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Statut marital, profession ou encore lieu de vie… Et si certains paramètres influençaient le choix de porter deux plutôt qu’un nom de famille ?

Le nom du père ? De la mère ? Des deux ? En France, les parents tendent de plus en plus à donner leurs noms respectifs à leur enfant. C’est encore loin d’une généralité, mais les occurrences sont de plus en plus nombreuses.

Quel nom de famille les Français donnent-ils à leur bébé ? En 2025, le nombre de couples qui transmettent les noms des deux parents reste minoritaire mais progresse, indiquait, jeudi 16 juillet, une étude de l’Insee. Couples non mariés, de femmes : ce choix est plus fréquent chez certains profils.

Le patronyme, une transmission qui "va de soi"

Une large majorité des bébés nés en 2025 portent uniquement le nom de leur père. Parmi ces 644 000 enfants, 77,9 % portent le nom de leur père, 15,1 % ceux des deux parents et 6,8 % celui de leur mère, la plupart de ces derniers n’ayant été reconnus que par elle, indique l’Institut national de la statistique (Insee).

Transmettre le patronyme "est une habitude tellement installée que les gens considèrent que cela va de soi", estime auprès de l’AFP Manuela Spinelli, maîtresse de conférence à l’université Rennes 2. "Les parents font au plus simple".

En France, ce n’est que depuis 2005 que la loi permet aux parents de donner à leur enfant leurs deux noms de famille, dans l’ordre de leur choix, ou un seul nom. Depuis la Révolution, seul le nom du père était transmis lorsque les parents étaient mariés ou lorsque le père reconnaissait l’enfant à la naissance.

La part des nouveau-nés recevant un double nom a toutefois progressé de près de cinq points depuis 2014 (10,3 % des bébés alors concernés). Pour Manuela Spinelli, l’évolution est liée à la diffusion des idées féministes, qui "commencent à se normaliser". Elle traduit la "volonté des mères d’être reconnues aux yeux de la société".

Parmi les enfants qui portent un double nom, dans les trois quarts des cas, le nom du père précède celui de la mère.

Le mariage, une incidence sur le choix

Les parents non mariés choisissent près de trois fois plus souvent que les mariés de donner à leur enfant un double nom (21,7 % contre 7,6 %). Dans ces couples, où les femmes se font appeler par leur nom de naissance, "le double nom permet de signaler le lien de filiation entre elles et leur enfant", explique l’Insee.

La majorité des couples de femmes donnent aussi deux noms à leur enfant (59,9 %). Une situation favorisée par la législation, qui la prévoit par défaut. Mais cela permet aussi "de rendre visible le lien de filiation entre l’enfant et chacune de ses deux mères".

Pour les enfants nés en 2025, 20,8 % de ceux dont la mère a moins de 20 ans portent un double nom, tout comme 12,8 % de ceux dont la mère a entre 25 et 29 ans et 20,5 % de ceux dont la mère a 40 ans ou plus. Les mères les plus jeunes sont moins souvent mariées au père de leur enfant et vivent moins souvent avec lui, ce qui peut les motiver à rendre visible leur filiation, estime l’Insee.

La profession, autre élément d’influence ?

Les mères qui exercent une profession scientifique, de cadre de la fonction publique ou de l’information, des arts ou des spectacles donnent près de deux fois plus souvent un double nom à leur nouveau-né que celles qui exercent une autre profession (31,5 %, contre 16,6 %).

Celles qui travaillent dans les sciences, l’information ou les arts "sont plus susceptibles d’acquérir une reconnaissance sociale fondée sur leur nom", analyse l’Insee. Elles peuvent davantage vouloir le transmettre dans la mesure où il "constitue une dimension importante de leur identité".

Des différences géographiques

La transmission d’un double nom est plus fréquente lorsque la mère réside dans le Sud-Ouest ou en Corse : elle concerne 26,9 % des nouveau-nés dans les Pyrénées-Atlantiques, 24,7 % dans les Landes et les Pyrénées-Orientales et 22,8 % en Corse-du-Sud.

En ce qui concerne les Pyrénées-Atlantiques, cette situation peut être liée à "la pratique autrefois répandue" de désigner "les individus par deux noms", dont l’un pouvait être celui de la mère ou de son lieu d’habitation, relève l’Insee.

À l’inverse, le double nom est moins souvent attribué dans les départements du Nord et de l’Est, avec, par exemple, une part de 10,8 % dans le Territoire de Belfort ou de 12,1 % dans le Pas-de-Calais.