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Tensions à l'UDC: Zurich contre Romandie pour la succession de Parmelin

Publié18. octobre 2026, 21:47

Conseil fédéralSuccession Parmelin: guerre entre UDC romands et zurichois

Le conseiller national UDC Thomas Matter (ZH) envisage une candidature au Conseil fédéral. Mais une lutte de pouvoir se dessine surtout entre Zurich et la Suisse romande.

Jonas Bucher

Christine Talos

Après la Genevoise Céline Amaudruz, un nouvel élu UDC devrait entrer dans la course à la succession du conseiller fédéral Guy Parmelin. Le conseiller national zurichois Thomas Matter n’exclut en effet pas de se porter candidat. «J’y réfléchis», déclare-t-il dimanche au «SonntagsBlick».

Selon lui, il discute actuellement sérieusement de cette possibilité avec son épouse. Hic: lorsqu’il est entré au National il y a douze ans, il lui avait promis qu’un poste au Conseil fédéral n’entrerait jamais en ligne de compte.

Lutte entre l'UDC zurichoise et romande

Mais une lutte de pouvoir se dessine d'ores et déjà au sein de l’UDC, constate de son côté la «SonntagsZeitung». En effet, les représentants romands du parti veulent imposer Céline Amaudruz pour succéder à Guy Parmelin. La Genevoise a d'ailleurs reçu le soutien de son collègue Yvan Pahud, qui a renoncé à se porter candidat. De nombreux élus romands d'autres partis roulent en outre pour elle, espérant ainsi maintenir un siège francophone au Conseil fédéral.

Mais un autre UDC romand pourrait sortir du bois: le conseiller national fribourgeois Nicolas Kolly. Lors de l’assemblée générale de l’UDC à Bulle ce samedi, l’élu a affirmé au micro de La Télé Vaud-Fribourg qu'il n'avait pas l’ambition de devenir conseiller fédéral. Sans en exclure la possibilité. «Si j’arrive à la conclusion que ma candidature n’est pas nécessaire parce qu’il y a d’autres bonnes candidatures, très probablement, je ne me présenterai pas», a-t-il toutefois nuancé.

D'autres élus pouraient se lancer

D'autres élus pourraient encore sortir du bois cette semaine. À commencer par l'ancienne conseillère nationale et conseillère d'Etat zurichoise Natalie Rickli. Le conseiller d'Etat valaisan Franz Ruppen réfléchirait lui aussi à une candidature, tout comme le chef du groupe parlementaire UDC, Thomas Aeschi. Le conseiller national haut-valaisan Michael Graber a aussi confirmé au «SonntagsZeitung» qu'il envisageait lui aussi une candidature. Franz Grüter, conseiller national lucernois depuis 2015, n'exclut pas non plus de se porter candidat, tout comme son collègue thurgovien Pascal Schmid. Selon l'Aargauer Zeitung, le directeur de la santé argovien Jean-Pierre Gallati envisagerait lui aussi de se porter candidat. Le conseiller national argovien Benjamin Giezendanner pourrait aussi se lancer, sous réserve du soutien de l'UDC de son canton, tout comme son collègue soleurois Christian Imark. A noter que la conseillère nationale grisonne Magdalena Martullo-Blocher ne se présentera pas, tout comme le président du parti Marcel Dettling.

Les Alémaniques veulent se venger

Cela semble donc mal parti. D'autant que, selon le conseiller national UDC valaisan Jean-Luc Addor, les Zurichois du parti ne veulent pas d'un élu romand et encore moins de Céline Amaudruz. En cause: l'élection au Conseil fédéral de 2015. À l'époque, Guy Parmelin l'avait emporté face à Thomas Aeschi (ZG), favori des Zurichois. Et c'est Céline Amaudruz qui avait organisé la campagne du Vaudois... «Cela les a marqués, ils ne l'ont pas oublié», rappelle le Valaisan.

Le conseiller national Martin Haab (ZH) émet lui des réserves à l’égard de Céline Amaudruz. Il estime qu’elle n’est pas particulièrement proche du monde agricole et qu’il est difficile d’entretenir avec elle des relations collégiales. Le conseiller national bernois Thomas Knutti abonde. Il affirme lui une préférence pour un ticket composé de Thomas Aeschi (ZG) et du conseiller national haut-valaisan Michael Graber (VS).

La NZZ épingle la «talentueuse» Céline Amaudruz

Céline Amaudruz fait également l’objet de critiques dans la «NZZ am Sonntag» concernant ses conflits d’intérêts présumés et son style de management. Ancienne employée de la banque Reyl, un établissement accusé de graves dsyfonctionnements, elle a déposé six interventions parlementaires critiques envers la Finma, qui aurait épinglé l’établissement. Mais elle conteste tout lien entre ces démarches et son ancien employeur. Présidente des Minoteries SA, elle a aussi réclamé à Berne 20 millions de francs de subventions pour les légumineuses, dont son entreprise pourrait bénéficier. Enfin, d’anciens collaborateurs de l’UDC genevoise dénoncent un management autoritaire, une disponibilité exigée hors des heures de travail et une ambiance délétère. Trois employés auraient subi un burn-out. Mais la Genevoise réfute avoir porté atteinte à qui que ce soit.

Autant de candidats UDC alémaniques pour rejoindre le Bernois Albert Rösti au Conseil fédéral. Ce qui n'est pas un problème, selon le conseiller national UDC zurichois Benjamin Fischer. Selon lui, l’origine régionale ne doit pas être déterminante. Avec la Jurassienne Elisabeth Baume-Schneider et le Tessinois Ignazio Cassis, la Suisse latine est déjà représentée deux fois au gouvernement, rappelle-t-il.

Le délai pour le dépôt des candidatures au sein du parti est fixé au vendredi 23 octobre à midi. Le groupe parlementaire annoncera son ticket le 20 novembre. L'Assemblée fédérale élira enfin le ou la prochaine conseillère fédérale le 9 décembre.

Jonas Bucher

Jonas Bucher (job) est co-chef adjoint du Newsdesk chez 20 Minuten.

Christine Talos

Christine Talos (cht) est journaliste à 20 Minutes depuis 2011. Elle travaille pour la rubrique politique, au sein de la rédaction nationale.

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