"Son absence sera immense, sa voix, elle, continuera de porter"... Le Mémorial de Rivesaltes rend hommage à Tony Gatlif, décédé deux semaines avant sa venue au festival Courts Circuit
Le cinéaste Tony Gatlif, connu pour ses films sur les exclus et la culture gitane, est décédé à 77 ans à Arles, a annoncé sa famille. Il devait participer le 17 septembre au festival Courts Circuit au Mémorial de Rivesaltes. La soirée, maintenue, se transformera en hommage à son œuvre et son engagement.
Il était le cinéaste des exclus, des marginaux, des gens du voyage… Le déplacement, la fuite, l’exil sont souvent revenus dans les films de Tony Gatlif reflétant sa propre trajectoire entre l’Algérie et la France. Chantre de la culture gitane avec une vingtaine de films – dont l’indispensable Gadjo Dilo –, Tony Gatlif est décédé, mercredi, à 77 ans, selon une annonce de sa famille à l’AFP, ce vendredi 4 septembre.
Selon sa famille, qui a loué "sa générosité, sa joie, sa poésie et son amour de la musique", Tony Gatlif est décédé à Arles, dans les Bouches-du-Rhône, d’un problème de santé alors qu’il travaillait sur un projet de film historique.
Son décès résonne un peu plus qu’ailleurs dans le département des Pyrénées-Orientales où Tony Gatlif était attendu le 17 septembre prochain pour une étape du festival itinérant Courts Circuit au Mémorial de Rivesaltes.
Une immense tristesse
Sur leurs réseaux sociaux, les équipes du festival et du Mémorial évoquaient leur "immense tristesse". "Tony Gatlif devait être l’un des grands invités de cette 7e édition de Courts Circuit 66, le 17 septembre prochain au Mémorial du Camp de Rivesaltes, pour une soirée que nous avions imaginée autour de la mémoire tsigane, de son histoire, de sa transmission et de son cinéma".
Durant cette soirée, son film Liberté, consacré à la persécution des Tsiganes en France pendant la Seconde Guerre mondiale, devait être diffusé avant des échanges "avec lui autour de cette mémoire trop longtemps tue". "Cette rencontre n’aura malheureusement jamais lieu comme nous l’avions imaginée", déploraient les organisateurs de ce moment qui est toutefois maintenu. "Nous avons décidé, avec beaucoup d’émotion, de maintenir la soirée du 17 septembre. Elle prendra évidemment un autre sens".
"Cette soirée deviendra un hommage à Tony Gatlif, à son cinéma, à ses combats et à la mémoire qu’il n’a cessé de faire vivre à travers ses films. Durant toute son œuvre, Tony Gatlif aura filmé celles et ceux que l’histoire et les sociétés ont trop souvent laissés à leurs marges. Les Tsiganes et les Roms, bien sûr, mais aussi l’exil, les frontières, les identités, la musique, la liberté et la transmission".
"Le recevoir à Rivesaltes, dans ce lieu chargé d’histoire et de mémoire, avait pour nous une force toute particulière", évoquaient les organisateurs. "Il n’y sera pas là physiquement, mais sa présence, sa voix, son œuvre et son engagement résonneront plus que jamais entre ces murs", précisait encore le Mémorial. "Le 17 septembre, au Mémorial du camp de Rivesaltes, nous penserons à Tony Gatlif et à tout ce qu’il nous laisse. Notamment à son témoignage précieux dans notre nouveau parcours permanent. Son absence sera immense. Sa voix, elle, continuera de porter".