8 To) | 256 Go | 10 999 € | 43 € |
Ramené au gigaoctet de mémoire, l’EVO-X5 Pro est la machine la moins chère de cette sélection, et la seule de ce tableau à proposer plus de 128 Go sous la barre des 10 000 euros. Le Mac Studio garde un avantage net en bande passante mémoire (1,2 To/s sur la puce M5 Ultra, contre environ 273 Go/s ici), donc en vitesse d’écriture, mais à un tout autre tarif. Il faut aussi rappeler que les machines sous 395 restent bien moins chères : GMKtec affichait l’EVO-X2 en 128 Go à 3 500 euros cet été (introuvable à ce prix actuellement). Pour des modèles jusqu’à 120 milliards de paramètres, elles font exactement le même travail à la même vitesse.
Pour aller plus loin
Test du Nvidia DGX Spark (Dell) : le mini PC IA à 128 Go de RAM
Pour aller plus loin
Minisforum MS-S1 MAX et N5 MAX : deux machines à 192 Go de RAM pour faire tourner ses agents IA chez soi
Produits alternatifs
GMKtec EVO-X5 Pro
9 /10
Note finale du test
8 /10
Le Ryzen AI Max+ PRO 495 ne fait pas mieux que la 395 en vitesse. Processeur, partie graphique, génération de texte : tout se joue à quelques pour cent, parce que la puce et la bande passante mémoire n'ont pas changé. Son apport tient dans la quantité de mémoire. Avec 175,7 Go accessibles aux outils d'IA, l'EVO-X5 Pro charge des modèles de 235 milliards de paramètres et les fait tourner à 12 à 16 tokens par seconde, ce qu'aucune machine à 128 Go, AMD ou Nvidia, ne sait faire.
GMKtec a soigné l'enveloppe. La mini tour reste discrète en pleine charge, ne bride pas, intègre son alimentation et aligne une connectique très complète. Le SSD QLC gâche un peu l'expérience, et la génération d'images reste loin de ce que propose Nvidia. Le NPU, lui, n'a toujours aucune utilité dans les outils actuels.
À 6 599 euros, l'EVO-X5 Pro est pour ceux qui veulent faire tourner en local de gros modèles ouverts, sans passer par le cloud. Pour tous les autres, un EVO-X2 ou un EVO-X3 en 128 Go fera le même travail pour bien moins cher. La concurrence arrive : Minisforum prépare lui aussi deux machines à 192 Go, le MS-S1 Max et le N5 Max. Mais avec des prix de la mémoire qui continuent de grimper, l'équilibre entre capacité et tarif risque de rester le premier critère de choix pour ces machines pendant un bon moment.
Points positifs du Test du GMKtec EVO-X5 Pro
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192 Go de mémoire, dont 175,7 Go accessibles à l'IA
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Le meilleur prix au gigaoctet de mémoire face à Nvidia et Apple
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Une plateforme polyvalente : Windows ou Linux, IA, jeu, développement, encodage AV1 matériel
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Discret en pleine charge (42,8 à 45,8 dB à un mètre), sans bridage thermique
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Connectique très complète : 2 ports 10 Gbit/s, USB4 v2 à 80 Gbit/s, alimentation intégrée, 3 emplacements M.2
Points négatifs du Test du GMKtec EVO-X5 Pro
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Un prix de 6 599 euros, sans version plus abordable
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Un gain de vitesse minime face à la Ryzen AI Max+ 395
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Un SSD QLC qui tombe sous les 200 Mo/s après 80 Go écrits