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TÉMOIGNAGES. Démarchage téléphonique : "Ça n’en finit jamais..." Ils ne savent plus comment lutter contre les appels indésirables

l'essentiel Alors que le cadre juridique autour du démarchage téléphonique va changer le 11 août prochain, de nombreux consommateurs en ont plus qu'assez de recevoir jusqu'à des dizaines d'appels de prospection commerciale par jour. Ils témoignent de leur ras-le-bol général à La Dépêche du Midi.

Sylvie répond au téléphone comme toujours. Sur la vingtaine d'appels qu'elle reçoit quotidiennement, elle décroche, attend quelques secondes et bloque ensuite le numéro. "C'est du matin au soir et du soir au matin. Et ça s'arrête le samedi. Ah non, le samedi aussi, ils appellent", s'agace-t-elle quand on lui demande à quelle fréquence elle reçoit des appels de prospection commerciale. "Ça me saoule parce que moi, je travaille depuis chez moi. J'ai un orchestre, donc je passe beaucoup de coups de fil."

La sexagénaire a bien tenté de bloquer les numéros après avoir raccroché mais sans succès pour le moment, les appels intempestifs ne diminuent pas. "Et maintenant, ils appellent même sur le fixe", s'insurge la Lot-et-Garonnaise. Pour Bruno Magand, président de l'association de consommateurs UFC-Que Choisir Ariège et Pyrénées, les appels de prospection commerciale sur les téléphones fixes embêtent constamment les gens.

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"Beaucoup de personnes disent que de toute façon, sur les lignes fixes, on ne reçoit que ce genre d'appels. Certains n'ont plus de fixe parce que ça sonnait trop", raconte le bénévole. Une solution radicale mais une solution qui marche, au contraire de Bloctel dont tous les témoignages s'accordent sur le fait que la solution mise en place par le gouvernement est inutile.

L'échec de Bloctel, la réussite de "Saracroche"

Le dispositif lancé par l'État le 1er juin 2016, permet de placer son numéro en liste rouge et - en pratique - de ne recevoir aucun appel de prospection commerciale. Il fermera ses portes le 11 août avec le changement de cadre juridique. Bruno Magand confirme que pour lui, Bloctel "n'a jamais marché". "J'y suis depuis très longtemps, ça ne bloque rien du tout, c'est un échec ce truc", constate le conseiller commercial.

Il a néanmoins trouvé une solution "miracle" : l'application Saracroche. Cette solution, créée par un Toulousain il y a un an, lui a permis de réduire drastiquement le nombre d'appels reçus. "C'est vrai que c'est fantastique, je ne suis plus enquiquiné. J'ai fait le test avec ma maman, je lui ai mis et ça ne sonne plus. On n'est plus embarrassé, c'est quand même top quoi", se réjouit-il.

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Ce n'est pas le seul à avoir adopté l'application et à en être satisfait. Christiane l'a installée il y a deux mois. "C'est très efficace et gratuit", estime-t-elle. "Ça faisait au moins deux ans que je recevais des appels et ça me dérangeait énormément." La retraitée continuera d'utiliser Saracroche même après le 11 août car elle émet des doutes sur le changement de loi et l'inversion du consentement qui s'opère.

Une loi qui doit faire ses preuves

"J'espère que la nouvelle loi va faire quelque chose mais j'en doute fort", se méfie l'habitante de Caussade. Avec le passif de Bloctel et son inefficacité, Christiane estime que la mise en application de la loi dans une semaine "ne changera rien". "On va laisser passer cette loi et puis voir ce que ça donne. Mais moi, j'utiliserai toujours mon application pour l'instant", avoue la retraitée. Même scepticisme pour Roger, lui aussi retraité.

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"C'est une plaisanterie encore une fois", estime l'ancien banquier, qui pense que le nombre d'appels intempestifs ne diminuera pas et ne semble pas convaincu par ce que l'État propose. "Une loi inique qui ne sert à rien", critique le septuagénaire désabusé des appels à prospection commerciale. "Je le vis mal. Disons qu'on est incapable, pour le commun des mortels, de se débarrasser de cette chose-là. Parce que c'est vrai qu'on attend tous plus ou moins des coups de fil qui peuvent être urgents et qu'on n'a pas envie de recevoir des appels comme ceux-là", explique-t-il. "Ça n'en finit jamais", résume amèrement Sylvie qui attend beaucoup des effets concrets de la loi.