TÉMOIGNAGE. "Ils ne voulaient pas discuter, se calmer, ils voulaient juste nous taper" : le calvaire d'une famille ariégeoise ciblée par un groupe pour des accusations injustes
l'essentiel Arthur*, un habitant de Lézat-sur-Lèze, a été agressé en marge de la fête du village dans la nuit du 4 au 5 septembre 2026. Alors qu'il tentait de calmer une altercation, il a été accusé à tort de violence et a subi des coups, tout comme sa compagne et son beau-fils. Tous ont déposé plainte et espèrent que la justice reconnaîtra leur statut de victimes. La Dépêche du Midi a recueilli son témoignage.
S'il est une nuit qu'Arthur* n'est pas prêt d'oublier, c'est celle du vendredi 4 au dimanche 5 septembre 2026 ; mais malheureusement, ce n'est pas pour les bonnes raisons. "Quand même, on a été agressés. Ce n'est pas une bagarre, c'est une agression", souffle-t-il, la colère colorant encore sa voix à l'évocation des faits d'il y a quelques semaines.
Pourtant, tout s'est déroulé aux abords d'un événement qui devait être gai, à savoir la fête du village de Lézat-sur-Lèze. Toutefois, "il y a une bagarre qui est partie, comme ça peut arriver souvent des fois, surtout avec l'alcool", témoigne l'homme.
Il est 2 heures du matin, et le quadragénaire remarque qu'un jeune, qu'il connaît par son beau-fils, est aux prises avec d'autres personnes qui s'attroupent autour de lui. "Moi, je suis intervenu, parce que j'ai vu que ça commençait à partir un petit peu", poursuit-il. Une intervention sans violences, assure-t-il : "Je me suis mis devant eux, j'ai juste croisé les bras et j'ai dit 'Stop'."
Accusé d'avoir mis des coups à un jeune, il s'en défend
Même si les autres ne l'entendent pas de cette oreille, l'intervention du personnel de sécurité disperse le groupe. Après avoir calmé tout le monde, Arthur, sa compagne, son beau-fils et ses amis reviennent chez lui, pensant l'affaire close. Rien de tout cela. "On s'est dit, en tant que parents, on fait rentrer les jeunes dans notre garage et on arrête comme ça, tout est fini. Mais en fait, il est arrivé une bonne dizaine de gens, facilement. Et après, c'est parti devant chez nous", raconte-t-il.
Au cœur de ce nouvel épisode de violence, des accusations à son encontre : "J'ai été accusé comme quoi c'est moi qui avais tapé le jeune, alors qu'en fait, il y a eu l'effet de confusion, l'effet de groupe", s'insurge-t-il. "J'étais là pour se séparer en tant que parent, rien de plus, on voulait calmer le jeu."
Des coups qui touchent toutes les personnes présentes
Au contraire, la violence redouble à son encontre et les coups se mettent à pleuvoir. Même lorsqu'Arthur cherche refuge dans son garage, ses poursuivants ne le lâchent pas et s'en prennent à lui, à sa compagne, et à son beau-fils et ses amis, dont certains répliquent ; mais pas les adultes, certifie-t-il. "Ma compagne a été tirée par les cheveux alors qu'elle n'a rien demandé et ce n'est pas quelqu'un qui a un gros caractère. Ça me touche plus pour elle que pour moi, parce que vraiment elle n'aime pas le conflit", déplore-t-il.
De son côté, il fait état de bleus sur les bras, qu'il a mis devant son visage pour se défendre, et un hématome consécutif à des vaisseaux sanguins rompus dans son œil après un coup. "Ils ne voulaient pas discuter, se calmer, ils voulaient juste nous taper. Ça a été vraiment gratuit", s'émeut le quadragénaire.
Une peur de rentrer chez lui à la suite des faits
C'est l'intervention de gendarmes qui étaient déjà à la fête, suivis par un second contingent de forces de l'ordre, qui met fin à l'agression. Mais là, déjà devant eux, Arthur réfute le terme de bagarre : "Moi, quand j'étais jeune, j'étais un peu idiot, je me suis battu mais c'était toujours un contre un. Ça c'est une bagarre, on ne portait pas de plainte. Là, c'est vraiment une agression, ils voulaient, pardonnez-moi le terme, nous défoncer."
Alors, il entame des démarches pour ne pas laisser les faits impunis. Il dépose plainte le lendemain à la gendarmerie du Fossat aux côtés de sa compagne et d'autres personnes ; un certificat médical établit les blessures qu'il présente, en plus de la peur qu'il a ressentie au moment des faits : "J'étais choqué, je n'osais pas rentrer chez moi, quand même."
Une peur de l'omerta dans le village
Mais un goût amer subsiste tout de même, par peur d'une "omerta" qui pourrait s'installer dans le village. Il a aussi tenté de prendre rendez-vous avec la maire, mais pas de réponse encore : "Peut-être qu'elle est en vacances ?, suppose-t-il. On m'a dit qu'une personne avait reçu ma demande et qu'elle avait fait passer le message mais je n'ai toujours rien." Pour autant, le Lézatois prévient, "je ne lâcherai pas l'affaire".
Contacté, le procureur de la République Olivier Mouysset a indiqué que la rixe pendant la fête du village n'a donné lieu à aucune plainte. En revanche, "pour le second évènement, une plainte a été déposée du chef de violences. L’affaire a été classée sans suite, faute d’être parvenu à identifier l’auteur des violences", poursuit-il.