Sabrina Warnier, institutrice à Andenne, ouvre une classe privée à la rentrée : "Dans le traditionnel, on nous impose des choses irréalisables"
"Beaucoup d'enfants s'y retrouvent dans l'enseignement traditionnel mais quelques-uns ne s'y retrouvent pas du tout." Un constat posé et partagé par Sabrina Warnier, institutrice andennaise avec 19 années d'expérience derrière elle qui vient de créer Kaleido, une asbl qui encadre une classe privée pour les enfants de 7 à 12 ans. "J'ai travaillé huit ans à Bruxelles dans une école avec 500 enfants et cinq ans à Eghezée où il y en avait 50. Je me suis toujours dit que si je gagnais à l'EuroMillions, j'ouvrais une école."
Sabrina Warnier n'a pas gagné le gros lot à la loterie. Mais elle a quand même décidé de se lancer. "Dans le traditionnel, on nous impose des choses qui ne sont pas réalisables. Avec 25 enfants dans une classe, on ne sait pas faire les choses correctement, peu importe le cœur et les heures de travail qu'on y met. Personnellement, je n'ai pas l'impression de bien faire mon travail quand j'ai 25 enfants devant moi."
Amoureuse de son métier, Sabrina souhaite porter une attention particulière à chaque enfant. Et pouvoir avancer avec lui en fonction de son niveau en créant les conditions pour l'accrochage scolaire. "Dans une même classe, on peut avoir des enfants autistes qui n'ont pas été détectés, des dyslexiques, des dyspraxiques,… Mais aussi des enfants qui ont vécu du harcèlement ou qui ont développé une phobie scolaire pour une quelconque raison. Il y a aussi des enfants qui sont en difficulté et d'autres qui apprennent très rapidement, qui ont envie d'aller plus loin dans l'apprentissage mais qu'on ne peut satisfaire car si on fait ça, on lâche une autre partie de la classe. Dans une classe de 25 enfants, il y a 25 niveaux différents mais on est obligé de se focaliser sur les 10-15 du groupe lambda. Or, ce qui m'anime, c'est de les voir apprendre et de voir l'étincelle dans leurs yeux quand ils disent "ha ! j'ai compris"".
"On amène les enfants vers le CEB"
Sabrina Warnier ne se lance pas dans ce projet sans savoir vers quoi elle va. Il y a cinq ans, elle a cofondé Alpha School, une école alternative à Longpré (Wanze) qui tourne aujourd'hui avec 60 enfants. Elle a quitté l'aventure l'an dernier mais son retour d'une année dans l'enseignement traditionnel ne l'a toujours pas convaincu.
Dans un premier temps, sa classe privée sera à son domicile sur les hauteurs d'Andenne, proche de l'E42. "Il y a un jardin et on est situé à côté d'une forêt. C'est une classe familiale où un enfant peut se retrouver en situation de calme pour se développer."
Les parents qui souhaitent inscrire leur(s) enfant(s) devront débourser 550/mois. "Un montant qui couvre les assurances, les charges patronales et mon salaire, que je ne pourrais peut-être même pas me verser."
La somme reste importante mais cette structure ne se veut pas élitiste pour autant, ni pour les riches. "C'est en grande partie et par la force des choses pour les enfants qui ne rentrent plus dans les cases du traditionnel. Et puis, il y a quelques parents qui ont les moyens et qui désirent autre chose pour leur(s) enfant(s)."
Six enfants sont déjà inscrits dans sa classe qui peut en accueillir huit. "On suit le programme scolaire et le même calendrier que dans l'enseignement traditionnel. Les enfants sont amenés vers le CEB, en étant considérés comme instruits à domicile. Je connais la matière des six années, je n'ai aucun problème à voyager dans le programme." Quid en cas d'absence ? "Je suis très rarement malade, je compte sur ma santé. Mon plan B, c'est ma maman voire mon mari. L'avantage d'une petite classe, c'est qu'on peut toujours trouver une solution."
La rentrée scolaire est prévue le 24 août.
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