Streaming: « Le piège » sur Netflix, un thriller psychologique allemand qui vous tient jusqu’au dernier épisode
Lisa Konrad, auteure à succès, n’est pas sortie de la superbe villa que lui prête son éditeur depuis dix ans. Cette année-là, sa jeune sœur a été sauvagement poignardée par un homme que Lisa a entraperçu, entre les rideaux, fuyant par le jardin. Traumatisée, elle s’est retirée du monde, avec lequel elle entretient des rapports douloureux.
Un soir de solitude (de plus), à la télé, elle reconnaît le tueur, assis tranquillement parmi d’autres journalistes, dans une salle de conférences de presse. Dès cet instant, elle n’a plus qu’une idée en tête : le piéger et le forcer à dire toute la vérité sur la nuit tragique du 5 juillet 2015. Et s’il lui faut écrire un roman pour l’obliger à sortir de l’ombre, qu’à cela ne tienne, elle le fera.
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Porté de la première à la dernière scène par la formidable Friederike Becht (La disparition de Josef Mengele), dont la ressemblance avec Winona Ryder est troublante, Le piège est une série qui vous happe, vous gobe, vous étouffe doucement comme un serpent silencieux.
Et qui ne vous laisse jamais en paix : à chaque fois que pointe un début de certitude, une étincelle d’explication, les scénaristes changent de cap et de point de vue. En ce sens, la maladie dont souffre l’héroïne sert magnifiquement le récit, puisque son trouble – qui s’affiche au sens premier du terme quand les images se floutent alentour – permet de douter de tout. À commencer par sa lucidité et ses souvenirs.
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Face à Friederike Becht, la réalisatrice Isabel Kleefeld n’a pas eu à chercher très loin son inquiétant plumitif : elle avait déjà travaillé avec Hans Löw sur Chère petite, autre série Netflix (adaptée d’un roman) qui avait marqué les esprits en 2023.
Son profil d’aigle, son regard inquiétant et, tout à la fois, sa délicatesse, en font un candidat parfait au meurtre… ou pas. Car pendant six épisodes le suspense se maintient. Mieux : la réalisatrice n’a pas recours à des scènes violentes, des poursuites, des bagarres. Ici, tout se déroule dans le huis clos feutré d’une maison devenue, pour Lisa, une prison. Et puisqu’elle ne sort pas, ce sont les autres qui viennent à elle : son agent, son éditeur, sa femme de ménage, son jardinier. Une astuce qui évite que Le piège se transforme en un interminable face-à-face entre les deux protagonistes.
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Adaptée du roman Die Falle (le piège, en allemand) de Melanie Raabe, la série n’est toutefois pas parfaite. Certaines scènes – notamment celles où Lisa, sous l’emprise de médicaments, vacille tant et plus – sont inutilement longues et, au final, assez malaisantes. C’est sans doute l’effet recherché par la réalisatrice, mais on l’aurait préféré moins appuyé.
Le piègeSérie Création Melanie Raabe Réalisation Isabel Kleefeld Avec Friederike Becht, Hans Löw, Matthias Brandt,… Netflix, 6 x 45 minutes environ
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