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« S’aérer l’esprit et prendre des nouvelles » : à Brignoles, des bénévoles passent des appels aux administrés les plus isolés pour les aider à combattre les fortes chaleurs

Un simple coup de téléphone, la solution miracle contre la chaleur ? « Pas vraiment, je vous conseille quand même de privilégier un grand verre d’eau », sourit Lukas Dubus, adhérent de l’association des Petits Frères des Pauvres et membre de l’équipe de bénévoles du plan canicule. « Mais cela reste aussi un excellent point de départ pour se sentir mieux. »

Depuis plusieurs semaines, le département du Var est touché par plusieurs vagues de canicule intenses. Il a été placé trois fois en vigilance orange et deux fois en vigilance jaune depuis le 22 juin 2026 avec des températures souvent supérieures à 35 °C.

Pour limiter les dégâts humains causés par la chaleur, le centre intercommunal d’action sociale (CCAS) de Brignoles a mis en place son plan canicule. Un dispositif qui vient en aide aux personnes porteuses d’un handicap ou aux seniors isolés, des profils très vulnérables aux fortes températures.

Soutien téléphonique

Cette année, le CCAS a sollicité plusieurs bénévoles issues de groupes associatifs (Secours Catholique et Petits Frères des Pauvres) afin de passer des appels préventifs aux personnes fragiles. « Généralement ce sont des gens qui ne peuvent plus trop se déplacer et qui sont un peu éloignés des outils numériques. Ce sont leurs proches qui viennent les inscrire sur notre registre », précise Lukas Dubus.

Généralement, la fréquence des appels varie en fonction de la météo : « on peut passer d’un coup de téléphone par semaine en vigilance jaune à un suivi quotidien lors d’une alerte rouge. »

Vendredi dernier, le jeune homme est arrivé à son bureau sur les coups de 9 h 45. Sur les 141 personnes notées sur la liste, il devait en contacter une quarantaine. « On leur demande si tout va bien et s’ils ne manquent de rien. Ce matin, une dame s’est plainte d’un problème de réfrigérateur, une autre paniquait car son ventilateur ne fonctionnait plus. »

Dès qu’un administré rencontre des difficultés, Lukas Dubus transmet la demande au CCAS afin de lancer une intervention. « C’est très rare qu’on aille sur place, le but de l’appel c’est de s’aérer l’esprit et de prendre des nouvelles. Par contre lorsqu’il y a un problème, il faut être réactif et agir efficacement », affirme le bénévole originaire de Flassans-sur-Issole.

« Bien plus qu’une simple ligne sur le CV »

Depuis le début du mois de juin, 1 500 prises de contact et 13 interventions ont été réalisées par le personnel du centre d’action social. « On cible un public fragile qui a besoin d’être écouté », soutient Lukas Dubus, téléphone dans une main et stylo dans l’autre.

Au fil des échanges, le garçon de 23 ans a vite mesuré que cette expérience pouvait lui apporter « bien plus qu’une simple ligne sur son CV ». « Lors de mon premier appel, j’avais une petite appréhension, mais la plupart des gens au bout du fil sont d’une gentillesse incroyable. Les personnes que j’accompagne ont des parcours passionnants et de belles histoires à raconter. Même si je suis là avant tout pour les aider, c’est très enrichissant pour moi de les écouter », admet le jeune bénévole, illustrateur de métier.

« Il y a des profils et des caractères extrêmement variés. Certains sont très bavards et peuvent parler sans problème pendant vingt minutes, d’autres sont un peu plus réservés. Dans ces cas-là, c’est à nous de faire la discussion, ce qui me va très bien : c’est un véritable plaisir de faire de nouvelles rencontres ».