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Sécheresse : face à une situation « bien pire que l’an dernier », le préfet durcit les restrictions dans les Alpes-Maritimes

La sécheresse continue de gagner du terrain dans les Alpes-Maritimes.

À compter de ce samedi 25 juillet 2026, 43 communes sont désormais concernées par des restrictions d’usage de l’eau, contre 30 jusqu’à présent.

Le bassin-versant de la Cagne passe au stade de crise, le niveau d’alerte le plus élevé, tandis que ceux de la Brague et des Paillons sont placés en alerte renforcée. Les communes de la Siagne amont rejoignent, elles, le niveau d’alerte.

Cette décision intervient alors que tous les indicateurs poursuivent leur dégradation. Plus de 81 % des nappes phréatiques du département sont désormais sous les normales saisonnières.

Le déficit de pluie atteint 45 % au mois de juillet, après un printemps déjà très sec, tandis que les températures affichent une anomalie de + 3,8 °C. Dans le même temps, la consommation d’eau a augmenté jusqu’à 30 % sur certains secteurs, accentuant encore la pression sur la ressource.

« La situation se dégrade fortement. On a des bassins versants qui commencent vraiment à faire la tête, voire plus pour certains », résume Éric Lefèvre, directeur départemental des territoires et de la mer (DDTM).

« Bien pire que l’an dernier »

Pour les services de l’État, la comparaison avec l’été 2025 est sans appel.

« La situation est bien pire que l’an dernier. Même au mois d’août, nous n’en étions pas au niveau actuel », souligne encore Éric Lefèvre.

Les cours d’eau littoraux sont les plus touchés. Des assecs complets sont désormais observés sur le Paillon, tandis que la Brague ne présente plus, par endroits, que quelques flaques d’eau favorisant le développement d’algues et mettant en difficulté la faune aquatique.

Quant à la Cagne, son débit est passé sous le seuil réglementaire de crise depuis plusieurs semaines.

« On est seulement le 24 juillet et il n’est presque pas prévu de pluie. Les débits vont continuer à baisser », prévient encore le directeur de la DDTM.

Quelles communes sont concernées ?

Le nouvel arrêté distingue trois niveaux de restriction.

  • 24 communes sont au stade d’alerte : celles du bassin versant de la Siagne amont (Cabris, Escragnolles, Grasse, Peymeinade, Saint-Cézaire-sur-Siagne, Saint-Vallier-de-Thiey, Spéracèdes et Le Tignet), celles de la Siagne aval (Théoule-sur-Mer, Mandelieu-la-Napoule, Cannes, Le Cannet, Vallauris, Mougins, La Roquette-sur-Siagne, Pégomas, Auribeau-sur-Siagne et Mouans-Sartoux) ainsi que plusieurs communes du bassin du Loup concernées par un double zonage : Gourdon, Le Bar-sur-Loup, Le Rouret, Opio, Châteauneuf-Grasse et Valbonne.

Les habitants ne peuvent plus laver leur voiture à domicile ni remplir leur piscine privée, la mise à niveau est autorisée.

L’arrosage des jardins, espaces verts, massifs fleuris, potagers et golfs est interdit entre 8 heures et 20 heures.

  • 14 communes sont en alerte renforcée : celles du bassin de la Brague, avec Antibes et Biot, ainsi que celles des Paillons (Bendejun, Berre-les-Alpes, Blausasc, Cantaron, Coaraze, Contes, Drap, L’Escarène, Lucéram, Peille, Peillon et Touët-de-l’Escarène) passent en alerte renforcée.

Là, les restrictions se durcissent avec l’interdiction de laver sa voiture à domicile, de remplir les piscines privées (la mise à niveau est autorisée) et d’arroser les espaces verts et massifs fleuris, de jour comme de nuit.

Les golfs doivent réduire de 60 % leurs volumes d’arrosage, uniquement la nuit. Et les douches de plage doivent être fermées.

Dans les communes placées au stade d’alerte et d’alerte renforcée, le remplissage des piscines privées est interdit, mais la mise à niveau est autorisée. Dans les communes qui sont passées au stade de crise, la mise à niveau des piscines est interdite.
Dans les communes placées au stade d’alerte et d’alerte renforcée, le remplissage des piscines privées est interdit, mais la mise à niveau est autorisée. Dans les communes qui sont passées au stade de crise, la mise à niveau des piscines est interdite.
Photo Nice-Matin
  • 5 communes passent au stade de crise. C’est le changement le plus important, le niveau d’alerte le plus élevé prévu par l’arrêté-cadre sécheresse. Il entraîne l’interdiction des usages de l’eau non prioritaires afin de préserver l’alimentation en eau potable, la santé publique, la sécurité civile – notamment la lutte contre les incendies – et les besoins essentiels des milieux naturels. Il concerne le bassin versant de la Cagne, qui passe au stade de crise. Sont concernés Vence, Saint-Paul-de-Vence, Saint-Jeannet, La Gaude et Cagnes-sur-Mer, mais uniquement pour les usages non raccordés au réseau d’eau potable. « La Cagne est en dessous du seuil de crise depuis deux semaines. C’est ce qui justifie son passage au niveau maximal de restriction », explique Éric Lefèvre.

À ce niveau, les mesures deviennent encore plus contraignantes pour les usagers : mise à niveau des piscines interdite, arrosage quasiment proscrit, fermeture des centres de lavage ne recyclant pas l’eau…

Le cas particulier de Cagnes-sur-Mer

La situation de Cagnes-sur-Mer constitue toutefois un cas particulier. Si la commune est située en majorité sur le bassin versant de la Cagne, l’eau potable distribuée aux habitants provient intégralement du bassin du Loup, via le captage des Tines.

Les restrictions de niveau « crise » ne s’appliquent donc qu’aux usages non raccordés au réseau d’eau potable.

Les douches de plage peuvent ainsi rester ouvertes, la commune étant alimentée par le bassin du Loup.

"« On est seulement le 24 juillet et il n’est quasiment pas prévu de pluie. les débits vont continuer à baisser. » Éric Lefèvre, DDTM"

D’autres restrictions pourraient suivre

Toutes les autres communes des Alpes-Maritimes demeurent au stade de vigilance. Aucune restriction obligatoire ne s’y applique pour le moment, mais la préfecture appelle particuliers, collectivités et professionnels à économiser l’eau afin de préserver la ressource.

L’État surveille désormais de près les bassins du Loup, de l’Estéron, de la Roya amont et de l’Artuby, qui pourraient à leur tour faire l’objet de restrictions dans les prochains jours.

« En cinq étés, nous avons connu quatre épisodes majeurs de sécheresse. C’est symptomatique du dérèglement climatique : les phénomènes sont plus fréquents et plus intenses », conclut Éric Lefèvre.