Six crises majeures qui ont marqué la présidence d'Emmanuel Macron
Publié15. octobre 2026, 14:13
FranceSix crises majeures qui ont marqué la présidence de Macron
Alors que le président français arrive au terme de son deuxième mandat, retour sur les crises qui ont émaillé sa présence à l'Élysée.

La mobilisation des lycéens et étudiants, de même que les appels à raviver samedi, en France, le mouvement des gilets jaunes, s’inscrivent dans une longue série de crises politiques et sociales depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à la présidence en 2017.
Gilets Jaunes
Cette mobilisation antigouvernementale, initialement contre la hausse des taxes sur les carburants, mobilise près de 300 000 personnes le samedi 17 novembre 2018, à travers le pays. Les manifestants occupent des ronds-points et bloquent des routes.
Après plusieurs samedis de violences, Emmanuel Macron cède à certaines revendications: il fait marche arrière sur la hausse des taxes sur les carburants, les tarifs de l’électricité et du gaz sont gelés, le salaire minimum est revalorisé.
Le mouvement, qui décroît à partir du printemps 2019, est marqué par 11 morts en marge des mobilisations (accidents routiers, malaises, etc.), 23 éborgnés et quelque 2500 blessés parmi les manifestants ainsi que 1800 blessés chez les forces de l’ordre.
Retraites
Début 2023, le projet impopulaire du camp présidentiel de repousser de deux ans, à 64 ans, l’âge légal de départ à la retraite, suscite une mobilisation de plus de trois mois. Les cortèges dépassent trois fois 1,2 million de personnes, selon la police. Des raffineries, transports, et ports sont bloqués. La grève des éboueurs transforme des trottoirs parisiens en poubelles à ciel ouvert.
La Première ministre Élisabeth Borne actionne l’article 49.3 de la Constitution pour adopter, sans vote, la loi sur les retraites, malgré de multiples recours devenus fréquents dans une Assemblée nationale où le président ne dispose que d’une majorité relative depuis sa réélection en 2022.
Émeutes urbaines après le meurtre de Nahel
Le 27 juin 2023, des violences urbaines éclatent dans le pays après la mort de Nahel, un jeune de 17 ans tué par un tir policier, lors d’un contrôle routier en région parisienne.
Les émeutes mobilisent 45 000 policiers durant cinq nuits successives, avec près de 4 000 interpellés. Emmanuel Macron annonce un projet de «loi d’urgence» pour accélérer la reconstruction dans les villes touchées par les destructions.
Colère des agriculteurs
À l’automne 2023, des agriculteurs d’Occitanie (sud-ouest) retournent des centaines de panneaux signalétiques sur fond de colère contre la hausse annoncée de la taxation du gazole non routier ou les retards d’aides européennes. Début 2024, les puissants syndicats agricoles lancent des actions coups de poing: blocage d’autoroutes, convois de tracteurs vers Paris, ou déversement de fumier devant des lieux symboliques.
Un an plus tard, le vase déborde à nouveau: l’instabilité gouvernementale retarde les mesures attendues par une profession confrontée à sa pire récolte de blé en 40 ans, à des vendanges en chute libre et à des maladies bovines et ovines dévastatrices. La loi d’orientation agricole, adoptée début 2025, calme temporairement les manifestations. Mais le débat reflambe quelques mois plus tard autour de l’accord de libre-échange UE-Mercosur.
Dissolution et instabilité
Le 9 juin 2024, le parti d’extrême droite Rassemblement national (RN) arrive en tête des élections européennes avec 31% des voix. Dans la foulée, le chef de l'État dissout, à la surprise générale, l’Assemblée nationale, convoquant des législatives anticipées.
Le RN réalise un score historique et devient le premier parti en nombre de députés, avec 119 élus (et trois apparentés), tandis que le camp présidentiel perd sa majorité relative.
S’ouvre une période d’instabilité politique marquée par la censure du gouvernement de Michel Barnier, puis la démission du gouvernement de François Bayrou. Chargé de former un nouvel exécutif, Sébastien Lecornu jette une première fois l’éponge, avant d’être reconduit et d’y parvenir.
Jeunesse
Démarrés mi-septembre 2026 dans la région parisienne, les blocages de lycées essaiment à travers la France, dénonçant la pression de la plateforme d’orientation Parcoursup, le manque d’enseignants, la dégradation des bâtiments scolaires et des emplois du temps chargés. Le mouvement gagne progressivement les universités.
Des épisodes de violences accompagnent cette séquence, touchant grièvement des mineurs et faisant des blessés parmi les forces de l’ordre. Le défenseur des droits, chargé de veiller au respect de la déontologie par les forces de l’ordre, reçoit des dizaines de saisines, tandis que la police des polices ouvre de nombreuses enquêtes.
La posture de fermeté initialement affichée par l’exécutif cède peu à peu la place à des réponses plus politiques, comme le déploiement en urgence de 3 000 professeurs remplaçants dans les lycées où la situation est la plus critique.
(les/yb)

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