Rugby amateur (Fédérale 3) : "Le cœur reste à Tarbes", malgré la relégation, supporters et bénévoles ont resserré les rangs pour continuer à soutenir le Stado
l'essentiel Malgré la descente en Fédérale 3, le Stado TPR de Tarbes a rassemblé pour son premier match à domicile. Beaucoup, du côté des supporters comme Robert, 86 ans, et des bénévoles, sont restés fidèles, motivés par l'attachement au club et l'espoir d'une remontée.
Avec un dépôt de bilan et un (re)départ en Fédérale 3, on aurait pu s’attendre, en plus d’une fuite des joueurs, à celle des supporters. Mais avec près de 500 cartes d'abonnés vendues contre 180 en Nationale, les amoureux du Stado TPR étaient nombreux, samedi soir, dans la tribune de Maurice-Trélut. Même si elle paraissait cependant plus grande qu'à l'accoutumée, comme un costume taillé trop grand pour le rendez-vous dominical du 7e échelon tricolore, ils étaient un bon millier à s'être donné rendez-vous pour cette renaissance.
Les Tarbais ont répondu présent pour le coup d'envoi du Stado en Fédérale 3.
Bastien Arberet
Des supporters qui ne "lâchent rien"
Des aficionados comme Robert que l'on prend toujours plaisir à saluer depuis... des lustres. Toujours à la même place, l'Aureilhanais de 86 ans est resté fidèle à un Stado qu'il a connu enfant à Jules-Soulé : "C'est important d'être présent car la fibre et les couleurs rouges et blanches, on n’est pas prêt d'oublier ça. Même si le club n’est plus au plus haut niveau, c’est quand même le Stado et on espère toujours qu’il pourra revenir de là où il est parti. Là, c’est autre chose, c’est moins excitant, mais on reste fidèles, on ne lâche rien."
S'il reconnaît "avoir la boule au ventre" d'attendre son premier coup d'envoi en Fédérale 3, le supporter ne se dit pas insensible à la découverte : "Oui, ça sera forcément différent. Les règles changent, fini de plaquer au-dessus de la ceinture, du coup il y aura beaucoup plus d’ouvertures, plus de passes, c’est du jeu rapide. Pour nous, c’est autre chose, c’est pas pareil qu’avant. Le vrai bonheur, ce serait de voir l’équipe remonter en Nationale".
À côté de lui, toujours, Jean-Pierre est également resté fidèle. Depuis de nombreuses années, il prend sa carte au Stado et n'hésite pas à faire l'aller-retour les soirs de match depuis Toulouse où il réside : "J’ai repris ma carte d’abonné. C’est moins cher qu’avant, et il y a eu plus d’abonnés que ces dernières années ! C’est pas rien, ça montre l’attachement des gens au club de Tarbes. L’ambiance change, mais le cœur reste là".
Du côté des bénévoles, l'heure était également à la mobilisation pour aider "leur" club. Sur le terrain à s'activer dès le match des Espoirs, Philippe reprend plaisir : "Ah oui, parce que nous, en fin de compte, on ne regarde pas le niveau de l'équipe. Nous, on regarde l'équipe, c'est-à-dire le club. Donc, en fin de compte, on est même plus de bénévoles presque qu'en Nationale".
"La descente a même resserré l’équipe de bénévoles"
Pour ces derniers, le changement de niveau s'accompagne également d'une découverte de la multitude de tâches qui incombent aux amateurs : "Plus on descend, plus on en demande aux bénévoles. On doit gérer plus de choses qu’avant et contrairement à ce qu'on imagine c’est moins facile. Avant, en national, chacun son poste, certains tenus par des professionnels — sécurité, pompiers, toutes ces fonctions. Aujourd’hui, c’est nous qui devons tout faire. Avant, on était vingt pour la sécurité, maintenant une dizaine tout au plus. Ce n’est plus la même organisation", explique Philippe.
De fait, quelques-uns ont perdu leurs repères comme les deux Patrick qui ont délaissé la buvette pour occuper un poste stratégique, au contrôle des billets et des cartes à l'entrée du stade : "Il manquerait quelques bénévoles. Au moins sur ce premier match où on reçoit à Trélut car on est aux entrées mais notre buvette est fermée. Mais nous, on était partis pour rester. En plus, quand on a eu les noms des trois présidents qui sont arrivés, qu'on connaît, on s'est dit que l'on allait essayer d'aider."
C'est donc avec les manches retroussées que Jean-Pierre et consorts s'activent, certains d'appartenir à une vraie équipe : "On reste, parce qu’on est une vraie bande de copains, et le club, c’est une famille. La descente a même resserré l’équipe de bénévoles. Ça a été dur, mais cet été on s’est tous retrouvés pour tout remettre en place. On a donné énormément de temps, ça soude. Les gens qui restent, c’est uniquement pour le club. Ceux qui étaient là juste pour la gloire de la montée sont partis, ceux qui restent veulent vraiment aider. Maintenant, les gens viennent par engagement sincère pour le club. Vraiment, il y a une différence", conclut Philippe.
Et la sincérité de tout un club s'est exprimée par une minute d'applaudissements pour rendre hommage à l'une des leurs, Chantale, trop tôt disparue et qui aurait apprécié ce nouveau coup d'envoi de la saison. Même en Fédérale 3.