Série d'été: Ces exploits sportifs du BW | Émile Daems, le natif de Genval qui triompha de l'Enfer du Nord et sur quatre étapes du Tour de France
Le Tour de France 2026 s'est achevé, ce dimanche sur le scénario que l'on sait (voir par ailleurs). Il s'agissait de la 113e édition de la plus grande course cycliste, celle où tout le monde rêve de s'illustrer. Beaucoup d'appelés au fil des années et sur la ligne, peu d'élus.

Parmi eux pourtant, un certain Émile Daems. Ce n'est, certes, pas le nom le plus ronflant d'un cyclisme belge qui en compte pléthore. Mais, vainqueur d'étapes sur la Grande Boucle, il en est, à n'en point douter, l'un des Brabançons wallons les plus illustres – bien qu'il se soit davantage considéré comme Bruxellois de son vivant.
Né le 4 avril 1938 à Genval, fils de maçon, Émile Daems glane d'abord des succès dans la catégorie junior puis chez les amateurs. C'est en 1959 qu'il passe professionnel au sein de l'équipe Peugeot – BP – Dunlop. Si cette première saison ne renseigne qu'une victoire significative, sur Hoeilaart – Diest – Hoeilaart, en avril, c'est l'année suivante, en 1960 – et alors qu'il porte les couleurs de l'équipe italienne Philco – qu'il fait parler la poudre et que son nom commence à résonner à l'international.
1960, l'année fondatrice
Et pour cause, il s'adjuge deux étapes du Tour d'Italie, la 9e entre Livourne et Carrara et la 19e entre Belluno et Trente. Plus tard dans la saison, le 16 octobre, au Tour de Lombardie, il remporte son premier "Monument" en étant le plus rapide au sprint, devant les Italiens Ronchini et Fontana.
L'histoire est en marche et 1961 est une confirmation que le petit gabarit – 1m67 et 64 kilos – émarge au gratin mondial. Pour preuve, il enlève la troisième étape du Tour de France partie de Roubaix et dont l'arrivée est jugée à Charleroi après 197,5 kilomètres. Premier exploit qui scelle définitivement son nom dans le peloton.
Peloton où il continue à exceller avec encore quelques résultats notables cette saison-ci. Avant la suivante, en 1962, lors de laquelle il forge une autre performance retentissante en levant les bras à Milan – San Remo. D'autant plus remarquable qu'il s'impose en solitaire sur cette "Primavera" avec plus d'une minute d'avance sur Yvo Molenaers et un petit plus sur Louis Proost.
Cette saison 1962 est de grande facture pour Daems qui s'aligne de nouveau sur la Grande Boucle et y remporte cette fois pas moins de trois étapes: la 5e entre Pont-l'Évêque et Saint-Malo, la 16e entre Montpellier et Aix-en-Province et la 18e entre Juan-les-Pins et Briançon, devançant ce jour-là des Poulidor, Anquetil et Bahamontes. Excusez du peu.
7 avril 1963, l'Enfer du Nord devant Rik an Looy

La carrière d'Émile Daems résonne par la qualité des succès qu'il a décroché. Mais aussi par le fait qu'elle aura été relativement courte puisqu'il raccrochera définitivement le vélo en 1966. Et l'année 1963 lors de laquelle il court sous le maillot de Peugeot est, d'ailleurs, la dernière lors de laquelle il récoltera un "grand" succès. Mais pas des moindres: Paris-Roubaix. Le Brabançon s'impose dans l'Enfer du Nord devant ni plus ni moins que Rik Van Looy, légende des lieux et du cyclisme mondial en général, qu'il devance au sprint au même titre que les neuf autres coureurs du groupe – parmi lesquels Jan Janssen, Raymond Poulidor et Tom Simpson. Dans les colonnes du Soir, il avoua un jour à notre confrère Stéphane Thirion qu'il appréciait les pavés "parce qu'à Bruxelles, toutes les rues étaient en pavé".
En 1964, Émile Daems s'aligne encore sur le Tour de France, mais il doit l'abandonner après la cinquième étape. Cette saison-là, il lève encore les bras sur l'Omloop der Zennevallei et encore une fois en 1965 sur le Grand-Prix du Tournaisis.



C'est une chute aux Six Jours de Bruxelles lors de laquelle il s'occasionne une fracture de la hanche qui aura raison de sa volonté de poursuivre sa carrière, en 1966. La suite se passe, pour lui, loin du vélo. Il suivra tout de même, dans les années 80 et 90, la carrière cycliste de son fils Corneille. Il y a peu, le 24 octobre 2024, on apprenait son décès à l'âge de 86 ans, à Wavre. Ses obsèques ont eu lieu à Court-Saint-Étienne.
Cet été, nous vous faisons revivre ces exploits sportifs de renommée internationale forgés par des athlètes originaires du Brabant wallon. Troisième épisode, la victoire d'Émile Daems lors de Paris-Roubaix 1963. Le cycliste natif de Genval a remporté aussi, entre autres, MIlan – San Remo et quatre étapes du Tour de France lors d'une carrière certes assez courte mais jalonnée de succès retentissants !
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