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Solitude : ces 10 habitudes anodines qui vous isolent, selon les psychologues

Vivre surtout seule ne veut pas forcément dire souffrir, mais beaucoup finissent par se réveiller avec cette idée qui serre le ventre : "je finirai peut-être ma vie seule". En France, plus de 40 % des personnes disent ressentir la solitude, avec un pic à 62 % chez les 18-24 ans.

La Fondation de France distingue l’isolement social, objectif, de la solitude, ce ressenti intérieur qui peut frapper même entourée. Quand la vie devient principalement isolée, ce ne sont plus seulement les circonstances qui pèsent, mais une série de petites habitudes qui resserrent le cercle et finissent par donner l’impression qu’il vaut mieux rester à l’écart.

Solitude subie : quand les habitudes prennent le pouvoir

Quand les cercles de sociabilité se réduisent, la solitude grimpe : le Crédoc estime que 17 % des personnes ayant au moins deux cercles (famille, collègues…) se sentent seules, contre 27 % quand ces cercles disparaissent. Des équipes à Cambridge et Vienne ont aussi montré que huit heures passées isolée épuisent autant que huit heures sans manger.

Pour la psychologue Julianne Holt-Lunstad, de l’Université Brigham Young, une solitude prolongée augmente le risque de décès prématuré autant qu’une consommation d’environ 15 cigarettes par jour ; développer des liens sociaux ferait chuter ce risque de 50 %. L’OMS a aussi relevé, après les confinements, une hausse de 25 % des dépressions et anxiétés.

10 habitudes qui entretiennent la solitude sans qu’on s’en rende compte

Dans ce contexte, certaines habitudes qui entretiennent la solitude reviennent souvent chez les personnes qui mènent une vie isolée. Elles paraissent anodines, mais coupent peu à peu l’élan vers les autres :

  • Dire non aux invitations "par fatigue" presque systématiquement.
  • Éviter les petits échanges avec voisins, commerçants, collègues.
  • Reporter les messages, laisser les amitiés se faner.
  • Penser d’emblée que l’on dérange ou n’intéresse personne.
  • Rester sur des conversations superficielles, sans jamais se livrer.
  • Rejouer chaque échange en boucle, traquer la moindre bourde.
  • Vouloir tout gérer seule, ne jamais demander d’aide.
  • Garder les mêmes routines, lieux et trajets.
  • Se réfugier surtout dans des loisirs solitaires ou les écrans.
  • Négliger sommeil, repas et mouvement, manquer d’énergie sociale.

À force, l’entourage invite moins, les occasions de rencontre se raréfient et ces comportements semblent confirmer l’idée de départ : "je suis mieux seule". Les psychologues parlent de pensées automatiques. La bonne nouvelle, c’est qu’il ne s’agit pas de traits figés, mais de schémas que l’on peut travailler et alléger.

Desserrer l’étau : micro-gestes et aides possibles

Les thérapies cognitivo-comportementales invitent à changer sans se brusquer. Retrouver 7 à 8 heures de sommeil, des repas réguliers et un minimum de mouvement aide déjà. On peut aussi se fixer un micro-geste par jour : répondre à un message en attente, dire oui à une invitation, rejoindre un atelier ou un groupe autour d’un loisir.

La psychologue Anne-Laure Martin rappelle que "la solitude n’est pas une fatalité" et dépend aussi de notre façon de nous positionner. Si la tristesse dure, que l’on ne se reconnaît plus ou que des idées noires s’installent, un médecin ou un psychologue peuvent aider. En cas de détresse aiguë, le 3114, ligne nationale de prévention du suicide, répond 24h/24.

Sources