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Télévision. « Il faut que cette histoire soit racontée » : Matt Pokora raconte les coulisses d'Oradour, sur TF1 ce jeudi

Le 10 juin 1944, 643 hommes, femmes et enfants sont assassinés à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) par des soldats de la division allemande Waffen-SS Das Reich. Le village est ensuite incendié. Un drame raconté plus de 80 ans plus tard, à travers une fiction diffusée ce jeudi soir sur TF1 et incarnée par Matt Pokora et Caroline Anglade. Intitulé Oradour, le téléfilm est né de l’initiative du chanteur, qui découvre l’histoire du massacre en 2019 et s’étonne de constater à quel point elle reste méconnue. « Je me rends compte que 80 % des personnes autour de moi ne connaissaient pas ce fait historique », raconte-t-il. L’idée d’en faire une fiction prend véritablement forme en 2022, lorsqu’il se rend dans le village martyr et rencontre Robert Hébras, l’un des derniers survivants du massacre, décédé en 2023.

Cette rencontre va conforter le chanteur dans son projet. Robert Hébras avait consacré une grande partie de sa vie à raconter ce qu’il avait vécu, notamment après avoir pris conscience, avec la naissance de sa petite-fille Agathe, de la nécessité de transmettre cette mémoire. « Ca résonne encore plus fort lorsque d'entendre son témoignage, d'être sur les lieux. Je me suis dit : il faut que cette histoire soit racontée », poursuit Matt Pokora. Pour Matt Pokora, la fiction peut constituer une autre porte d’entrée vers cette histoire, notamment pour les plus jeunes. « C’est une porte ouverte plus facile, plus accessible pour un certain public », explique-t-il. Et d’ajouter : « Il faut qu’on y aille », convaincu que cette histoire doit continuer à être racontée.

Le téléfilm ne reconstitue toutefois pas directement la journée du 10 juin. L’histoire s’intéresse à des personnages fictifs dont les destins vont croiser celui d’Oradour. Le 5 juin 1944, Philippe Gerbier, officier des Forces françaises libres joué par Matt Pokora, est parachuté près du village pour une mission secrète liée à la Résistance. Il y retrouve Marie, son amour de jeunesse, interprétée par Caroline Anglade, qui tente de fuir un mari violent avec sa fille. Cinq jours plus tard, leurs destins se retrouvent bouleversés par le massacre.

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Pouvoir mettre la lumière sur ce village

Impossible en revanche de tourner directement dans les ruines d’Oradour-sur-Glane, conservées depuis 1944 comme lieu de mémoire. La production a donc dû trouver un autre village pouvant accueillir les décors et les importants moyens techniques nécessaires au tournage, réalisé en Belgique. Cette fiction permettra de mettre en avant ce village encore préservé de son histoire, mais qui souffre du passage du temps. Les associations sont toujours en demande de dons pour pouvoir le maintenir en l'état.

Ce choix de raconter le drame à travers une histoire intime doit notamment permettre de toucher un public plus large. Pour Benoît Sadry, président de l’Association nationale des familles des martyrs d’Oradour-sur-Glane, « cette fiction va indéniablement permettre de faire découvrir le drame d’Oradour à ceux qui ne le connaissent pas ». La fiction sera suivie d’un documentaire consacré aux derniers survivants et aux descendants des victimes, pour prolonger le travail de mémoire.

Oradour, diffusé ce jeudi 24 septembre, à 21 h 10, sur TF1, suivi du documentaire Oradour un village martyr à 23 h 15, sur TF1.