Show de la mi-temps, cérémonie de remise du trophée : la Coupe du monde se ferme comme elle s'est ouverte, entre polémiques et petits arrangements
Là où il n'y a pas de gêne, il n'y a pas de plaisir. Donald Trump ne se gêne pas, et manifestement il prend du plaisir à monopoliser l'attention en même temps qu'il écrase les autres, tel un président tout-puissant.
Dimanche, au terme de la finale de la Coupe du monde la plus chargée en polémiques de l'histoire, le président américain va s'inviter durant la cérémonie protocolaire pour remettre le trophée au capitaine vainqueur, Lionel Messi ou Rodri.
Un chef d'État est une des rares personnalités autorisées à toucher le trophée, en dehors du cadre sportif, uniquement s'il est du côté du vainqueur. Trump ne l'est évidemment pas, mais il va tout de même s'imposer dans le décor, comme il l'avait fait lors de la finale de la Coupe du monde des clubs, l'été dernier, au point de provoquer l'incompréhension de Reece James, le capitaine de Chelsea.
Le protocole de la fédération internationale est carré, mais il peut avoir quelques ratés, ou des adaptations pour "faire plaisir" manifestement. Le dernier exemple en date est la mi-temps de la finale. La pause ne peut durer plus de quinze minutes, c'est réglementé (par l'Ifab, garante du jeu).
Mondial 2026: Donald Trump peut-il gâcher la fête? "Avec lui, on ne sait jamais ce qui peut se passer…"Mais vu qu'on est États-Unis, on tord un peu plus le règlement. Comme c'est la tradition au Superbowl, finale du championnat de football américain, un spectacle de onze minutes, sur la pelouse, est programmé. Avec le montage et le démontage de la scène, même express, le quart d'heure sera dépassé.
La FIFA, une fois de plus dans ce tournoi, va céder aux exigences américaines, dans le plus grand mépris des joueurs. Les spectateurs, au moins, en auront pour leur argent, et à plus de 4000 € la place la moins chère, ça vaut mieux.
Un concentré en une édition des polémiques passées
Le tournoi qui va se refermer rappelle d'autres polémiques du passé, mais l'impression est que l'édition américaine a cumulé l'intégrale de tout ce qui est possible. Morceaux malheureusement choisis…
L'environnement était la grande affaire du Qatar 2022 ? Les USA ont battu tous les records de pollution, avec un président de la FIFA qui a pris l'avion comme on prend la voiture pour aller d'un match à l'autre dans un tournoi plus gigantesque que jamais, et en attendant un tournoi à 64 équipes…
En 2018, Vladimir Poutine, mi-chef d'État mi-chef de guerre, s'était retrouvé dans le vestiaire de la France pour fêter le succès des Bleus aux côtés d'Emmanuel Macron ; Trump ne sera sans doute pas dans le vestiaire des vainqueurs (et encore, on n'est jamais certain de son action…), mais sa remise du trophée, après avoir obtenu le prix de la paix, originalité de la FIFA, dit assez de son influence et de son egotrip…
"C'est inédit et hallucinant": racisme décomplexé, FIFA silencieuse, le Mondial 2026 s'annonce comme le plus politique de l'HistoireEn 1978, enfin, la théorie d'un arrangement entre amis pour permettre à l'Argentine de décaler son dernier match de poule afin de jouer contre le Pérou en sachant par combien de buts il devait gagner pour prendre la première place, rappelle furieusement le coup de fil de Trump pour obtenir l'annulation de la carte rouge de Folarin Balogun pour le 1/8 de finale contre la Belgique.
La folie, la bêtise et l'égocentrisme réunis
Dans le grand livre de l'histoire de la Coupe du monde, il sera difficile de dissocier le sportif de la polémique pour commenter cette 23e édition, qui avait débuté par le renvoi, dans son pays, d'Omar Artan, arbitre somalien, alors que les interdictions d'accès au territoire américain à certains supporters voire membres de délégations officielles ont été nombreuses, avant le tournoi et encore au début.
Le "sommet" a été atteint avec les conditions de voyage et de séjour de la sélection d'Iran, tolérée quelques heures aux USA le temps de jouer ses rencontres, notamment contre la Belgique, avant de retourner dans leur camp de base au Mexique. La parenthèse d'une Coupe du monde ou des jeux olympiques est souvent vécue comme une trêve dans un monde en guerre.
La folie, la bêtise et l'égocentrisme d'un dirigeant qui pense d'abord aux affaires puis au bien commun, un tournoi de football, a fait voler tout cela en éclats. Quand son visage est apparu lors de la demi-finale Espagne – France, Gianni Infantino a été copieusement sifflé, à Dallas.
Au MetLife Stadium de New York, ce dimanche, deux présidents pourraient être sifflés pour le prix d'un. Mais le mal sera fait et les comportements mortifères de Donald et Gianni n'ont pas aidé le football à grandir. Au contraire, il a provoqué une forme de dégoût.
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