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Tensions en Asie : malgré la mise en garde de Séoul, la Corée du Nord va remettre en service les haut-parleurs "destinés à la guerre psychologique" tout le long de la frontière intercoréenne

Pyongyang prévoit de reprendre, d’ici fin octobre, les diffusions par haut-parleurs le long de la frontière avec la Corée du Sud. La Corée du Nord accuse Séoul d’avoir émis 2 870 messages d’avertissement et 201 tirs de semonce depuis août. La Corée du Sud qualifie ces actions de défensives.

La Corée du Nord va mettre en place de nouvelles mesures militaires à l’encontre de la Corée du Sud, notamment la reprise des diffusions par haut-parleurs.

"D’ici la fin du mois d’octobre, les haut-parleurs destinés à la guerre psychologique contre la République de Corée seront en service tout le long de la frontière", a déclaré Kim Yo-jong, directrice du Département des affaires générales du Parti des travailleurs de Corée (le parti au pouvoir) et sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, ce mercredi 21 octobre.

Elle a précisé que Pyongyang envisageait aussi de "renforcer le déploiement de moyens de frappe tactiques le long de toute la frontière sud".

Kim Jong-un a accusé les troupes sud-coréennes d’avoir diffusé à plusieurs reprises des messages d’avertissement et tiré des coups de semonce sur des militaires nord-coréens opérant près de la frontière depuis août, rapporte Asia News Network.

Selon Kim Yo-jong, l’armée sud-coréenne a diffusé 2 870 messages d’avertissement et tiré des coups de semonce à 201 reprises entre le 1er août et le 17 octobre.

"Séoul regrettera amèrement la bravade inutile de ses sbires militaires et s’exposera à des risques difficiles à gérer", a-t-elle affirmé.

"Mesure défensive légitime"

Le ministère sud-coréen de la Défense a déclaré que l’armée continuait de diffuser ces messages d’avertissement lorsque cela s’avérait nécessaire, mais a souligné qu’ils n’étaient pas diffusés par le biais des grands systèmes de haut-parleurs anti-nord-coréens dont l’utilisation a été suspendue en juin.

Ces derniers mois, des troupes nord-coréennes se sont à plusieurs reprises approchées de la ligne de démarcation militaire ou l’ont franchie. Selon les règles d’engagement en vigueur en Corée du Sud, les troupes sud-coréennes émettent des avertissements lorsque du personnel nord-coréen s’approche de cette ligne, et procèdent à des tirs de sommation si celui-ci la franchit.

Les données de l’état-major interarmées indiquent que les troupes nord-coréennes auraient franchi la LDM environ 50 fois au cours des mois d’août et de septembre.

Le ministère sud-coréen de la Défense a souligné que ses propres diffusions par haut-parleurs ainsi que ses tirs d’avertissement à proximité de la zone coréenne démilitarisée constituaient une "mesure défensive légitime", visant à empêcher les incursions et à forcer les troupes nord-coréennes ayant franchi la ligne à se retirer.

La Corée du Sud a suspendu, le 11 juin, ses diffusions par haut-parleurs dirigées contre la Corée du Nord le long de la frontière, sur ordre du président Lee Jae-myung, dans le cadre d’efforts visant à apaiser les tensions militaires. Par la suite, la Corée du Nord a elle aussi cessé ses propres diffusions par haut-parleurs en direction du Sud.

Dans un communiqué diffusé mardi, le ministère sud-coréen de la Défense avait exprimé sa profonde inquiétude face aux menaces ⁠de Pyongyang. "Si la Corée du Nord ‌utilise nos mesures légitimes comme prétexte pour mener de nouvelles provocations, nous la sanctionnerons sans hésitation", avait déclaré le ministère.