Stevie Wonder, un concert idéal (2ème partie) : épisode 4/4 du podcast Stevie Wonder - Soul sans frontières | France Inter
De "Superstition" à "Conversation Peace", Stevie Wonder enchaîne les chefs-d'œuvre : "Higher Ground", "Living for the City", "Village Ghetto Land", Michka Assayas suit sa liberté créative, du funk engagé aux albums des années 1980 et 1990.
« Quand vous croyez en des choses que vous ne comprenez pas, alors vous souffrez, et la superstition, ce n’est pas la bonne voie ». Le message, parce que c’en était un, au fond, que Stevie Wonder a transmis dans cette chanson universellement connue, « Superstition », qui remonte à l’année 1972, et qui a marqué un tournant, à tout point de vue, dans sa carrière. Dans le premier volet de ce, entre guillemets, concert idéal, que je lui ai consacré hier, vous avez pu entendre les sommets qu’avait déjà atteints, enfant et adolescent, celui que très vite on a cessé d’appeler Little Stevie Wonder mais Stevie Wonder tout court. Très vite, il avait pu placer dans son répertoire certaines de ses propres chansons, co-écrites avec des femmes, d’ailleurs, parolières, avec sa propre mère, puis avec la chanteuse Syreeta Wright, avec laquelle il fut brièvement marié. Pour autant, Stevie Wonder travaillait au sein d’une maison de disques, Motown. Motown, dans la ville de Détroit, la capitale de l’industrie automobile aux États-Unis, fonctionnait comme une entreprise, avec ses chaînes de fabrication, ses équipes, et, pour génial qu’il était, eh bien Stevie ne pouvait pas choisir. Ni ce qu’il enregistrait ni ce qu’il chantait, ni avec qui et comment il travaillait.
Quand il a atteint sa majorité, à l’époque, en 1971, c’était encore vingt et un ans, eh bien Stevie Wonder avait des arguments pour changer la donne. Des tubes grâce à ses propres compositions et ses propres orchestrations, on a entendu certaines hier, comme « Signed, Sealed, Delivered, I’m Yours », en 1970. Mais avec « Superstition » et l’album dans lequel figurait cette chanson, Talking Book, paru à la fin de l’année 1972, c’est une nouvelle phase qui s’est ouverte pour Stevie Wonder. Déjà, il a pu élargir la part de royalties qui lui revenaient de ses propres compositions et des droits d’édition musicale, ce qui n’allait pas de soi. Parce que, notoirement, le patron de Motown, Berry Gordy, était très gourmand. De plus, il a obtenu, ce qui intéresse davantage les auditeurs que nous sommes, le contrôle artistique intégral de ses enregistrements. Ce qui signifie que personne, chez Motown, n’avait le droit de transformer ceux-ci une fois mis en boîte, une pratique qui était alors monnaie courante.
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J’ai un souvenir vague, mais réel, de l’événement qu’a représenté la sortie de Talking Book, j’étais très jeune mais je m’intéressais déjà à tout ça. Pour la première fois, après l’album What’s Going On de Marvin Gaye, l’album d’un artiste noir américain a constitué un événement dans la jeune communauté des amateurs de rock blanc. La presse, les radios, les amateurs ont pris au sérieux l’album Talking Book, comme « livre audio » ou « livre sonore », l’accueillant avec la même considération. qu’un nouvel album de Bob Dylan, de John Lennon ou des Rolling Stones. À l’époque, c’était totalement nouveau. Sur la pochette, Stevie Wonder apparaissait assis, de biais, à même le sol, vêtu d’une robe traditionnelle africaine, dans un paysage au crépuscule, posant à côté d’une végétation basse et desséchée. Coiffé de tresses, le regard baissé, plongé dans une attitude de méditation. Une façon de montrer qu’il était désormais un jeune adulte préoccupé de sujets graves et sérieux : la politique, la société, l’existence en général, la joie, aussi, mais une joie plus profonde, peut-être. Cette chanson extraite de l’album Talking Book s’appelle « I Believe When I Fall in Love It Will Be Forever ».
Pour en savoir plus, écoutez l'émission...
À écouter
France Inter
53 min
Playlist :
Stevie Wonder
- « Superstition » album « Talking Book »
- « I Believe (When I Fall in Love It Will Be Forever) » album « Talking Book »
- « Higher Ground » album « Innervisions »
- « Living for the City » album « Number 1’s »
- « Boogie On Reggae Woman » album « Fulfillingness’ First Finale »
- « Village Ghetto Land » album « Songs in the Key of Life »
- « Same Old Story » album « Journey Through the Secret Life of the Plants »
- « Do Like You » album « Hotter Than July »
- « Free » album « Characters »
- « Conversation Peace » album « Conversation Peace »
À écouter
France Inter
60 min