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TÉMOIGNAGE. Carburant : ce chauffeur de taxi dépense 1 000 euros de plus par semaine pour rouler souvent à vide, "on a franchi les 2,40 euros"

l'essentiel À Saint-Jory (Haute-Garonne), la société Taxi Marie, dirigée par Louis, subit de plein fouet la hausse du prix du carburant, désormais à 2,40 euros le litre. Avec une flotte parcourant jusqu'à 120 000 km par an, le surcoût atteint 1 000 euros par semaine. Louis envisage l'électrique, mais le coût et l'autonomie posent problème.

Pour les entreprises qui vivent de la route, chaque centime compte. À Saint-Jory, la société Taxi Marie est directement confrontée à la flambée du carburant. Son gérant, Louis, le constate chaque jour. Avec une dizaine de véhicules sur les routes, parcourant chacun entre 70 000 et 120 000 kilomètres par an, le carburant est devenu le premier poste de dépense de l’entreprise.

Marie et Louis, gérants de la société Taxi Marie.
Marie et Louis, gérants de la société Taxi Marie. DR

« On a tourné pendant longtemps autour de 2 euros, là, aujourd’hui, on a franchi les 2,40 », explique-t-il. Il estime la hausse à 30 à 35 % par rapport à la période où le prix était redescendu autour de 1,60 ou 1,65 euro. Une progression qui dépasse largement les marges de l’entreprise. Les conséquences sont très concrètes. Louis estime à environ 25 euros par jour le surcoût de carburant pour un véhicule parcourant 500 kilomètres. Pour l’ensemble de la flotte, l’enveloppe supplémentaire atteint environ 1 000 euros par semaine. « C’est énorme », résume le gérant. Cette hausse n’est pas uniquement liée au marché français. Les tensions au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite une part importante du pétrole mondial, ont provoqué une forte hausse des cours. Le gouvernement français souligne également la volatilité des marchés liée à cette crise.

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Et la facture ne concerne pas seulement les professionnels. En août, les prix des produits pétroliers ont encore progressé de 5,6 % sur un mois en France. Sur un an, les prix de l’énergie ont augmenté de 16,7 %. Les particuliers subissent donc eux aussi cette pression lorsqu’ils font le plein. Pour Taxi Marie, la question est désormais de savoir jusqu’où ira la hausse. Louis cherche des solutions, notamment en limitant les kilomètres effectués à vide et en étudiant le passage à l’électrique. Mais là encore, le problème est financier. Un véhicule électrique adapté à son activité peut coûter environ 45 000 euros, contre 25 000 à 26 000 euros pour certains véhicules thermiques ou hybrides qu’il peut trouver.

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Surtout, les chauffeurs peuvent parcourir jusqu’à 500 kilomètres dans une journée. L’autonomie réelle et les temps de recharge compliquent donc l’organisation. « Si ça continue à augmenter, ça va poser de gros problèmes pour nous », prévient Louis.
Car derrière le prix à la pompe se joue aussi la pérennité du service. Le gérant estime que l’activité pourrait reculer de 20 à 30 %, toutes les difficultés actuelles étant cumulées. Un des chauffeurs de l’équipe a programmé son départ à la retraite et son poste pourrait ne pas être remplacé. Et si une course impose de parcourir 30 kilomètres à vide pour transporter un client seulement sur 10 kilomètres, la rentabilité devient une véritable question. Pour un taxi, refuser une course n’est pourtant pas si simple. Le métier repose aussi sur une mission de service. Mais lorsque démarrer le véhicule signifie déjà perdre de l’argent, combien de temps ce modèle pourra-t-il encore tenir ?