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Social. « Une journée noire » : comment l'exécutif se prépare aux manifestations de ce samedi

Le Premier ministre a d’ores et déjà dit « redouter de la violence ». « Nous n’arrivons plus à avoir une manifestation dans ce pays, ces derniers temps, sans avoir des mouvements violents qui s’insèrent dans les cortèges », a regretté Sébastien Lecornu, pointant la responsabilité de « l’ultragauche, parfois l’ultradroite ». Mais c’est bien la première qui inquiète le ministre de l’Intérieur pour ce samedi de convergence entre gilets jaunes, syndicats et lycéens. Sur le terrain, la tâche s’annonce complexe pour les policiers et gendarmes, qui vont devoir composer avec des centaines de rassemblements et manifestations dont un certain nombre n’a pas fait l’objet de déclaration en préfecture - comme au plus fort du mouvement des gilets jaunes. « Une journée noire », a prédit sur BFMTV le secrétaire général d’Alliance police nationale Fabien Vanhemelryck, qui craint de nouvelles violences contre les forces de l’ordre.

Place Beauvau, des débordements sont déjà anticipés, surtout dans les grandes villes. Laurent Nuñez a autorisé les grenades assourdissantes, dont l’usage est suspendu uniquement pour le mouvement des lycéens, après la grave blessure d’un adolescent à Lens, qui a eu la main arrachée par un engin de ce type. « Les actions de blocages sur des axes structurants et des équipements majeurs, importants, essentiels ne seront pas tolérées », ajoute l’entourage du ministre, mais « les expressions pacifiques seront encadrées et sécurisées ». Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a pour sa part demandé aux magistrats « une réponse pénale ferme » et « un traitement diligent » des procédures liées aux dégradations et violences.

Emmanuel Macron « appelle au calme » avant les manifestations

Emmanuel Macron a lancé ce vendredi, depuis Bruxelles, un appel « au calme » à la veille des manifestations du 17 octobre prévues en France, estimant que le « droit de manifester » doit s'accompagner du « respect » sans « insulter » ni « casser ». Le droit de manifester « pleinement respecté » va avec « le respect des personnes et le respect des biens, et donc de ne pas insulter et de ne pas casser. Et donc j'appelle au calme et au respect pour préserver ce droit », a déclaré le chef de l'État.

Une cinquantaine d'actions à Paris

À Paris, gilets jaunes et syndicats ont fait part de leur volonté de défiler entre Opéra et Bastille auprès de la préfecture de police (PP), laquelle a d'ailleurs pris vendredi des arrêtés d'interdiction de manifester samedi dans plusieurs secteurs stratégiques de la capitale, autour de l'Élysée, de Matignon et incluant les Champs-Elysées, et modifié le parcours de ce cortège, qui reliera finalement la place de la République à celle de Clichy. Selon la PP, il existe des « risques sérieux » que des manifestants « violents » du mouvement étudiant Interfac Île-de-France ne viennent s'y greffer. Le collectif, qui s’est vu refuser ses parcours « vers les lieux de pouvoir », sera lui autorisé à manifester uniquement de la place de la République à Nation. Mais on ignore s’il va s’y plier.

Or, la préfecture de police s’en méfie tout particulièrement. « Les événements du 13 octobre ont démontré la présence, au sein du cortège Interfac IDF, de plusieurs centaines d’individus violents, déterminés à affronter les forces de l’ordre, piller les commerces, dégrader le mobilier urbain et nuire à la tranquillité de tous », fustige la PP, qui précise que sa position « est constante : protéger la liberté de manifester, protéger les personnes et les biens et empêcher les violences ». Au total, une bonne cinquantaine d’appels à diverses actions sont recensés dans la capitale, dont un avenue Gabriel, à proximité immédiate du palais de l’Élysée, que la préfecture de police a interdit.