Sa recette, ses secrets, son talent : comment Zinédine Zidane emporte tout chez les Bleus
L’arrivée de Zinédine Zidane et les changements impulsés ont marqué la rentrée de l’équipe de France au-delà de tout ce qu’on attendait. L’image et la personnalité du nouveau sélectionneur vampirisent tout. Le public est séduit, les premiers résultats sont bons. Le début de l’histoire est beau.
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Dix points sur douze possibles, la première place du groupe de Ligue des nations : Zinédine Zidane a réussi ses premiers pas à la tête des Bleus en obtenant d’excellents résultats dans la lignée de son prédécesseur Didier Deschamps. Après un Mondial américain au goût d’inachevé, il a aussi su imprimer sa marque pour faire évoluer certaines choses.
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Une aura encore plus grande
« Alors c’était bien au stade ? Ces matchs-là, je ne les regardais pas. Mais avec lui, je regarde… » On mesure aussi le changement aux échanges avec les collègues au bureau un lendemain de Ligue des nations. Avec Zidane, plus de monde est devant son écran et TF1 a fait son beurre cet automne : 6,67 millions de téléspectateurs en moyenne contre 5 millions lors des précédentes éditions. L’effet « Zizou » est puissant.
C’est un fait, après le Mondial qui n’a pas répondu aux immenses espoirs, les Bleus ont tout de même rebondi dans les cœurs grâce au nouveau coach. Zidane fascine toujours et même plus qu’avant. À Clairefontaine, il est chez lui, il rayonne. Avant les matchs face à l’Italie (1-1) et la Belgique (4-1), c’est son nom qui a de très loin été le plus acclamé au Stade de France. C’est son entrée qui a été guettée, ses gestes qui ont été épiés. Ses contrôles en chaussures de ville pendant le match ont suscité la clameur des fans.
Il incarne aujourd’hui l’équipe de France et redevient l’image du foot français.
Aimé Jacquet aimait ses joueurs. Et c’est ce qu’il transmettait, beaucoup de confiance, beaucoup de liberté.”
Le jeu : un style plus offensif
Ancien meneur, numéro dix à la classe folle, Zinédine Zidane était bien sûr attendu sur le terrain du jeu. Avec lui, c’est de là que doit venir la lumière. Après les quatre premiers matchs, on constate que la promesse est en partie tenue. Le système en 4-3-3 offre un jeu plaisant à la construction. Il permet aux Bleus de contrôler la possession (65 % en moyenne). La grande innovation est le pressing haut sur le terrain. Tout le monde s’y met, les défenseurs axiaux vont chasser dans le camp adverse et le gardien de but doit monter haut lui aussi pour couper la profondeur. Même si ça manque encore de réglages (les Belges en ont bien profité avec le but de Dodi Lukébakio), le bilan est positif. Les Bleus vont de l’avant, leur style est offensif. Et la fin de match contre la Belgique a validé cet esprit-là avec ces quatre buts en 15 minutes qui donnent envie de voir la suite.
Il ne faut toutefois pas que ce feu d’artifice masque les difficultés près du but constatées encore pendant une grosse heure lundi face aux Belges. Pour « ZZ », c’est là que se situe l’axe de progrès. « Il va falloir qu’on occupe plus la surface de réparation. Quand on déborde, qu’on fait des centres, quand on rentre, il faut mettre du monde », insiste-t-il.
La confiance au cœur du travail mental
Que peut réellement apporter Zinédine Zidane dans ce rôle de sélectionneur avec une fréquence de cinq rassemblements par an, un rythme très différent du travail quotidien de l’entraîneur en club ? « Je suis frustré… », a-t-il répété ces derniers jours. Il ne retrouvera ses joueurs que dans un mois pour les deux derniers matchs de groupe de Ligue des nations en Italie (le 12 novembre) et contre la Turquie à Bordeaux (le 15).
Sur le plan technique, c’est court. Tactiquement, les choses ont commencé à changer. Mais c’est surtout sur le plan mental que « Zizou » agit. Il diffuse sa confiance, profite de son aura auprès des joueurs qui l’admirent pour les libérer. Dans cet exercice, il s’inspire d’Aimé Jaquet, le sélectionneur des champions du monde 98 qu’il a revu lundi au stade. Qu’a-t-il retenu de lui ? « La bienveillance. Il aimait ses joueurs. Et c’est ce qu’il transmettait, beaucoup de confiance, beaucoup de liberté… », assure-t-il. 28 ans plus tard, aimer et l’être Aimé, c’est toujours une bonne idée.
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