Sécheresse en Wallonie : les terrains de football "sont rôtis", les conseils d'un expert pour préserver les pelouses
"Des périodes de sécheresse, on en a connues. Maintenant, une période aussi longue, c'est la première fois que je vois ça… "Christophe Heuser est catégorique : les pelouses des terrains de football wallons souffrent particulièrement du manque d'eau.
Les agriculteurs de Wallonie picarde face à la sécheresse : "En trente ans, je n'ai jamais vu ça"Agronome et spécialiste de l'entretien des terrains de football au sein de la société HCHgreen, Christophe Heuser veille au quotidien sur plus de 80 surfaces en Wallonie, "de la province de Namur, en passant par le début du Hainaut jusqu'aux provinces du Luxembourg et de Liège".
Et le constat est sans appel : les terrains sont à bout de souffle. "Les terrains sont, excusez-moi l'expression, rôtis. Celui qui n'a pas de système d'arrosage ou un terrain possédant une rétention d'eau assez forte, c'est très compliqué", explique l'agronome.
Depuis plusieurs semaines, il constate d'ailleurs une nette augmentation des demandes de la part des clubs. Et une problématique revient systématiquement : celle de l'eau.
5 conseils pour préserver les terrains de football en hiver: "Les clubs doivent être à l'écoute des professionnels""On sait installer des systèmes d'arrosage, mais s'il n'y a pas de source d'eau, c'est impossible. Plusieurs infrastructures sont confrontées à ça."
Voici ses conseils
1. Nourrir la pelouse
"Les dirigeants doivent soigner les terrains au quotidien. Il faut un apport d'engrais conséquent. Une pelouse forte et bien enracinée, ce sera d'office un gazon plus profond qui sera prêt à affronter les fortes chaleurs. "
2. Penser à l'acheminement de l'eau
"Ce n'est pas toujours évident car cela engendre des coûts, mais les clubs doivent penser à mettre en place un système d'apport d'eau. Je ne suis pas météorologue mais, dans les prochaines années, on sera confronté à davantage de vagues de chaleur qui seront de plus en plus longues. Il faudra donc sans cesse être sur les terrains."
3. Échelonner les entretiens
"Si un club veut réaliser un entretien positif, il vaut mieux échelonner les entretiens. Il vaut mieux faire dix petits entretiens pour étaler la somme que de se dire : cette année, on met tout notre argent dans le terrain et, l'année suivante, on ne fait plus rien. Le suivi régulier est le meilleur moyen pour garder la surface en bonne santé."
4. Anticiper plutôt que bricoler
"Ce n'est pas évident pour des clubs de village car il faut compter sur de nombreux bénévoles. Il faut être prêt à affronter la météo. C'est-à-dire être avant-gardiste. Plus l'infrastructure est grande, plus les terrains risquent d'être en mauvais état. Parfois, il vaut mieux essayer d'en sauver un plutôt que d'essayer de bricoler pour tous les autres."
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