Sophie et Fabien sont vétérinaires et passionnés de photo animalière : ils ont réussi à capturer le "fantôme de la forêt"
Fabien et Sophie Pékus-Bodart parcourent l'Afrique depuis 2019. Leur objectif ? Immortaliser des espèces animales rares et méconnues. Ils sont tous les deux diplômés de la faculté de médecine vétérinaire de l'ULiège. Le couple a travaillé pendant 20 ans, Fabien le plus souvent dans les fermes, tandis que Sophie s'occupait plutôt des chiens et chats.
Mais depuis 2019, ce sont le mandrill, le pangolin à ventre blanc, le calao à casque jaune, la gazelle dama, l'oryx, l'aigle huppard et tant d'autres espèces exotiques qui occupent leur quotidien. Pas pour les soigner, mais pour les immortaliser en photo.
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Fabien était passionné d'oiseaux
"Pendant 25 ans, on avait déjà beaucoup voyagé pour faire de la photo animalière, raconte Sophie. Mon mari, passionné d'oiseaux le faisait déjà avant qu'on se rencontre. Et puis, je lui ai ouvert l'esprit sur d'autres animaux."
Lorsque, par un matin pluvieux d'octobre 2019, ils embarquent dans leur Toyota 4x4 aménagé en direction du continent africain, c'est avec l'intention commune de photographier toutes les espèces sans distinction. Mais avec un point commun entre toutes : elles font partie des plus méconnues, celles dont on dispose le moins d'images.
Photographe animalier, Arnaud "capture" 16 chevreuils près de Waremme: "C'est le fruit de la persévérance"Fabien et Sophie ont voyagé des dunes du Sahara aux jungles du Congo
Leur voyage les a déjà menés des dunes du Sahara, où ils ont traqué le chat des sables, la gazelle de Rhim ou le crocodile du désert, jusqu'aux jungles denses du bassin du Congo où ils sont parvenus à capter des images d'éléphants de forêt, de gorilles de plaine et de bonobos.
Ils ont aussi fait cette rare rencontre avec le kipunji, une espèce de singe découverte par les scientifiques en 2003 seulement et que personne avant eux n'avait encore réussi à photographier avec une telle qualité d'image.

"Notre richesse, c'est d'avoir le temps"
Il faut dire que Sophie et Fabien sont tenaces. Après avoir étudié le mode de vie du petit primate, surnommé le "fantôme de la forêt" par les locaux, ils ont observé les arbres, repéré les endroits où l'animal allait se nourrir, puis se sont mis en planque avec leurs appareils photo à l'endroit qui leur donnerait le meilleur point de vue. Des jours entiers de patience et de progression difficile dans l'épaisseur de la jungle.
"Notre richesse c'est d'avoir le temps", dit Fabien. Il est vrai que si le couple de vétérinaires belges sait où il va, il n'a programmé aucune date de retour vers la vie d'avant. "Tant qu'on est capable de le faire", sourit Sophie, prête à repartir d'ici quelques semaines dans l'espoir de photographier l'okapi dans les forêts de la RDC.
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Les deux amoureux de nature y répéteront le mode opératoire qu'ils appliquent inlassablement depuis 6 ans (avec un bref intermède dû à la pandémie de covid 19) pour chaque animal dont ils veulent figer un instant de vie. Afin qu'ils ne restent pas dans l'inconnu où ne tombent dans l'oubli, se sont-ils promis.
"Il y a tellement d'espèces qui disparaissent avant même qu'on ne les connaisse", souffle Fabien.
Sophie et Fabien ont parcouru 21 pays d'Afrique
Leur première "prise" d'exception, la gazelle des dunes (ou de Rhim) est d'ailleurs proche de l'extinction. Mais après 3 semaines de patience à arpenter le Grand Erg oriental, en Tunisie, elle est pourtant apparue durant une minute dans l'objectif des deux photographes naturalistes.
C'était un des premiers moments magiques du voyage, avant des centaines d'autres vécus au fil de leurs pérégrinations dans les coins les plus reculés de 21 pays du continent africain. Une aventure qui va bientôt reprendre en Afrique et, dans les années à venir, en Asie et en Amérique du Sud, toujours à l'affût d'animaux extraordinaires.
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"Le fil d'Ariane de notre aventure restera effectivement ces espèces rares et méconnues, mais également tous les autres animaux et paysages magnifiques que nous découvrons", dit Fabien. Mais au fil de ces 6 années passées sur les pistes et dans les forêts africaines, une autre dimension s'est imposée, ajoute-t-il "Ce voyage, c'est aussi des rencontres incroyables avec les gens." Confirmation que cette immersion en terre animale est aussi une incroyable aventure humaine.

Trois mois de pirogue sur la rivière Moa, en Sierra Leone. C'est le temps qu'il aura fallu à Sophie et Fabien pour parvenir à obtenir des clichés du très rare et très discret hippopotame pygmée. "Les locaux nous prenaient pour des fous quand on leur a expliqué qu'on voulait photographier cet animal, rigole Sophie. Même les pêcheurs qui sont sur la rivière tous les jours ne l'avaient plus vu depuis près de deux ans."

Sophie et Fabien publient un livre sur le Mahli (Grand Homme)
Cette rencontre extraordinaire valait bien un livre sur le Mahli – "Le Grand Homme" en mendé, la langue de cette région du sud-est de la Sierra Leone – qui hante l'imaginaire des riverains de la Moa. Tantôt démon cracheur de feu, tantôt esprit gardien du fleuve.
C'est son histoire et le récit d'une aventure naturaliste sur ses traces que Fabien et Sophie racontent dans ce livre qui sera évidemment richement illustré avec des photographies d'une des dernières forêts inondables d'Afrique de l'Ouest.
Disponible à la fin de l'année, Mahli, l'esprit de la Moa peut déjà être précommandé (45 euros) via ce lien : https://dashbook.fr/book/mahli
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