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Taxe foncière : pourquoi votre facture a fortement augmenté en 2026, ce qui change dans les 31 communes de la Métropole de Montpellier

En 2026, la Métropole augmente sa part de taxe foncière sur les propriétés bâties de 0,167 % à 5,80 %, générant 45 millions d’euros supplémentaires. Cette hausse impacte les propriétaires des 31 communes, malgré des taux communaux souvent inchangés. À Grabels, une hausse communale s’ajoute, tandis qu’à Castelnau-le-Lez, le maire réduit le taux communal. Une baisse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères est promise, sous conditions.

La mauvaise surprise se niche parfois dans une ligne que les contribuables regardaient à peine jusqu’ici : celle de la Métropole. En 2026, sa part de taxe bondit de 3 500 %.

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La Métropole fait exploser sa part

C’est le changement majeur de 2026. Le taux intercommunal de taxe foncière sur les propriétés bâties passe de 0,167 % à 5,80 %. Une hausse de 5,633 points, qui concerne les propriétaires des 31 communes et doit rapporter environ 45 millions d’euros supplémentaires à la Métropole. Pour le contribuable, c’est souvent une hausse de plus de 100 € (moins pour un petit appartement, beaucoup plus pour une grande maison).

Pour Michaël Delafosse, ce choix est nécessaire pour préserver les services publics et les investissements. "Sans cet effort fiscal, nous aurions peut-être dû fermer des piscines", illustre le président, qui défend le maintien des équipements et des politiques publiques.

À Grabels, Pascal Heymes, maire et conseiller métropolitain, partage le constat d’une situation financière sous tension. "Si tu n’augmentes pas, tu dégrades ta situation financière, les prêteurs deviennent méfiants et les taux s’envolent", estime-t-il.

Cette hausse intervient après un précédent épisode fiscal : en 2024, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) était passée de 12,35 % à 14,62 %, sans compter les bases qui se sont envolées ces dernières années.

Des communes sages et pourtant…

Dans la majorité des communes, les maires n’ont pas augmenté leur taux communal. Cela ne signifie pas pour autant que les propriétaires paieront la même somme. D’abord, les bases fiscales, calculées à partir de la valeur locative cadastrale du logement, sont revalorisées de 0,8 % en 2026. Cette hausse nationale s’applique même lorsque les taux restent inchangés.

Ensuite, il faut additionner les différentes composantes de l’avis : taux communal, taux intercommunal, taxes spéciales, taxe Gemapi et TEOM. La hausse métropolitaine pèse donc aussi sur les contribuables dont le maire n’a pas modifié sa fiscalité. À Montpellier, le taux communal reste à 52,63 %, mais la nouvelle part intercommunale s’ajoute à la cotisation.

La grogne des petits propriétaires

"En étant des petits propriétaires (juste notre logement à crédit), nous vivons une angoisse tous les ans car on voit que la facture n’arrête pas d’augmenter." Le témoignage de cette habitante de la Métropole de Montpellier résume le sentiment de nombreux signataires d’une pétition contre la hausse de la taxe foncière intercommunale, qui a recueilli quelque 7 500 signatures. Elle se trouve sur un groupe appelé : “Montpellier Métropole La Colère Gronde” et traduit une exaspération grandissante. "Ce ne sont pas 10 ou 20 € par an, soi-disant de l’inflation, ce sont 300 €", poursuit cette propriétaire, qui déplore que les élus ne s’interrogent pas davantage sur la situation des contribuables : "On subit leurs décisions."

Pour certains, la facture devient difficile à régler. Christiane raconte avoir dû emprunter pour payer sa taxe foncière l’an dernier, d’autres envisagent de quitter le territoire. "Je suis native de Montpellier et je pense quitter ma ville pour vivre ailleurs", écrit Karine. Un autre internaute affirme que la hausse va "accélérer mon déménagement hors de l’agglomération montpelliéraine".

Au-delà du montant, c’est le sentiment de payer toujours davantage qui domine. "C’est toujours les mêmes qui paient, ça commence à être un peu lourd", résume Carole. Sur les réseaux sociaux, les opposants appellent à poursuivre la mobilisation et évoquent des recours pour contester la décision. Selon le site, une manifestation est même prévue ce mardi 13 octobre, à 9 h, jour de conseil de Métropole.

À Grabels, un "fusil à un coup"

Pascal Heymes a choisi d’ajouter une hausse communale de 4,90 points à celle de la Métropole. Le nouveau maire justifie sa décision par des finances qu’il a découvertes "catastrophiques" et une situation "extrêmement dégradée". Il affirme avoir dû agir pour honorer les engagements de dépenses.

Au total, l’effet cumulé des deux hausses dépasse dix points de taux. Un effort fiscal important que l’élu présente comme exceptionnel. "On s’est engagés à ce que cela ne soit qu’un fusil à un coup. On ne pourra plus utiliser le levier fiscal", promet-il. Pascal Heymes, expert en finances des collectivités, estime que la hausse doit permettre de retrouver des marges de manœuvre. Mais il redoute aussi le "projet de loi de finances soit douloureux pour toutes les collectivités." (lire par ailleurs).

À Castelnau, le pari de baisser le taux

Julien Miro a fait le choix opposé. Dès son arrivée, le maire de Castelnau-le-Lez a réduit de 8 % le taux communal, passant de 54,11 % à 49,78 %, soit une baisse de 4,33 points. Il s’était engagé pendant la campagne à diminuer ce taux de 20 % sur l’ensemble du mandat.
"Je trouvais que cela représentait une injustice", explique-t-il, jugeant le taux précédent trop élevé par rapport aux autres communes. Il dit vouloir préserver le pouvoir d’achat et a voté contre la hausse métropolitaine. Le manque à gagner, estimé à 1,8 M€, serait compensé par l’abandon du projet de Maison du numérique, évalué à 6 M€.

Mais la baisse communale ne suffit pas à effacer la hausse intercommunale : en additionnant ces deux taux, on passe de 54,277 % en 2025 à 55,58 % en 2026, soit 1,303 point de plus. "Je préfère cela plutôt que d’attaquer le portefeuille des Castelnauviennes et des Castelnauviens", insiste le maire.

TEOM : la promesse d’une baisse de 10 %

Reste une perspective pour les contribuables : la baisse promise de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Michaël Delafosse a évoqué une diminution de 10 % à terme, à condition que les objectifs de transformation du traitement des déchets soient remplis, notamment avec la conversion d’Amétyst en unité de production de combustibles solides de récupération (CSR). La Métropole veut ainsi réduire le coût de traitement et d’exportation des déchets, aujourd’hui très élevé.

La promesse est donc conditionnelle et ne change rien à la facture de 2026. Pour les propriétaires, la hausse est immédiate ; l’éventuelle baisse de la TEOM, elle, dépendra de la réalisation du projet et de ses résultats. Et il faudra encore espérer que les bases ne suivent pas les courbes terribles de l’inflation…

Ce budget de l’État qui inquiète les élus

La hausse de la taxe foncière permettra-t-elle de desserrer l’étau budgétaire ? À peine la nouvelle fiscalité métropolitaine entrée en vigueur, une autre menace se profile : le projet de loi de finances pour 2027. Selon une estimation de France urbaine, la Métropole de Montpellier pourrait subir un prélèvement de 27 M€. Michaël Delafosse y voit une "baisse des dotations déguisée" et prévient : "Le gouvernement se tire une balle dans le pied", en réduisant les moyens des collectivités qui portent une grande part de l’investissement public.

Concrètement, l’État prévoit plusieurs leviers d’économies. D’abord, la progression de la TVA reversée aux collectivités serait limitée : cette recette, qui a remplacé une partie des impôts locaux supprimés, pourrait donc moins augmenter. Le projet prévoit aussi de réduire de 2,1 milliards d’euros les remboursements du fonds de compensation de la TVA (FCTVA), qui aide les collectivités à financer leurs investissements, en resserrant les dépenses éligibles.

En parallèle, les collectivités doivent continuer à financer leurs dépenses obligatoires : rémunération des agents, contributions sociales et retraites, prestations et services dont elles ont la charge. Si les recettes progressent moins vite que ces dépenses, la marge pour les projets nouveaux se réduit.

Pascal Heymes redoute les conséquences de cette équation : "Après avoir payé les funestes décisions d’Emmanuel Macron d’avoir supprimé la taxe d’habitation créant une inégalité entre les contribuables, beaucoup de collectivités vont devoir revoir leur budget d’investissement à la baisse." Et c’est une très mauvaise nouvelle…