Série les objets du sport (5/7) – Le protège-dents, utilisé dans les sports de combat, est personnalisable à souhait : "Il n'y a aucune limite !"
C'est l'objet incontournable pour pratiquer un sport de combat, le premier que l'on doit glisser dans sa poche ou dans son sac de sport et celui que l'on regrette très vite d'avoir oublié. Le protège-dents, devenu obligatoire en compétition, est évidemment essentiel afin d'éviter les dents cassées, les coupures des lèvres et afin de réduire les risques de commotion.
Apparu en boxe anglaise à la fin du XIXe siècle sous forme de résine naturelle type gutta-percha qu'il fallait maintenir en serrant les mâchoires, un procédé qui a remplacé des moyens plus rudimentaires comme le coton, les éponges ou… les écorces d'orange, le protège-dents a (heureusement) évolué avec le temps et avec les matériaux.
Série les objets du sport (4/7) - Vanasch superstitieux, Wegnez exigeant, Boon surpuissant: pourquoi les sticks de hockey varient selon les joueursLe caoutchouc, plus souple et plus résistant, a précédé l'arrivée des résines acryliques et des premiers plastiques dans l'après-guerre. Mais ce sont les thermoplastiques, à partir des années 1960, qui ont offert une protection et un confort supérieurs aux boxeurs, avant l'ère actuelle des composites multicouches épousant parfaitement la forme des dents. Et aujourd'hui les designs varient à l'infini !

Basé à Labuissière, dans le Hainaut, près de la frontière française, Maxence Deliège doit être, dit-il, "l'un des seuls en Belgique" à proposer des services de fabrication sur mesure (de la réalisation de l'empreinte à la remise du produit en passant par les éventuels tests en laboratoire) et de personnalisation des protège-dents pour les sportifs via MD Safety First.
"C'est vraiment de l'artisanat ! Tout est fait à la main mais je m'aide aussi d'un ordinateur et d'une imprimante pour répondre de manière la plus précise possible aux demandes des athlètes qui me sollicitent. Et j'en ai des deux côtés de la frontière."
Série les objets du sport (3/7) : un "pyjama" allant jusqu'à 3 000 €, comment les combinaisons des pilotes sont devenues des bijoux de technologieMerhy, Doumbé, Bolaji…
Le combattant de MMA Gaëtano Pirrello, originaire de La Louvière, fut le tout premier client de notre interlocuteur, dont la maman est prothésiste dentaire de profession.
Depuis dix ans qu'il a lancé son activité, Maxence Deliège a déjà travaillé avec des noms très connus dans les sports de combat comme Ryad Merhy et Antoine Vanackère (boxe anglaise), Salahddine Parnasse, Cédric Doumbé (boxe pieds-poings puis MMA), Oki Bolaji, Boris Atangana, Donovan Desmae (MMA), les frères Youssef et Yassine Boughanem (boxe pieds-poings), pour ne citer que les principaux, mais aussi avec des joueurs de rugby et de hockey.
Série les objets du sport (2/7) : moins de plastique, plus de liberté, pourquoi le protège-tibia des footballeurs ne cesse de raccourcir"Je n'ai jamais compté combien de personnes ont fait appel à moi mais je dois être à plusieurs centaines, et sans doute pas loin du millier. En tout cas, j'ai travaillé pour de très nombreuses nationalités différentes !"

Le protège-dents sur mesure offre une solution idéale à tous ces sportifs, la matière étant apposée directement sur l'arcade dentaire.
"L'absorption des chocs s'en trouve mieux répartie", dit notre spécialiste qui, à partir de modèles en plâtre, appose une couche simple ou double en thermoformable (de 3 à 5 mm selon les disciplines) avec une plaque rigide entre les deux couches. Après la réalisation du "custom", c'est-à-dire la personnalisation de l'objet, le tout est scellé par une dernière couche transparente.
guillementJ'ai déjà réalisé des protège-dents avec des feuilles d'or 23 carats.
"C'est avant tout le confort du client qui importe, reprend Maxence Deliège. Quand ils se produisent, les combattants doivent pouvoir respirer et parler en ayant le protège-dents en bouche. En matière de design, je pense vraiment qu'il n'y a aucune limite. J'ai déjà réalisé des protège-dents avec des feuilles d'or 23 carats par exemple."
Toutes les demandes particulières sont envisageables, de la mention de sponsors ou des prénoms des enfants aux drapeaux des pays d'origine en passant par des reproductions de mangas ou d'autres motifs issus de la pop culture.
"J'ai aussi eu une demande d'un combattant qui voulait apposer des photos de lui sur son protège-dents…" Question d'ego sans doute !
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La durée de vie d'un tel protège-dents, pour lesquels il faut généralement débourser entre 100 et 150 euros, est plus longue qu'on pourrait le penser. Surtout lorsque ces précieux alliés sont bien entretenus.
"Ce sont des produits très résistants qu'on peut théoriquement garder plusieurs années", indique Maxence Deliège.

Les combattants les plus soucieux de leur image n'hésitent toutefois pas à en changer à chaque sortie, histoire de se démarquer et de faire preuve d'originalité. Le protège-dents peut refléter la personnalité d'un homme ou d'une femme. Dans le sport actuel, où la visibilité est essentielle, cela compte aussi !
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