Sud Alsace. Venir au travail et repartir en train : le récit d’une semaine de trajet Mulhouse/Saint-Louis
Christine est ce que l’on pourrait qualifier « d’habituée du rail ». Elle raconte prendre le train toute l’année sur le trajet Bâle-Mulhouse. Mi-juillet 2026, elle écrit, comme d’autres usagers mécontents avant elle, que « cette année encore, la Région a de nouveau décidé de supprimer des trains pendant les congés scolaires ». Conséquence ? « Nous nous retrouvons actuellement avec des trains super bondés, pas de place, les gens sont debout et entassés dans les couloirs et la climatisation qui ne fonctionne pas. »
« Une honte de voyager dans ces conditions »
Pour l’employée préconisant les transports en commun pour se déplacer, « c’est vraiment une catastrophe pour les travailleurs et c’est une honte de voyager dans ces conditions ». Elle souligne que « les gens sont fatigués de cette situation et, franchement, pourquoi payer un abonnement si les prestations sont aussi mauvaises » ? Christine termine son propos en invitant les députés alsaciens à « prendre le train de 16 h 38 ou 17 h 08 de Bâle direction Mulhouse. Comme ça, ils pourront voir ce que c’est que de voyager dans ces conditions après huit ou neuf heures de travail ».
Nous ne sommes ni député – en juin 2026, Olivier Becht a lui-même témoigné de son trajet en TGV, lequel était tombé en panne en rase campagne –, nous ne travaillons pas davantage à Bâle. Nous avons cependant décidé de prendre le train durant la semaine du 10 août, en partant de Mulhouse tôt le matin (7 h 46) et en rentrant de Saint-Louis entre 16 h 40 et 17 h 20. Pour voir et rendre compte. En commençant par sauter dans le transport express régional (TER) en provenance de Bâle, lundi 10 août peu avant 17 h.
Peut-être que la situation est moins critique en plein mois d’août. Peut-être que nous avons eu de la chance en ce premier jour. Toujours est-il que le train n’était pas trop bondé, qu’il y avait de la place, même assise. Très peu d’air, par contre, mais des éventails – l’accessoire de l’été 2026 – à gogo pour s’en donner un peu. Et pas plus de retard que cela. De quoi affirmer que la semaine commençait plutôt bien…
Le 17 h 16, bondé jusque dans les toilettes
Deuxième essai mardi 11 août. Rien à redire sur les trajets du matin. Le 7 h 46 est à l’heure, les rames circulent avec la clim’, la compagnie est agréable. C’est une tout autre histoire avec le train du retour, le 17 h 16 aussi surnommé le « petit train », car s’arrêtant à toutes les gares entre Saint-Louis et Mulhouse. Une bonne petite suée…
Christine n’a pas menti : le train est bondé de part en part , jusque dans les toilettes. La chaleur est étouffante. Ça joue des coudes entre les vélos et les trottinettes, rien que pour rester debout. Chacun, chacune prend son mal en patience, lisant, écoutant quelque chose ou visionnant une vidéo sur son téléphone, regardant le paysage ou ses voisins, parfois le regard dans le vide. Forcément, les éventails brassent à plein régime. Les rames commencent à se désemplir après Bartenheim, nous ne sommes pas fâché d’arriver en gare de Mulhouse près de 25 minutes après être parti de Saint-Louis.
Durant le trajet en train Saint-Louis/Mulhouse du mardi 11 août 2026. Photo Pierre Gusz
Durant le trajet en train Saint-Louis/Mulhouse du mardi 11 août 2026. Photo Pierre Gusz
Varions les plaisirs, mercredi 12 août, en reprenant le « grand train » de 16 h 54. Pour de nombreux travailleurs ludoviciens qui pourraient se permettre de le prendre, celui-ci est perçu comme moins pratique, car circulant derrière le « petit train » précédent (le 16 h 47) et n’arrivant en gare de Mulhouse que cinq petites minutes après celui-ci… Mais dans des conditions somme toute plus agréables que la veille. Et en étant assis !
Trains moins bondés : l’effet mois d’août ?
Jeudi 13 août : rebelote pour le 17 h 16. Nous serrons les fesses et les aisselles, sûrs de transpirer de plus belle. Perdu ! Le « petit train » du jour est moins bondé, climatisé, avec même quelques places assises. L’effet mois d’août ? Il y a du mieux et on ne va pas s’en plaindre.
Certains jours en semaine, selon les horaires, les trains sont bien moins bondés. L’effet mois d’août ? Photo Pierre Gusz
Notre récit d’une semaine de trajets en train pour se rendre sur son lieu de travail s’arrêtera là, puisque ce vendredi 14 août, nous avons pour une fois pris le train dans l’autre sens en fin de journée, direction Bâle et le festival de musique Em Bebbi sy Jazz. Rien à redire. Sauf si la Région supprime d’autres trains, rien ne nous empêchera de retenter l’expérience et de reprendre le train prochainement : le plan de circulation habituel reprend à compter du lundi 24 août.