taraskuzio.com

Rugby. Florian Grill, président de la FFR : « C’est tolérance zéro »

Pour la Fédération française de rugby (FFR) et ce jusqu’à son plus haut gradé, ce sujet est une priorité. « C’est un réel danger », assure Florian Grill. « Ce sujet est actuellement sur le feu, il faut vraiment le dégonfler. Le rugby n’est pas hermétique aux maux de la société et comme elle est ultra-violente, on est confronté à des comportements qui peuvent l’être. »

Avec l’ancien troisième ligne, Sylvain Deroeux, secrétaire général de la FFR, il a édité un plan anti-violence. « On a pas mal augmenté le nombre d’arbitres (passant de 2900 à 3200). Tous sont équipés d’une petite application qui s’appelle Perf’Arbitres. On fait 40 000 rencontres seniors par an. On leur demande d’évaluer ce qui se passe sur le rectangle vert, mais on leur demande aussi d’évaluer le comportement des deux bancs de touche et celui de la tribune. C’est juste dire, c’est très bien, c’est moyen ou ce n’est pas bien. 96 % des rencontres, c’est très bien, 2 % c’est moyen, et donc 2 %, ce n’est pas bien. Cela représente 800 rencontres », martèle-t-il.

« Ce sont en plus souvent celles qui font le buzz sur les réseaux sociaux. Ça peut donner une impression que cela augmente. Cette mesure-là est un outil, un levier très fort de notre stratégie d’apaisement. On a créé des indicateurs rationnels qui nous permettent de savoir où ça ne va pas parce que 2 %, c’est trop. On a très vite une base de données dans laquelle on repère les clubs qui dérapent. »

Il déclare alors faire le nécessaire  : « On envoie des représentants fédéraux plus capés, on fait des signalements et éventuellement des signalements de police. On demande des interventions, on convoque via les ligues régionales les présidents de clubs. On leur réexplique l’enjeu du rugby. »

« Une forme d’exemplarité »

L’aspect éducatif étant mêlé à cet aspect répressif. « Si on perd l’éducation, on perd tout. Notre enjeu n°1 est que le rugby puisse revêtir une forme d’exemplarité. On n’est pas des bisounours mais ces problèmes, le rugby a une capacité à lutter contre ça. » Grill assure : « Je peux garantir qu’il y a des clubs qui ont encore aujourd’hui une mauvaise réputation, mais qui ont fait des efforts énormes. »

Il conclut : « Les présidents sont demandeurs parce que parfois, ils sont débordés par un public qui se comporte mal. Et donc, l’intervention de la police peut aider un président de club à remettre les pendules à l’heure. Pour moi en tous les cas, c’est tolérance zéro. »