Serbie : Aleksandar Vucic concède sa défaite aux législatives anticipées
Le dirigeant populiste Aleksandar Vucic a concédé la défaite aux élections législatives, alors que les Serbes se sont massivement rendu aux urnes dimanche 25 octobre pour chasser du pouvoir un président que nombre d'entre eux, à commencer par les étudiants qui ont multiplié les manifestations depuis deux ans, accusent de corruption.
"Nous n'avons pas encore les résultats définitifs mais (...) il est clair que nous avons perdu les élections. Le Mouvement des étudiants aura entre 135 et 140 sièges et nous en aurons 105", a-t-il déclaré.
"La Serbie a gagné, comme nous l'avions promis", a déclaré Ilija Srdanovic, représentant la liste des étudiants, devant les militants brandissant des ballons colorés. "Plus jamais nous n'aurons de tyran dans ce pays".
Suzana Mila Martic, une étudiante, a dit à l'AFP "se sentir incroyablement bien".
"J'ai l'impression de vivre enfin dans un pays libre", a-t-elle affirmé en pleurs, alors qu'un concert de klaxons et une foule aux bras levés envahissait les artères du centre de la capitale.
Présenté par les étudiants comme un "référendum anti-Vucic", ce scrutin était le premier depuis 2012 à esquisser, pour 6,4 millions d'électeurs, la possibilité d'une alternance.
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Aleksandar Vucic a démissionné de ses fonctions de président le mois dernier après avoir annoncé la tenue d'élections anticipées, dans une tentative visant à prolonger son emprise sur le pouvoir en se présentant à nouveau au poste de Premier ministre.
De longues files se sont formées devant les bureaux de vote dans toute la Serbie, et même Aleksandar Vucic a dû patienter deux heures avant de déposer son bulletin dans l'urne. A 18h00, le taux de participation s'élevait à 67,6 %, le plus élevé depuis l'éclatement de la Yougoslavie en 1992.
Aleksandar Vucic a été confronté à des manifestations anti-corruption déclenchées par l'effondrement, en novembre 2024, du toit de la gare de la ville de Novi Sad, dans le nord du pays, qui a tué 16 personnes.
La victoire de l'opposition estudiantine constitue un profond bouleversement politique dans ce pays des Balkans comptant quelque 6 millions d'habitants.
Elle pourrait également servir de modèle à d'autres mouvements étudiants à travers l'Europe, qui sont descendus dans la rue ces dernières semaines pour protester, parfois violemment, contre la mauvaise qualité de l'enseignement et le manque de perspectives d'avenir.
Depuis son accession au pouvoir en 2014, Aleksandar Vucic a supervisé une période de développement économique mais a également dû faire face à un mécontentement croissant face à ce que ses opposants qualifient de corruption et d'autoritarisme.
Avec Reuters et AFP