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Suspectés d'avoir participé à un guet-apens et filmé l'agression à Lisle-sur-Tarn, deux jeunes hommes sont remis en liberté avant leur procès prévu en septembre

l'essentiel Attiré dans un guet-apens au bord d’une rivière, roué de coups et laissé nu dans le froid, un jeune homme avait attendu avant de porter plainte. Deux des quatre suspects mis en examen dans cette affaire, placés en détention provisoire, viennent d’obtenir leur remise en liberté sous contrôle judiciaire. Leur procès est prévu au mois de septembre 2026.

Tout avait été filmé. Le 9 novembre 2025, un rendez-vous galant avait viré au guet-apens pour Louis*. Le jeune homme, âgé de 19 ans, avait reçu un message de la jeune femme qu'il courtisait, l'invitant à la rejoindre au bord d'une rivière de Lisle-sur-Tarn.

Mais une fois arrivé sur le lieu du rendez-vous, trois individus l'attendaient. Déshabillé, roué de coups, menacé avec un couteau, le Tarnais a vécu un véritable enfer, capté par le téléphone portable de l'un de ses agresseurs avant d'être laissé seul et nu dans le froid.

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Craignant des représailles, le jeune homme a attendu avant de porter plainte. L'enquête, ouverte par les gendarmes de la compagnie de Gaillac, a permis d'identifier quatre suspects, âgés de 17 à 21 ans, et de comprendre les contours de l'agression : la jeune femme à l'origine de l'invitation se serait sentie harcelée et l'aurait confié à son frère qui aurait fait appel à trois amis pour organiser une expédition punitive contre quelques dizaines d'euros.

"La prison m'a permis de prendre du recul"

À l'issue de leur garde à vue, une information judiciaire a été ouverte et les quatre suspects ont tous été mis en examen. Deux d'entre eux ont été placés sous contrôle judiciaire tandis que les deux autres, un mineur et le frère de la jeune femme, ont été incarcérés à la fin du mois de janvier dernier.

Après six mois d'enquête approfondie, l'instruction du dossier s'est clôturée en juillet dernier et les suspects doivent être jugés devant le tribunal correctionnel d'Albi le 29 septembre prochain.

Un mois presque jour pour jour avant l'audience, le frère de la jeune femme a formulé une demande de remise en liberté devant cette même juridiction. "La prison m'a permis de prendre du recul sur ce que j'ai fait", témoigne-t-il depuis le box des prévenus.

Un jeune homme, âgé de 21 ans, dont l'expertise psychiatrique fait ressortir "beaucoup plus de positif que de négatif", appuie son conseil, Maître Abdelmadjid Nedjar, évoquant les attestations de bon comportement en détention de son client.

Placé sous contrôle judiciaire

Mais pour la procureure, Lucile Clinet, qui craint des pressions sur la victime, tous les voyants ne sont pas au vert pour laisser sortir le jeune homme en attendant son procès. "Il n'y a pas eu une particulière prise de conscience des faits", estime-t-elle au regard des différents échanges pendant l'instruction.

Mais pour Maître Nedjar, libérer son client serait une décision "cohérente et proportionnelle". L'autre suspect détenu dans le cadre de ce dossier a, en effet, été libéré au mois de juin dernier.

Après délibération, les juges font droit à la demande du jeune homme en le plaçant, lui aussi, sous contrôle judiciaire. En attendant de revenir dans cette même salle d'audience du tribunal correctionnel d'Albi, il a interdiction de sortir du territoire métropolitain et de se rendre dans le Tarn. Il devra, en outre, pointer auprès du commissariat de Toulouse une fois par semaine et a interdiction d'entrer en contact avec la victime.