« Si tu penses bien » : la critique d’un film nécessaire sur l’emprise psychologique
Monia Chokri et Niels Schneider dans « Si tu penses bien » de Géraldine Nakache.
© Liaison Cinématographique – Pan Cinema - Artémis Productions – Les Productions du Ch’timi / N/C
Léa Bitton 16/09/2026 à 14:17, Mis à jour le 16/09/2026 à 14:37
Géraldine Nakache signe une œuvre touchante et terriblement juste avec « Si tu penses bien » dans lequel Monia Chokri est prisonnière d’une relation amoureuse avec Niels Schneider.
Le synopsis
Partie se changer les idées à Dubaï après la mort de sa cousine, Gil y croise la route de Jacques. Leur amour est évident et une grossesse survient très vite. Jacques pousse Gil à garder l’enfant, le couple se marie, et leur fille Thaïs naît. Croyante mais peu pratiquante, Gil se plie alors aux exigences religieuses de son mari, très pieux. Tout commençait pourtant comme un conte de fées…
La critique (4/5)
Difficile de ne pas penser à « Mon roi » de Maïwenn ou à « L’Amour et les forêts » de Valérie Donzelli. Géraldine Nakache suit le même schéma insidieux de l’emprise, mais ajoute dans « Si tu penses bien » une singularité qui fait sa force : celle du judaïsme, convoqué à la fois comme un instrument d’emprise supplémentaire de Jacques sur Gil, et comme un possible levier de délivrance.
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La réalisatrice réussit à ne pas tomber dans le spectaculaire et filme la toxicité dans ce qu’elle a de plus quotidien. Géraldine Nakache s’appuie sur les rythmes du mikvé - ce rituel de purification que les femmes juives pratiquent chaque mois après leurs menstruations, en se plongeant dans l’eau - pour révéler la partie immergée de l’iceberg et rythmer le récit.
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Seize ans après « Les amours imaginaires » de Xavier Dolan, Monia Chokri et Niels Schneider brillent de nouveau ensemble. La Québécoise livre une interprétation sobre et nuancée, qui restitue avec précision les sentiments contradictoires traversant son personnage. Le Franco-canadien incarne, quant à lui, avec brio, l’archétype de l’homme dangereux : beau et charismatique, mais capable de basculer en un instant de la douceur à la brutalité. Mention spéciale à Clémentine Célarié, impeccable dans le rôle de la mère de Gil, qui apporte au récit quelques-uns de ses instants les plus justes.
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De Géraldine Nakache
Avec Monia Chokri, Niels Schneider
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