Sécheresse dans les Alpes-Maritimes : la fermeture des douches de plage provoque la fronde des maires de l’ouest du département
Couper ou ne pas couper l’eau des douches de plage ? Depuis le vendredi 31 juillet, la question agite l’ouest du littoral azuréen.
Pour faire face à l’aggravation de la sécheresse, le nouveau préfet des Alpes-Maritimes, Jean-Marie Girier, a placé plusieurs secteurs, dont le bassin-versant de la Siagne aval, en « alerte renforcée ».
Sur le sable, l’injonction passe mal chez d’autres élus locaux : ces équipements balnéaires se retrouvent à nouveau au cœur d’une fronde contre une administration qu’ils jugent déconnectée des réalités du terrain.
Rébellion totale à Mandelieu-la-Napoule
Vallauris Golfe-Juan, Cannes, Mandelieu-la-Napoule et Théoule-sur-Mer. Ce quatuor fait partie des 39 nouvelles communes des Alpes-Maritimes concernées par des restrictions d’usage de l’eau.
À Mandelieu-la-Napoule, la rébellion concernant la fermeture des douches de plage est totale. La municipalité a purement et simplement décidé d’ignorer la consigne préfectorale en maintenant le robinet ouvert.
Pour le maire, Sébastien Leroy, cette restriction est incompréhensible au vu des réserves du lac de Saint-Cassien, qui s’élèvent encore à plus de 17 millions de mètres cubes. L’édile dénonce une méthode inadaptée.
« Plutôt que d’imposer chaque année des interdictions symboliques à l’impact très limité, comme les douches de plage dont la consommation est purement anecdotique, il serait bien plus judicieux, stratégique et responsable de cesser de freiner nos projets de réutilisation des eaux usées traitées », indique-t-il dans un communiqué.
Cannes coupe l’eau mais attaque en justice
À quelques kilomètres de là, la mairie de Cannes a choisi une autre stratégie. Si la Ville s’engage à fermer ses douches « conformément au cadre légal », elle annonce du même souffle avoir attaqué juridiquement cette « décision absurde ».
La municipalité fustige une interdiction qui « conduit à laisser s’écouler vers la mer une eau douce, provenant de la Siagne [dont le débit est, selon la Ville, supérieur au seuil d’alerte], sans pouvoir l’utiliser pour les usages humains ».
Par ailleurs, elle estime que fermer les douches sur son littoral « n’apportera pas davantage d’eau aux communes en difficulté », arguant que la solidarité entre les communes du bassin existe déjà.
Malgré nos sollicitations, la mairie de Vallauris Golfe-Juan, de son côté, est restée silencieuse. Ce lundi, après vérification, les douches de plage y étaient toujours en service.
Théoule-sur-Mer choisit le respect de la règle
Dans ce climat de tension, d’autres communes voisines ont décidé de jouer le jeu de l’État sans faire de vagues.
Également concernée par l’alerte renforcée sur le bassin de la Siagne aval, la Ville de Théoule-sur-Mer assure se plier à la directive.
Refusant de polémiquer, le maire de la commune, Georges Botella, a justifié la fermeture de ses douches par une déclaration laconique et stricte : « On applique l’arrêté préfectoral à Théoule. »