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TÉMOIGNAGE. "À 40 ans, je pensais qu'il ne pouvait rien m'arriver, mais je reviens de loin..." Victime d'un AVC il y a quatre ans, Damien raconte sa convalescence

l'essentiel À l'occasion de l'agora autour de l'AVC, organisée par Harmonie Mutuelle, Damien Cazaux, chef-restaurateur bien connu sur Tarbes, a raconté comment sa vie a basculé il y a quatre ans mais aussi comment il se reconstruit depuis, avec l'appui de ses proches et de la communauté médicale.

"Je n'avais eu aucun signe avant-coureur. À 40 ans, sans aucun souci de santé, on se dit que rien ne peut nous arriver..." Sauf que ce 31 octobre 2022, jour d'Halloween, alors qu'il se trouve aux États-Unis, Damien Cazaux perd l'équilibre à la sortie de la douche. Sa femme se rend alors compte que quelque chose ne va pas. L'hôpital n'est pas loin et le chef-restaurateur bigourdan est opéré dans l'heure pour un AVC hémorragique. "Il fallait agir très vite, raconte-t-il quatre ans plus tard. On m'a enlevé des os du crâne. Je suis un rescapé. Si ma femme n'avait pas réagi aussi vite, j'y serais resté..."

"Heureusement que j'avais souscrit une assurance..."

Malgré l'opération, les médecins ne sont guère optimistes quant aux séquelles engendrées par l'AVC et plutôt sceptiques quant à ses chances de remarcher un jour. Car suite à cet accident vasculaire cérébral, Damien va passer deux semaines dans le coma et un mois en réanimation. "J'étais super bien encadré déjà là-bas et j'y suis d'ailleurs retourné pour leur montrer mes progrès. Heureusement par contre que j'avais souscrit une assurance..."

À son retour en France, Damien passera six mois allongé, jusqu'à son opération du crâne, avant de prendre place sur un fauteuil. Il rejoint le centre de rééducation de Bagnères où on le verticalise. "J'ai enfin pu me redresser. Je suis vraiment admiratif de tout ce corps médical. Ce sont des gens exceptionnels qui mériteraient d'être plus reconnus." Damien va passer un an à Bagnères, marchant d'abord avec une canne tripode, puis une canne simple au bout de onze mois. Aujourd'hui, il arrive à se déplacer sans cet appui à domicile, mais le conserve à l'extérieur. "J'ai un releveur en carbone sous le pied pour éviter de riper et que je tombe, explique celui qui conserve une hémiplégie sur la partie gauche du corps. J'ai retrouvé de la mobilité sur les membres inférieurs, l'épaule, mais je n'ai toujours pas de rotation du poignet ni de pince au niveau de la main. Pour le travail en cuisine, c'est forcément difficile."

L'importance de l'entourage et des soignants

Aussi, quatre ans après l'AVC, le chef de l'Aragon fait contre mauvaise fortune bon cœur. "Des fois, ça me fait râler, j'aimerais avancer plus vite, un an en fauteuil ça fait mal, mais ça apprend la patience. Je sais que je reviens de loin et que ça pourrait être bien pire aussi. J'ai retrouvé de l'autonomie, je conduis. Mon père a fait un AVC l'an dernier et y est resté..." Et Damien de saluer son entourage. "Un couple sur deux se sépare après un AVC. Pas nous, sourit-il. On sous-estime le rôle des aidants. Ma femme a vraiment été exceptionnelle et encore aujourd'hui. Ma famille a été au top et j'ai aussi pu compter sur mes amis, pas de trop, mais que des bons. Car le cerveau doit tout réapprendre et même psychiquement, c'est très difficile, on se fatigue très vite. J'ai eu la chance d'être suivi au centre de rééducation de Bagnères." Damien y revient deux fois par an pour des injections de toxine pour la flexibilité. Mais chemine désormais vers une vie retrouvée...

Damien Cazaux a témoigné sur son accident et son parcours à l'occasion de l'agora autour de l'AVC organisée par Harmonie mutuelle à la Bourse du travail.
Damien Cazaux a témoigné sur son accident et son parcours à l'occasion de l'agora autour de l'AVC organisée par Harmonie mutuelle à la Bourse du travail. Andy Barréjot

40 AVC par jour en Occitanie, les signes pour les reconnaître

40 AVC par jour en Occitanie, soit deux fois plus que d'infarctus. Preuve de la prévalence de l'accident vasculaire cérébral suit auquel 30% des victimes décèdent dans l'année, sachant que 2 millions de neuronnes sont détruites par minutes après un AVC mais que seulement 10% des AVC sont pris en charge dans les 4h30. "Si l'âge moyen des victimes est de 72 ans, 25% ont moins de 65 ans, explique Sylvie Caumont, infirmière et animatrice de la filière AVC du centre hospitalier de Pau. Il y a des signes pour reconnaître l'AVC et qui doivent conduire à appeler le 15: un déficit moteur au niveau de sbras ou de sjambes qui ne fonctionnent pas, un déficit sensitif avec de sforumillement, des picotements, une paralysie faciale avec la bouche qui tombe et jusqu'à l'oeil, des troubles de la vue, de l'élocution, mais aussi des vertiges pouvant aller jusqu'à des nausées ou des vomissements ou des maux de tête très violents."