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Deux expositions à Sion célèbrent 'Le nom de la rose' d'Umberto Eco

A Sion, les Arsenaux et la Maison du Diable accueillent deux expositions consacrées au 'Nom de la rose'. L'occasion de plonger dans l'univers du chef-d'œuvre littéraire d'Umberto Eco et de découvrir ses multiples interprétations artistiques, du film de Jean-Jacques Annaud à la BD de Milo Manara.

'Le nom de la rose', publié en 1980, est bien plus qu'un roman policier médiéval. Umberto Eco y explore les rapports entre le savoir et le pouvoir, le bien et le mal, la foi et la raison, et explore les dangers du fanatisme.

Situé en 1327, ce roman historique et philosophique vendu à des millions d'exemplaires raconte l'enquête du moine franciscain Guillaume de Baskerville et de son novice Adso, narrateur de l'histoire, dans une abbaye bénédictine du nord de l'Italie. Plusieurs moines y sont alors assassinés. En cherchant la vérité, Guillaume découvre un mystérieux secret lié à la bibliothèque et à un livre interdit.

Un film culte sorti il y a quarante ans

Aux Arsenaux de Sion, les visiteurs peuvent découvrir jusqu'au 15 juillet les secrets de la réalisation du film culte signé Jean-Jacques Annaud sorti il y a exactement quarante ans, avec Sean Connery dans le rôle de Guillaume de Baskerville. Photos de tournage, contrats d'acteur, plans et documents de production témoignent de l'ampleur du projet, entièrement réalisé sans outils numériques.

>> A lire aussi, notre grand format de 2016 sur les coulisses du film : "Le Nom de la rose", les coulisses

"'Le nom de la rose' est le dernier film de l'histoire du cinéma réalisé sans moyens digitaux, sans ordinateurs. Tout est fait à la main. [...] L'exposition présente aussi les documents préparatoires de Jacques Le Goff, l'un des plus grands médiévistes, dans lesquels il passe en revue absolument tout, les costumes, les tables, les détails. Je crois que l'on a dix-neuf classeurs fédéraux avec uniquement cela", indique dans l'émission Vertigo du 9 juillet Stéphane Marti, président de la Fondation Fellini, qui chapeaute les différentes expositions.

>> A écouter, l'interview de Stéphane Marti à propos des deux expositions valaisannes dédiées au 'Nom de la rose' :

Stéphane Marti, président de la Fondation Fellini. [Fondation Fellini]Fondation Fellini

L'invité: Marti Stéphane, Fondation Fellini "Le Nom de la rose" fête un double anniversaire / Vertigo / 26 min. / jeudi à 17:06

Des caméras inutilisables

L'exposition met aussi en lumière le travail titanesque du réalisateur français, qui assura tout le travail d'écriture (le scénario a été récrit dix-sept fois), et revient sur le tournage épique qui vit notamment certaines caméras brûler lors de la scène finale, quand le décor de sept étages de l'abbaye est entièrement détruit pour les besoins du scénario.

>> A voir, cet extrait de Spécial cinéma de 1985, dans lequel Umberto Eco s'exprime au sujet du film de Jean-Jacques Annaud :

"Le film n'est pas mon enfant, mais je pense qu'il sera un bel enfant", disait Umberto Eco au sujet du film "Le Nom de la rose"

"Le film n'est pas mon enfant, mais je pense qu'il sera un bel enfant", disait Umberto Eco au sujet du film "Le Nom de la rose" / L'actu en vidéo / 2 min. / le 20 février 2016

Les archives de l'Etat du Valais enrichissent également l'exposition en proposant des manuscrits médiévaux rares, dont une Bible enluminée des XIe-XIIe siècles et des procès en sorcellerie du XVe siècle. "En Haut-Valais, il y avait de grands inquisiteurs, de la torture. C'était 'Le nom de la rose' à l'échelle 1:1", relève Stéphane Marti. "Et ce qui est tout à fait extraordinaire, c'est que ces manuscrits sont tous enluminés, avec une écriture magnifique. Il y a un contraste énorme entre toute cette beauté et le contenu, qui est assez terrifiant. Ces éléments-là, qui relèvent de l'histoire de notre canton, sont aussi là pour dialoguer avec les documents du film de Jean-Jacques Annaud."

'Le nom de la rose' en bande dessinée

A la Maison du Diable, l'exposition met quant à elle en lumière les planches originales des deux volumes de la bande dessinée 'Le nom de la rose' de Milo Manara, parus en 2023 et 2025 dans leurs éditions originales.

L'artiste italien, chef de file mondial de la bande dessinée érotique, propose une nouvelle interprétation du roman, distincte de celle du film.

Une vue de l'exposition 'Milo Manara, Umberto Eco, Le nom de la rose', à La Maison du diable, espace culturel de la Fondation Fellini. [Fondation Fellini - Stéphane Marti]
Une vue de l'exposition 'Milo Manara, Umberto Eco, Le nom de la rose', à La Maison du diable, espace culturel de la Fondation Fellini. [Fondation Fellini - Stéphane Marti]

On peut admirer quarante planches originales, en grand format, avec des bulles encore vides d'écriture, le tout en gris, noir et brun. "C'est très impressionnant parce que c'est agrandi et cela permet de voir combien Milo Manara est un grand maître. Il fait penser au Caravage avec ses portraits incroyables de personnages et ses gros plans", souligne Stéphane Marti.

L'exposition montre également le lien entre les dessins d'Umberto Eco, qui avait notamment dessiné la bibliothèque labyrinthique du 'Nom de la rose' ainsi que des personnages, et ceux de Milo Manara.

Propos recueillis par Anne Laure Gannac

Adaptation web: Melissa Härtel

Exposition 'Milo Manara, Umberto Eco, Le nom de la rose', Espace culturel de la Fondation Fellini - La Maison du diable, Sion, jusqu'au 2 septembre 2026.

Exposition 'Le nom de la rose 1986-2026' avec des manuscrits de l'Etat du Valais et des documents du film de Jean-Jacques Annaud, Les Arsenaux, Sion, jusqu'au 15 juillet 2026.