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Sécurité, climat, héritage familial: les défis de Keiko Fujimori, investie présidente du Pérou

C'est un nouveau – et ancien – chapitre qui s'ouvre au Pérou. Après le règne de son père il y a plus de 30 ans, Keiko Fujimori a pris ses fonctions de présidente mardi 28 juillet 2026, promettant de combattre la vague de criminalité qui frappe le pays et appelant à la réconciliation, malgré les critiques toujours vives des défenseurs des droits humains.

Publié le : 28/07/2026 - 19:23

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Keiko Fujimori avait remporté le second tour de l'élection présidentielle du Pérou, le 7 juin, avec moins de 50 000 voix d'avance sur son rival de gauche, Roberto Sanchez. La campagne de la candidate de droite s'était largement concentrée sur la sécurité, avec une priorité affichée : la lutte contre le crime organisé et les extorsions, en forte hausse ces dernières années.

La nouvelle présidente, investie ce 28 juillet 2026, a promis de militariser les rues et les prisons et de gouverner comme « El Chino », le surnom de son père, Alberto Fujimori, avec une « main de fer ». Mais un premier obstacle se dresse sur sa route. Son parti, Fuerza Popular, ne dispose pas de la majorité au Parlement. Il ne compte que 40 élus sur 130 à l'Assemblée des députés.

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Pour faire adopter ses réformes et dégager les moyens financiers nécessaires à leur mise en œuvre, Keiko Fujimori devra nouer des alliances, notamment avec les partis de droite, rappelle l'historienne et spécialiste du Pérou, Lissell Quiroz. La chercheuse souligne également que la lutte contre le crime organisé nécessitera des moyens considérables dont le pays ne dispose pas aujourd'hui. « On ne peut pas mettre un policier à chaque coin de rue », résume-t-elle.

L'approche du phénomène El Niño

La nouvelle cheffe d'État est aussi attendue sur le front climatique. Cette année, le phénomène El Niño devrait être particulièrement intense. Début juillet, le gouvernement sortant a placé près de 800 municipalités en état d'urgence.

Environ un Péruvien sur trois est exposé aux conséquences d'El Niño, d'autant que le pays a longtemps manqué d'investir dans les infrastructures de prévention, explique Lissell Quiroz. « On a très peur », confie l'historienne, soulignant que les précédents épisodes ont provoqué des pluies diluviennes, des glissements de terrain et fait de nombreuses victimes sur la côte pacifique.

Faute d'anticipation suffisante, le nouveau gouvernement devra sans doute concentrer ses efforts sur la coordination des secours et des équipes d'intervention en cas de catastrophe.

Le défi d'une réconciliation nationale

Le défi le plus difficile, mais aussi le plus urgent, sera peut-être de tenter de rassembler un pays profondément divisé. Une partie de la population n'a toujours pas oublié les dérives autoritaires d'Alberto Fujimori, qui a dirigé le Pérou de 1990 à 2000 d'une main de fer. La question est désormais de savoir si Keiko Fujimori, tout en revendiquant l'héritage politique de son père, sera capable de tendre la main à ses opposants.

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Pour Lissell Quiroz, la nouvelle présidente sera jugée moins sur ses discours que sur ses actes. Fera-t-elle, par exemple, un geste envers les populations du centre et du sud du Pérou, qui ont été en première ligne des manifestations anti-fujimoristes et où de nombreux habitants continuent de réclamer la libération de l'ancien président Pedro Castillo ? « Ce serait un geste fort d'aller à la rencontre de ces populations, qui sont aussi parmi les plus touchées par la pauvreté », estime la spécialiste.

Pour le quotidien conservateur El Comercio, Keiko Fujimori n'a en tout cas pas droit à l'erreur. Au premier scandale de corruption ou au moindre abus de pouvoir, le pays pourrait replonger dans les crises politiques qui ont marqué ces dernières années.