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Rugby – Pro D2 : "Nous avons été des agneaux !"… Jacques Delmas s’avoue très déçu de ses joueurs après la grosse défaite du RC Narbonnais contre Oyonnax

Comme à Béziers (défaite 34-24) il y a deux semaines, le manager narbonnais Jacques Delmas n’a pas caché son énorme frustration après la défaite contre Oyonnax (14-57).

Après une lourde défaite comme ça, comment analyser ce match ?

On est tombé sur bien meilleur que nous. Mais le rugby, c’est une chose. Le caractère, ç’en est une autre. Nous sommes une équipe sans caractère, on l’a vu ce soir. Après, on doit jouer au rugby : on ne joue pas. On manque tous les plaquages de la terre. Il n’y a aucune révolte ! Après, je ne vais pas revenir, de nouveau, sur l’homme qui nous a sifflé tous les trucs. Je n’ai plus envie d’en parler, c’est fini.

On vous sent très agacé…

Quand tu prends 50 points, tu n’as qu’une chose à faire : c’est la fermer. Voilà. Mais, malgré tout, ça boue, ça boue… On a ce qu’on mérite. Aujourd’hui, on ne mérite rien. Avec notre entame de match, je me dis : mais qu’est-ce qu’on vient faire ? Tu as envie de régaler les gens en tribunes, tu ne le fais pas. Tu peux perdre. Mais en ayant un minimum de comportement. Là, tu attends la 30e minute où tu joues, tu joues, tu emballes et tu reviens à 10 points. Puis tu recraques en seconde période, tu te fais beaucoup pénaliser… Mais quand tu en prends 50 points, qu’est-ce que tu veux dire ? Tu dois assumer et tu ne peux pas te planquer derrière ça, ce serait malhonnête.

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En voulez-vous à vos joueurs ?

Oui, j’en veux un petit peu à ce groupe qui ne réagit pas. Ça me gêne de voir un groupe qui ne réagit pas, qui n’a pas respecté le plan de jeu. L’état d’esprit et le caractère, ça ne s’achète pas… Là, je n’ai rien à me mettre sous la dent. On a une saison qui va être difficile, on a un bloc qui est terrible, on le sait. On pouvait l’aborder sous différentes formes. Là, on sait déjà qu’on ne pourra pas faire pire… Maintenant, on va aller à Colomiers, puis recevoir Brive. C’est un chemin de pénitence. Il va falloir évacuer cette défaite et se remettre le moral au beau fixe. Nous ne sommes pas morts ce soir. Mais il va falloir avoir un peu plus de fierté qu’aujourd’hui. Nous avons été des agneaux !

Ressortir d’un match en se disant qu’on n’a pas existé, qu’on n’est pas invité et qu’on n’a rien à foutre là…

Vous n’avez que très peu tenu le ballon, ça vous coûte cher, à chaque fois…

Chaque fois qu’on a pu conserver le momentum, on les a mis en difficulté. En revanche, quand on est allé sur les extrémités, ils nous ont rushé et on a été mis en difficulté. Tu te rends compte que tu as un manque de puissance. Mais, à partir de là, il faut trouver des solutions. Et il y en avait…

Avant la rencontre, vous aviez pourtant dit que c’était la meilleure semaine d’entraînement de la saison. Comment expliquer, donc, cette déroute ?

On a fait une très bonne préparation, oui. Et il n’y avait qu’une chose à faire : le transfert. On ne l’a pas fait, parce qu’on n’a pas mis les ingrédients, parce qu’on a peut-être fait un complexe devant cette équipe. Quand tu ne te donnes pas les moyens et que tu regardes jouer l’adversaire, tu subis en permanence. Donc, à partir de là, tu ne te donnes pas le droit d’exister. C’est ce qui est dommage.

Comment essayer de trouver du positif ?

On va analyser et essayer de trouver du positif là-dedans… À chaque match suffit sa peine. On va faire une équipe compétitive pour Colomiers, et puis on verra bien. On ne fera pas pire, de toute façon. Mais il faudra qu’on retrouve cette envie. Parce que ressortir d’un match en se disant qu’on n’a pas existé, qu’on n’est pas invité et qu’on n’a rien à foutre là…