Sud-est de la RDC: une enquête révèle des pollutions au dioxyde de souffre autour d'une mine de cuivre et cobalt
Dans le sud-est de la RDC, une nouvelle enquête relance les inquiétudes sanitaires autour de Tenke Fungurume Mining, qui exploite l’un des plus grands complexes de cuivre et de cobalt au monde. Des pics de dioxyde de souffre ont notamment été relevés.
Publié le : 27/09/2026 - 06:20
2 min Temps de lecture
Six mois après un premier rapport faisant état de troubles similaires autour de l’usine 30K, dans le Lualaba, dans le sud de la RDC, les exploitations de Tenke Fungurume Mining font l'objet d'une nouvelle enquête.
La nouvelle alerte vient du consortium Mazingira pour tous. À Manomapia, quartier proche de l’usine 30K, les enquêteurs rapportent un pic de dioxyde de soufre de 1 834 microgrammes par m3. Un gaz qui peut irriter les yeux, le nez et les voies respiratoires. La concentration a été calculée sur dix minutes. Cela représente 3,7 fois la valeur recommandée par l’Organisation mondiale de la santé pour cette durée.
L’étude a aussi suivi 209 personnes pendant dix-huit semaines. Parmi 103 participants de Manomapia, quatre sur dix ont signalé des irritations oculaires et près de deux sur dix des saignements de nez.
À lire aussiSud-est de la RDC: une enquête accuse le géant minier CMOC de pollutions ayant «provoqué une crise sanitaire»
Cette enquête prolonge celle publiée en mars par EIA et PremiCongo. Celle-ci affirmait avoir analysé plus de 1 200 dossiers médicaux et réalisé ses propres mesures de l’air. Elle signalait déjà des troubles similaires depuis l’ouverture de l’usine en 2023.
L'entreprise, elle, rejette les accusations de pollution. Aucun des deux rapports n’établit définitivement que TFM est responsable de chaque symptôme. L’entreprise conteste les méthodes et affirme que ses propres relevés respectent les limites applicables. TFM exploite l’un des plus grands complexes de cuivre et de cobalt au monde. Son cobalt entre, selon les enquêteurs, dans les chaînes d’approvisionnement de plusieurs constructeurs automobiles.
Les auteurs demandent donc une inspection indépendante et la publication des données de TFM. L’enjeu : permettre à l’État de départager deux versions opposées sur le coût sanitaire d’un cobalt destiné au marché mondial.