Sebastian Coe, président de World Athletics, avant l'Ultimate Championship : "Le prize-money n'est pas un gadget, c'est absolument essentiel"
Sebastian Coe, le président de World Athletics, a reçu une poignée de journalistes, vendredi dernier à Bruxelles, afin d'évoquer l'Ultimate Championship, nouvelle compétition très lucrative qui se déroule de vendredi à dimanche à Budapest.
Des voix s'élèvent contre le fait que certaines disciplines sont représentées, et pas d'autres. Que répondez-vous ?
L'ambition n'a jamais été de monter un événement qui serait une copie des championnats du monde, avec toutes les disciplines et 2 000 athlètes pendant 9 jours. C'est une compétition de 3 jours, avec la crème de la crème, et il serait impossible de présenter toutes les épreuves. Cela ne signifie pas que les disciplines choisies seront exactement les mêmes en 2028 et 2030. Certaines choses ne fonctionneront probablement pas, il faudra affiner certains aspects.
Pourquoi cette périodicité de deux ans ?
Dans un cycle de quatre ans, l'une des années, certes avec l'Euro et les Jeux du Commonwealth, ne présente pas de dimension globale, comme avec les Mondiaux ou les Jeux olympiques. Nous avons donc décidé d'aller chercher le public, ce qui est vital car aucun sport sérieux ne peut se permettre d'avoir une année sans vivre un très grand moment. Nous avons voulu faire les choses différemment et être courageux. L'un des héritages que je souhaite, c'est un championnat durable pour les années à venir et dont on tirera des enseignements pour les Mondiaux. Le rythme de l'événement, la manière dont nous l'avons scénarisé, la façon dont nous avons travaillé avec les diffuseurs doivent nous permettre d'attirer de nouveaux spectateurs n'étant pas instinctivement des fans d'athlétisme. Nous avons trouvé un bon équilibre grâce à nos recherches et aux connaissances acquises lors des trois années de préparation. Les disciplines présentées ne sont pas choisies arbitrairement.
World Athletics Ultimate Championship: Crestan, Couckuyt et le relais 4x400 m mixte représenteront la BelgiqueQuelle hiérarchie y a-t-il entre un champion à l'Ultimate, un champion olympique et un champion du monde ?
Le concept de la compétition est différent, mais c'est également un championnat. Et si vous parlez aux athlètes, vous verrez qu'ils ne doutent pas de ce que cela représente de quitter Budapest en tant que champion. Leurs comptables verront la différence aussi ! (rires)
Cette nouvelle compétition est effectivement bien rémunérée, avec un prize-money de 10 millions de dollars.
Le soutien financier aux athlètes est l'un des trois piliers, dans nos prises de décision, avec leur bien-être mental et leur bien-être physique. Cela les gardera plus longtemps dans le sport, leur permettra de s'entraîner plus intelligemment, leur offrira un meilleur soutien médical quand ils en auront besoin et cela les conduira à prendre de meilleures décisions en fin de carrière. Le prize-money est absolument essentiel, ce n'est pas un gadget. Aux Jeux de Paris, nous avons récompensé nos champions olympiques (NdlR : à hauteur de 50 000 dollars) et à Los Angeles, nous allons également récompenser les médaillés d'argent et de bronze. Lors du dernier cycle de quatre ans, nous avons payé environ 51 millions en prize-money. Mais nous consacrons encore bien plus d'argent aux aspects développement et intégrité !

Une initiative privée récente, le Grand Slam Track, a fait aveu de faillite. En avez-vous tiré des leçons ?
S'il vous plaît, ne comparez pas cela avec ce que je viens de dire. C'est dans l'autre sens que des leçons auraient dû être tirées ! Il s'agit d'une question de gestion de meetings, d'exécution et de livraison d'un événement. Et si vous n'êtes pas capable de faire cela, vous ne devriez pas organiser.
guillementL'Ultimate est conçu en grande partie pour la télévision.
L'Ultimate est-il conçu davantage pour la télévision que pour les spectateurs dans le stade ?
C'est un équilibre, mais oui, en grande partie pour la télévision car c'est là que se trouvera notre plus large public. Nous avons essayé différentes choses par le passé et on abandonne assez vite ce qui ne fonctionne pas d'emblée. Or peu de choses dans la vie fonctionnent immédiatement. Les innovations proposées sont assez sensées et elles reposent en grande partie sur ce que nous avons appris de nos publics à la télévision et dans le stade.
Mémorial Ivo Van Damme : 14 records pour une superbe 50e édition !La Diamond League ne risque-t-elle pas de perdre de sa valeur sportive ?
Non. Nous croyons fermement en la Diamond League et sa pertinence en est même renforcée, étant donné que l'Ultimate est la dernière compétition de l'année. Il y a maintenant un chemin naturel entre les deux car des invitations reviennent aux gagnants de la Diamond League.

Ne craignez-vous pas de surcharger encore davantage le calendrier ?
Il faut être très clair : si nous sommes un sport professionnel, il faut que l'on se fasse voir. L'un des défis à venir est de savoir comment prolonger la saison car pour la plupart des gens, l'athlétisme se déroule de mai à septembre. Les changements climatiques signifient probablement aussi que nous devrons de toute façon nous adapter et organiser des événements dans un environnement moins nocif pour les athlètes.
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