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Santé. Grippe et Covid : cinq questions sur la campagne de vaccination qui débute ce mardi

Après un mois de septembre particulièrement chaud, les températures baissent enfin dans l’Hexagone. Mais qui dit arrivée de l’automne météorologique dit début de la circulation des virus hivernaux, notamment la grippe et le Covid-19.

Lors de la saison 2025-2026, près de 13 000 décès liés à la grippe avaient été recensés dans l’Hexagone. D’où la nécessité de renforcer la vaccination des personnes à risque avec une vaste campagne, qui débute ce mardi.

Les virus de la grippe et du Covid-19 circulent-ils beaucoup ?

L’épidémie de grippe n’a pas encore réellement débuté dans l’Hexagone, selon les autorités sanitaires. « Pour l’instant, la circulation est modérée », a noté jeudi Étienne Pot, directeur général par intérim de Santé publique France (SpF). En effet, selon le dernier bilan de SpF, entre le 28 septembre et le 4 octobre, « l’ensemble des indicateurs de la grippe étaient à leur niveau de base », même si des détections sporadiques de virus grippaux ont été observées. Mais rien d’inhabituel à cette période de l’année.

Concernant le Covid-19 , une augmentation du nombre des cas en ville et à l’hôpital est, certes, observée depuis fin août. Mais les infections restaient inférieures à celles enregistrées l’année dernière à la même période, avec également « un recours aux soins nettement moins important », selon SpF.

Mais les Français sont tout de même incités à se faire vacciner « le plus vite possible en octobre, car on ne sait pas quand les virus commenceront à circuler de manière active », a exhorté Grégory Emery, directeur général de la Santé.

Quels vaccins sont utilisés contre quels variants ?

Pour le Covid, le vaccin utilisé cette saison est le Comirnaty XFG, développé par Pfizer. Il protège contre les formes graves de la maladie et réduit le risque de Covid long. Il est notamment efficace contre le variant circulant le plus aujourd’hui - Omicron XFG.

Contre la grippe, 15 millions de doses seront à disposition des médecins, pharmaciens, infirmiers ou sages-femmes, soit environ un million de plus que l’année dernière. Cinq vaccins peuvent être administrés, dont deux (Efluelda et Fluad) sont recommandés aux seniors. Ils sont efficaces contre les deux sous-types de grippe qui circulent le plus actuellement, à savoir les souches A (H3N2) et A (H1N1). À noter que les deux vaccins - Covid et grippe - peuvent être administrés le même jour.

Qui doit se faire vacciner ?

Tout le monde peut se faire vacciner, mais comme chaque année, la « priorité » reste de « protéger les populations les plus fragiles », ont rappelé les autorités sanitaires. Soit environ trois Français sur dix, plus susceptibles de souffrir d’une forme grave. Il s’agit des personnes âgées de 65 ans et plus, des Français atteints de maladies chroniques ou immunodéprimées. Les personnes en situation d’obésité chronique sont aussi concernées, de même que les femmes enceintes, quelle que soit l’avancée de leur grossesse. En effet, les infections respiratoires comme la grippe ou le Covid augmentent les risques de fausse couche et d’accouchement prématuré, pointe l’Assurance maladie.

Les proches de personnes à risque et les professionnels de santé à leur contact sont eux aussi encouragés à se faire vacciner. Pour les soignants, une obligation vaccinale annuelle se prépare aussi - les textes réglementaires sont annoncés pour la fin du premier trimestre 2027. Pour les publics à risque, le vaccin contre la grippe est remboursé à 100 % par l’Assurance maladie. Quant au Covid, le il reste remboursé pour tout le monde, même au-delà des publics ciblés.

Que change la prescription obligatoire ?

C’est la nouveauté de cette année : désormais, une prescription d’un médecin, d’une sage-femme ou encore d’un pharmacien sera nécessaire pour pouvoir se faire vacciner contre la grippe. Selon le ministère de la Santé, cette nouvelle disposition datant du 10 juillet dernier ne devrait pas avoir d’impact sur la couverture vaccinale. En effet, les “bons” d’invitation envoyés par l’Assurance maladie aux publics à risque pourront faire office de prescription.

Comment encourager les Français à se faire vacciner ?

S’il y a des « progressions encourageantes, on reste trop loin des niveaux de protection nécessaires », a observé jeudi Grégory Emery. Or, comme le rappelle l’Assurance maladie, sur les 1400 personnes envoyées en réanimation l’année dernière à cause d’une grippe, la plupart (70 %) n’étaient pas vaccinés.

Accès aux soins, perception des risques, adhésion à la vaccination : plusieurs éléments, notamment issus de la crise du Covid-19, constituent des freins. Aussi, pour multiplier les occasions de vaccination et renforcer la couverture des personnes les plus vulnérables, les soignants pourront désormais avoir un stock de vaccins contre la grippe et le Covid, après achat des doses en officines. L’Assurance maladie, qui a envoyé les bons d’invitation aux publics à risque, fera aussi des relances, par mail et SMS, aux personnes non vaccinées d’ici quelques semaines. Des téléconseillers appelleront aussi 250 000 assurés invités pour la première fois à se faire vacciner et en situation de fragilité.

Du 17 octobre au 20 décembre, des spots télé et radio ont aussi été prévus par l’Assurance maladie pour sensibiliser les publics les plus sensibles. Dans un contexte parfois empreint de défiance, voire de désinformation, il faut aussi « créer les conditions de la confiance » dans la vaccination, avec « une information fiable, compréhensible et transparente », a jugé Grégory Emery.